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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

 

Contrepèterie mieux adaptée aux frimas financiers actuels que la belge «Il fait beau et chaud» pour introduire un billet de pure politique fiction, une interview présidentielle, entendu que toute ressemblance avec des personnages ayant existé un jour, y compris dans l'Antiquité, serait naïve coïncidence.

 

- Monsieur le président, la Société générale a révélé, jeudi 24 janvier, avoir été victime d'une fraude de 4,9 milliards d'euros au sein de son activité de courtage.


- Oui. Et je vais vous dire, Mââme Chameau, je m'en félicite.

 

- Ah bon, votre seigneurie ?


- Oui, parce qu'en France, on anticipe, on sort nos saucissons avec six mois d'avance sur les Américains. On a raison avant les autres. C'est mon plan. C'est ce que j'avais prédit et c'est ce qui arrive. Qu'est-ce qui vous choque là dedans, Mââme Chameau ?


- C'est stratosphérique, Monsieur le président. Mais une grande banque comme la Société générale... Plus de 120 000 employés à travers le monde. Comment un simple trader opérant dans une obscure sous-division aurait-il pu, seul, étouffer 5 milliards ? Selon le communiqué officiel (bizarrement disparu du site internet de la Société générale au bout de quelques heures), il aurait profité de « sa connaissance approfondie des procédures de contrôle » pour « dissimuler ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives ». C'est étrange, non ?


- Alors là, Mââme Chameau, sauf le respect que je vous dois, je ne vous suis pas. Regardez, moi par exemple, avec mon « montage élaboré » de promesses fictives combien croyez-vous que je vais coûter à la France ? Mais ça, comme pour le reste, il y a de fortes chances que vous ne l'appreniez que quand ce sera fait, après coup (si j'ose dire).

 

- Ah, c'est si vrai, Monsieur le président. Vous avez vu ? Le PDG Daniel Bouton a proposé de démissionner et cela lui a immédiatement été refusé par le conseil d'administration. On ne virera finalement que le trader fou et les 4 ou 5 personnes « responsables de sa supervision ».

 

- C'est normal, un mec qui s'appelle Bouton, on ne peut tout de même pas lui reprocher d'avoir des trous, dans la caisse ou ailleurs. Et son directeur général Philippe Citerne, c'est comme le mien, faudra qu'il cuve encore un moment l'envie de lui souffler la place.

Tenez, un exemple au hasard : Moi. Je vais aussi en virer deux ou trois qui commencent à me laminer la supervision que j'ai de ma personne dans les sondages, le Guaino, l'Albanel, la Boutin. Ceux-là, je vais les renvoyer presto à leurs clystères au motif d'accélération de phase 2 de mon plan que j'ai dit pour la France. Mais je vais garder les autres... mon grand vizir en tête.

Ce n'est pas que l'envie me manque de l'éjecter en plein vol, Iznogoud, mais si je le virais maintenant, il serait capable de revenir pour me piquer la place en 2012 avec Bertrand en Premier ministre. Alors, je vais le garder au chaud, à portée de Matignon. Je trouverai bien une grosse peau de realpolitik à lui glisser sous le tapis volant d'ici 2012.


- Ah quel stratège ! Ca c'est Maginot sur toute la ligne, Monsieur le président. Toutefois, c'est une somme importante. Quand on sait que l'impact de la cataclysmique crise des subprimes sur la Société générale culmine à peine à un modeste 2 milliards d'euros, le trader fou peut se vanter d'avoir battu un record.


- Pas de souci, Mââme Chameau, la situation est sous contrôle. Les milliards, vous savez, ça va, ça vient. C'est pas farouche. Un obscur trader joue avec 50 milliards pendant plus d'un an, à peine le PIB du Sénégal, à l'insu des 250 polytechniciens censés le surveiller. Il en perd 5... Pas de quoi fouetter un chat. D'autant plus qu'on est même pas sûrs que ça ne soit pas une plus vaste magouille qu'on lui mette sur le dos pour masquer une stratégique couillonnade de la Société Générale...
Regardez, pour parler d'un sujet que j'aime bien : Moi... Tous ces contrats que j'avais annoncés et qui sont partis en poivre. Quenouilles !
Si je devais faire un vélib à chaque escampette... une mozzarella ou un fromage à chaque fois que je voyais 5 malheureux milliards me filer sous le nez... Je ne vais tout de même pas transformer l'Elysée en crèmerie, Mââme Chameau. Les Français me le reprocheraient. Ils ne m'ont pas élu pour cela. Déjà que ma Carla vient de m'en piquer une bonne aile pour monter son studio d'enregistrement.

 

- Ah mon pauvre président, vous auriez dû épouser Maïté, elle n'aurait touché qu'aux cuisines. Mais tout de même, c'est plus fort que les subprimes.


- Vous êtes cruelle, Mââme Chameau. Les subprimes... les subprimes... vous êtes marrants vous autres les journalistes. Vous n'avez plus que ce mot à la bouche. Mais ça fait longtemps que j'en abuse, surtout du subprime time chez mes amis de l'audiovisuel. Et je ne m'en porte pas si mal. Non ?

 

- Comme un charme, votre auguste. Et pour la Société générale, c'est vraiment clos ?

- Ben oui, Mââme Chameau, c'est pas si grave. La Fed américaine baisse ses taux directeurs d'un quart de point... Carla ! Ma calculette s'il te plaît. On passe 7 milliards d'euros en dépréciation d'actifs, pouf pouf... On fait une petite augmentation de capital pour renforcer les fonds propres, 5,5 minuscules milliards... à peine l'entretien de trois ou quatre taupes modèles comme ma Carla-c'est-du-sérieux sur vingt ans, production du prochain album, bague de mariage et pension alimentaire inclus. Une vétille ! 7 milliards à injecter, quatre ans en belotes et pastis aux guichets de la Générale, une journée pour me réélire...


- Ah monsieur le président, décidément, vous êtes le mécano de la Générale. Mais la confiance des actionnaires ?


- Pas de soucis, Mââme Chameau, Riton (Guaino) m'écrit deux ou trois psaumes avec plein de phrases dedans, bourrées de mots que j'aime bien dire même si je les comprends pas toujours, des trucs comme « Moralisation des pratiques financières », « Foi » ou « Dieu »...
On va les rédempter dans leur jus les actionnaires... stopper net leurs petits cyclones de panique et la confiance reviendra, comme avant. En toutes circonstances, nous restons civilisés dans nos bottes... en ligne avec ma politique, celle que je fais parce que j'ai dit que je la ferai et son contraire.


- Mais tout de même, le titre Société générale a déjà perdu 20 % de sa valeur depuis le début de l'année et 40 % sur les six derniers mois. Et si le client de la banque renâclait, cet infâme moustique gavé du sang bleu des fonds de pension ? S'il venait à s'inquiéter... déjà qu'il est haché menu dans le krach. Pire, s'il venait à paniquer pour ses fifrelins... à darder ses rentes Pinay... ses emprunts russes... à geindre pour ses Bouygues... ses Bolloré... ses Lagardère... ses patrimoines... à brailler pour ses Davôsses... ses diââmes... ses carats... Pfuiit ! Je l'entends d'ici l'odieux crapaud... pleurer ses lessives... sa fraîche... son pouvoir d'achat... sa croassance... son Dur !

 

- Ah, mais c'est quand même extraordinaire, Mââme Chameau... On me reproche de rassurer les Français, mais, je vous le demande Mââme Chameau, qu'est-ce que vous diriez si j'avouais que c'était la pire bonne catastrophe, absolue débâcle de mouise de toute l'histoire de la finance internationale. Apocalypses et corridas ! Déroute plus sérieuse que Nick Leeson et ses pauvres 1,3 milliard qui avaient coulé la Barings en 1995.

Quand je pense que j'ai avoué pas plus tard que cette semaine que nos banques étaient des « modèles de prudence ». Et que l'autre nouille d'Attali vient de me recommander d'accorder plus de libertés aux marchés financiers dans son rapport à deux balles.

Et vous voudriez que je dévoile toute la vérité... qu'on court tous aux affreux précipices financiers... aux craques... à la paille... droit dans la meule... Cent foins ! Ecartelés, tirés à quatre chevaux et mille épingles... raides au gibet...
Un peu plus tôt, un peu plus tard, ça change rien... On résonne plus que par les talbins... Bling Bling... depuis trop longtemps. La dette de la France, c'est 1 200 milliards d'euros... Quels grelots ravissants vous avez là, Mââme Chameau, du goût sûr, à bon port, super éminent... La dette des États-Unis, hors banques, c'est 39 000 milliards de dollars... 230 % du produit national américain... Bling Bling... Mirez ma Patek... Le capitalisme est foutu... Patrick Artus le dit. Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, l'hurle.

 

Croyez-moi, il n'y a plus rien à faire pour sauver les meubles... la bourse... l'inflation... les retraites... le soldat croissance. Je ne donne pas dix ans avant que les dinosaures repaissent à Bercy.
Le Français moyen ? Il aura beau se ruer bolide aux comités de défense... débouler guépard aux Opus dei... foncer aux scientologies... galoper à la SPA... toquer aux loges... crier aux bulles... aux buffles... sangloter aux complots financiers... implorer Kadhafi... Jeanne d'Arc et saint François... déterrer Pinay... Soubirou... se ruer à Lourdes... aux résurrections du Christ... Il est cuit ! Archi-cuit ! Derby couru.
Retraité, chômeur, « working poor » (une invention que j'ai empruntée à un pote socialiste : les calamiteux avec un boulot qui suffit pour les faire sortir des statistiques du chômage, mais pas du seuil de pauvreté. Sacré Tony !) Vieux... jeunes... Tous égaux pétochards... carbonisés 14 ! Tant foireux que responsables. Ah qu'on ne m'en parle plus de ces Smergols. A moi, le saigneur des agneaux. Ça me gâche mon précieux.
Mais si je disais ça, je vous le demande, on aurait l'air malin, nous, les Français, hein, Mââme Chameau ? Alors croyez-moi, ça va fort brillamment.


- Oh oui, Monsieur le président. Comme c'est exact. Et puis, tant qu'il nous reste des hommes de vertige comme vous... des dirigeants de bonnes pratiques... promoteurs de Grenelles académiques... barils de vraie humilité... puits de vertus birmanes et de médicale franchise. Tant qu'il nous reste un peu d'agricole et lyonnais crédits... Tant qu'on a la CNIL... la copie privée... le rapport Attali... les tests Hortefeux... le mini-traité... les pastilles vertes, internet, les quotas sur le merlan et les départements, on est sauvés. Alléluia ! Je cours m'humecter les muqueuses en régie... à force de lécher, je sèche !

 
Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Pour dire du mal ou du bien - Voir les 1 commentaires - Partager    

En politique comme en médecine, une bonne communication est souvent plus utile qu’un savoir approfondi. C’est si vrai que dans la clinique ordinaire du bon Dr Nicolas, si on ne dispose d’aucun traitement efficace des agoniques, comprenez le pouvoir d’achat ou, plus inquiétant, les valeurs républicaines, on saurait presque faire passer leur inéluctable trépas pour une forme de délivrance et, finalement, pour un bienfait.
 

Le pouvoir d’achat

 

Par les temps qui courent, à défaut d’idées concrètes pour améliorer l’ordinaire du Français de base, on assiste à une pluie pas banale de fines élucubrations, excogitées au fil d’une procession ininterrompue de dispendieuses commissions et de somptuaires grenelles. En passant, combien ça coûte tout ce cirque ?

 

Les prix du pétrole grèvent les revenus des pêcheurs ? Am stram gram ! Une taxe sur le poisson. On veut généreusement redistribuer 800 millions d’euros de recettes publicitaires aux « amis élyséens » de l’audiovisuel privé ? Pic et pic et colegram ! Une taxe sur le matériel high-tech (à califourchon sur la redevance pour copie privée et l’écocontribution) afin de compenser la perte financière subie par la télévision publique. On doit financer la restauration du patrimoine français ? Bourre et bourre et ratatam ! Une taxe sur les nuits d’hôtels.
Errances et redevances, en matière d’imposition la créativité française ne connaît plus de bornes... Sur un air de « Bercy, taxes and tunes » on ajoute chaque jour aux plus de 200 impôts déjà existants... Tout finit à la toile fiscale... C’est de l’imposition arachnéenne, kafkaïenne... stalactite. Français, du haut de cette pyramide fiscale, neuf mois de présidence Sarkozy vous délestent. Pic dam ! À quand le retour de la taille et de la gabelle ? Et pourquoi pas une taxe sur le remariage ?

 

Certes, qu’il relève de l’imprévoyance la plus crasse, de l’irrationalité vibrionnante ou de la prodigalité ciblée au profit des « amis élyséens », on peut trouver à la fois pathétique et grotesque cet entêtement métronomique du gouvernement à enfiler les taxes et, au passage, le contribuable, à la manière dont son infatué président enfile les perles et débine la France aux yeux de la surface habitée du globe.

Mais il faut bien se faire une raison : en matière de politique économique Little Miss Sunshine est doté d’idées aussi plates que ces écrans plasma qu’il veut absolument taxer. Aussi faut-il nous résigner, passés les premiers mois d’anxiété hallucinatoire pour les rares connaisseurs du bonhomme et de déception légitime pour la profane majorité des autres, à contempler notre « président du pouvoir d’achat » agiter frénétiquement la bannière chimérique du « Travailler plus pour gagner plus », pendant que les patrons, pour cause de croissance envasée, rechignent à lâcher les heures supplémentaires (moins d’un salarié sur dix profitent des nouvelles mesures) et que gouvernement et opposition, aussi creux d’idées que soumis, s’alignent impeccablement, le petit doigt sur la couture fiscale, derrière la schtroumpfienne et lumineuse devise « A chaque jour suffit sa taxe ».

 

Les valeurs républicaines

 

Mais il y a bien plus grave. Comme ces appels, en ritournelle, à vouloir distinguer les individus selon leur origine nationale, ethnique ou religieuse (ce qui sous-entend de les catégoriser au préalable). C’est absolument contraire aux valeurs fondamentales d’égalité et de laïcité sur lesquelles repose notre constitution, dont l’article 1er précise « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Et pourtant, c’est bien ce qui survient actuellement. Deux exemples à l’appui.

 

Primo, sous couvert d’un impérieux et nébuleux prétendu « besoin de modernisation », notre président a récemment confié la tâche de modifier le préambule de la Constitution à une commission, présidée par Simone Veil, afin qu’il soit « complété pour garantir l’égalité de l’homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possible de véritables politiques d’intégration, pour répondre au défi de la bioéthique ».
Qu’on me pardonne de passer derrière l’écran de fumée de la bioéthique, force est de constater qu’une telle modification rendrait constitutionnelle la politique de « discrimination positive  » et, par conséquent, la promotion du communautarisme, notamment religieux, autant de vilaines entorses à la laïcité devenues si chères à notre prodigieux dompteur de civilisations et aux autres plumes de sa ménagerie.

 

Secundo, cette semaine M. Hortefeux, notre chef de patrouille et grand co-voitureur aux frontières devant l’éternel, vient d’annoncer son intention, avec l’autorisation du chef de l’Etat, de « constituer un groupe de travail, une commission sur le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d’immigration. Cette commission aura à réfléchir sur deux sujets : premièrement sur les quotas pour une immigration réussie et deuxièmement sur la simplification des juridictions ».
Réguler l’immigration en fonction de critères professionnels et de nationalité venant d’être jugé contraire au principe d’égalité qui fonde notre constitution, seule une telle révision pourrait rendre absolument constitutionnelle et présentable cette « politique des quotas », si chère à notre agité spirille national.
Ainsi, les quotas si décriés pour la gestion de la ressource halieutique conviendraient-ils beaucoup mieux à celle, plus mathématique, de la ressource... humaine. Probablement un mauvais remake de l’histoire de la sardine qui a bloqué la frontière marseillaise.

 

Pour être sérieux 5 minutes, on peut s’insurger contre la dérive actuelle, consistant, dès qu’une mesure est jugée inconstitutionnelle ou risque de l’être, à créer une commission, une brochette d’experts, puis à les faire plancher sur une révision de la constitution. Peut-on seulement contester un tel tripatouillage ? Sur le fond, y a-t-il des limites aux révisions de notre constitution ? Et sur la forme, comment doit-on y procéder ?

 

Sur le premier point, la question des limites, le dernier alinéa de l’article 89 précise simplement que « la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision ». Ouf ! Si l’obligation de respecter la « forme républicaine » signifie l’interdiction faite à Nicolas Sarkozy de rétablir la monarchie, l’empire ou toute autre turlupinerie à tendance maniaco-despotico-tyrannique, nous voilà partiellement rassurés... En revanche, si on entend par cette expression l’obligation de respecter les valeurs et principes essentiels qui fondent la « forme républicaine », notamment la laïcité et l’égalité, on peut contester le droit que s’arroge l’actuel président de changer de texte constitutionnel comme de Rolex ou d’épouse légitime.

 

Du point de vue de la forme, on pourrait également contester aux textes remaniés leur valeur de norme fondamentale, de « loi au-dessus des lois ». En effet, les commissions mitonnées par le facétieux Nicolas ne voient pas leurs membres désignés au suffrage universel, contrairement aux assemblées élues dites « assemblées constituantes », chargées d’écrire les constitutions.
On gagnerait évidemment à soumettre ces projets à l’approbation du peuple, par voie de référendum. Mais de cela, Nicolas Sarkozy n’en a cure. Il n’en veut absolument pas. Certes, le président de la République a le choix entre la ratification par référendum ou la ratification par le congrès (le congrès est la réunion, dans une même salle, au château de Versailles, des députés et des sénateurs qui doivent voter le projet à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés pour qu’il soit ratifié).

 

Naguère, le général de Gaulle préférait passer par la voie référendaire (en 1962 d’abord, puis sans succès en 1969, ce qui provoqua son départ). Nicolas Sarkozy, lui, privilégie le congrès, carpettes et castagnettes, cette ombre hallucinée d’un paysage politique qu’il a pris grand soin de décimer, dans un premier temps par anéantissement impeccable de toute forme crédible d’opposition, médiatique ou politique, interne à l’UMP ou externe, puis par dépeçage de membres à vif et crémation méthodique des restes sur le bûcher de la « politique d’ouverture ».

 

C’est ainsi que la ratification du mini-Traité européen a été approuvée par l'assemblée et sera entérinée par le congrès, à Versailles. En toute quiétude ! C’est également ainsi qu’on mettra en œuvre une politique d’immigration et de promotion du communautarisme que probablement (mais le saura-t-on jamais en l’absence de consultation ?) une grande majorité de Français désapprouvent.

 

Est-il dangereux ce Tartarin qui s’arroge le droit de décider ce qui est bon pour la France au motif avoué que les Français seraient trop couillons pour saisir d’eux-mêmes leur propre intérêt. Et bientôt ce sera au tour des Européens... C’est qu’il est énormément vorace, Lucifer ! À croire que régner sur 64 millions de Français ait éveillé chez lui des vocations sataniques... Des appétits gargantuesques... Comme des envies de bûchers néroniens !

 

Il va jusqu’à miser ouvertement et sans vergogne sur la future présidence française de l’Union européenne pour réaliser ses marottes... Les plus grands abracadabrantesques délires, tel son fumigène projet d’Union méditerranéenne dont personne ne veut. Ou bien les mini-poussées éruptives de pustules électoralistes récemment illustrées par cette promesse de remise en cause aussi subite qu’unilatérale d’une politique de quotas de pêche votée et approuvée, pas plus tard que le mois dernier, par les 27 pays de l’Union, France incluse. À l’approche des élections, l’engagement présidentiel en campagne, ce n’est plus de la politique Docteur, c’est une cystite !
Heureusement que les autres ne vont pas se laisser faire. Oh que cela nous promet de rudes et folâtres joutes salivaires... Du grand guignol à la grosse commission... D’une main, on supprime les quotas sur la merluche et, de l’autre, on en crée sur l’Africain. Dans les deux sens, ça nous rend plus libres d’aller à la pêche. Ça c’est prestidigitateur... J’en frémis. « Levez-vous vite, orages désirés, qui devez emporter Nicolas dans les espaces d’une autre vie !  ».

 

Mais plus sérieusement Docteur, sommes-nous aujourd’hui en présence de signes patents d’une petite et sale dérive autocratique du régime ? On peut se poser la question. À trop souvent changer notre constitution, va-t-on finir, sans nous en apercevoir, par changer de constitution ? Et quand la dérision, les sarcasmes, les velléités d’anathème et la colère seront épuisés, que nous restera-t-il pour nous faire entendre de l’histrion politique qui nous gouverne si mal ? L’insurrection citoyenne ? Exit Edgar Morin et bienvenue Bakounine ? Une déroute aux municipales ? Prions pour qu’il y assiste en Xerxès à son Salamine... Les guerres médiques et la galère bien bloquée dans le détroit !

 

En attendant, comme le dit la chanson, « Il est libre Nicolas » et, paraît-il, à l’instar de Max, « Y en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler »... au-dessus d’un nid de 64 millions d’absolus et très effarés cocus.

Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Pour dire du mal ou du bien - Voir les 0 commentaires - Partager    

Hortefeux soigne ses notes et ses quotas d'expulsés. Personne n'est épargné. A ce rythme, il va décrocher les félicitations.

 

Publié dans : Moi ça me fait rire - Pour dire du mal ou du bien - Voir les 1 commentaires - Partager    

Sarkozy est en passe de disputer au coq Français le triste privilège d’être le seul animal qui réussisse à chanter les deux pieds dans le Guaino. Truffer son homélie de « politique de civilisation » et autres « partage des valeurs de tolérance », en Arabie Saoudite... C’est un bien féroce assaut salivaire… De l’énormément joufflu ! Aurait-on récemment légalisé l’absinthe au royaume wahhabite ? Déménagé les bureaux de l’Elysée dans la grotte de Lourdes ? Relancé les Croisades ? Morceaux choisis de notre zélateur national…

 

« Dieu qui n’asservit pas l’homme, mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes ». Quelle rhétorique implacable ! Et quelle subtile complexité rythmique ! Visiblement, Guaino a lâché Edgar Morin pour sainte Thérèse d’Avila. Il va finir par puiser directement aux sources de la chrétienté, aux évangiles.

Quant à notre président... Est-ce depuis qu’il a été fait « chanoine de la basilique de Saint-Jean-de-Latrine » par Benoît XVI ? Ou bien depuis son mariage avec Carla Bruni ? Il développe ces derniers temps un penchant immodéré pour la position du missionnaire. Vous me direz : ça nous change un peu de celle, infiniment plus âpre et embarrassante, de la brouette libyenne.

Devant le conseil consultatif (Majlis ach-Choura), la très démocratique assemblée saoudienne (dont les 150 membres sont exclusivement désignés par leur souverain), le chanoine Sarkozy a sermonné que « les grandes religions divines se rassemblent autour d’un certain nombre de principes communs et partagent les grandes valeurs de tolérance ». Et sur cette base, il a appelé à « fonder la politique de civilisation dont le monde, aujourd’hui, a tant besoin ». Saperlotte ! L’Arabie saoudite pays de la tolérance ? Un Etat totalitaire, adepte de la charia la plus stricte et la plus rétrograde, creuset de l’islamisme le plus dur, le plus radical, et accessoirement... du terrorisme. Pas étonnant que les princes saoudiens, parfaitement conscients, eux, de la condition de leur pays, aient eu l’impression qu’on se moquait d’eux. Ils ont été pris au dépourvu, ils n’avaient pas prévu de plan anti-fada lors de la visite de la délégation française...

Forcément, question oseille et contrats, c’est plutôt Tintin au pays de l’or noir. L’affaire du siècle a viré à l’aigre. Tout au plus s’est-elle transformée en une simple étude du marché potentiel. Proposition d’accord de coopération à deux riyals dans le nucléaire civil ? Le roi Abdallah, jovial taquin, a poliment rembarré notre VRP national. Contraste pittoresque, le lendemain de la visite du président français, une autre grenouille de bénitier, G. W. Bush se fait conspuer par toute la presse saoudienne en dégoisant, notamment, sur l’Iran et... signe pour 20 milliards de contrats d’armements.
Qu’à cela ne tienne... On étourdit le Français moyen à coups de milliards potentiels, on le débine en vertiges économiques, on le perd en infinies scrutations de mirages... Et pendant qu’on l’extasie ainsi de promesses de mille copieux coïts financiers aux quatre points cardinaux... Le déficit du commerce extérieur français bat un record historique et le montant des exportations est à l’étiage. Cherchez l’erreur !

« C’est peut-être dans le religieux que ce qu’il y a d’universel dans les civilisations est le plus fort ». Quelle saillie lumineuse ! À côté le phare de la Vierge passe pour luciole ! Franchement, ce n’était pas en balançant de telles fèves qu’on pouvait s’imaginer gratter une part de la galette du roi Abdallah. Quand je pense qu’on devait leur fourguer notre fameux réacteur EPR (Eau, Pastis, Ricard), le Mecque plus ultra de la technologie nationale...
De quoi faire turbiner mille usines de dessalement d’eau de mer et autant de fabriques de glaçons. De quoi les submerger de giga torrents de volumes de Ricard pendant des lustres. Ah quelle déconvenue... Quel coup de calife dans le contrat... Quelle douche... Quelle vrille !

Mais consolons-nous. Après l’épisode Disneyland, on barbote en plein océan mystique. On confine aux flagrants délires... Aux transes extatiques... Aux Béatitudes ! C’est ainsi... Autrefois, frappés d’aveuglement et de folie, nos âmes noires erraient dans les ténèbres de l’ignorance.
Réjouissons-nous, mes frères, car sur les traces de notre président prophète et de son immense mystagogue, nous marchons aujourd’hui, drapés dans la bure, sur le sentier lumineux de la vie et de la vérité. A quand le vœu de pauvreté (et de chasteté ?) pour tous les Français et l’augmentation du pouvoir de rachat de leurs âmes par la République, Nicolas ?

Pour conclure, Monsieur le président, permettez-moi, modestement, de postuler pour le poste de première plume de l’Elysée. L’actuelle s’emmêle trop furieusement les crayons ! Faut envisager un break, une douche, quelque chose de bien froid. Ça ne manque pourtant pas de remplaçants à cirer le banc et l’arrière-ban des nègres de la République. Tiens, les scénaristes font grève aux Etats-Unis... Proposez-leur Guaino ! Il est capable de placer son chef-d’œuvre, le « lourd manteau de cathédrales », dans Desperate Housewives. M’est avis qu’ils reprennent le boulot sous deux heures. Georges Dobeliou Bush en serait pénétré de gratitude !

Alors, si un doute, fût-il ténu ou brindille, venait à vous effleurer un jour sur l’éventualité que votre scribe attitré vous fasse, ne serait-ce que très modérément, passer pour une andouille, sauf votre respect, n’hésitez pas et faites appel à moi. Je m’y connais comme pas deux pour taquiner le fin symbole, fricoter le prodige hyperbolique. Comment que vous allez le regretter le Guaino....
Tiens, gratos ! Deux conseils en gage de bonne volonté. Primo, plutôt qu’au Vatican, Bigard, fallait l’emmener en Arabie saoudite. Imaginez ! « Bigard au royaume Ouhaha bite » : cela aurait tellement fait rire la monarchie... Pluie de milliards à la clé. Non ?
Secundo, vous craignez pour votre image ? Vos sondages se détériorent ? Pas de panique, à la presse pipole on leur sert (je parle codé pour qu’on soit que tous les deux à comprendre... Plus qui vous savez, évidemment) un petit couplet sur le secret de polichinelle... dans le tiroir (vous captez le concept ?). Plus personne ne parle du pouvoir d’achat pendant neuf mois. Minimum garanti !

Bignolles ! Quelle misère ! Fallait-il que la France soit bien guignarde pour que de telles virtuoses et transcendantales couillonnades surgissent un jour. Allez... Salamalecum Nicolas... N’oubliez pas ma candidature... Et francité missa est (1) !

(1) Ceux qui ne connaissent ni l’église ni le latin pourront traduire par « France, tu peux y aller, la messe est dite » ou moins caressant, mais plus Coluchien « Circulez y a rien à voir ».
 
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