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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

Tout est relatif dans la vie. Au XVIème siècle, le candidat aurait empoché les écus et Jean Pierre Foucault aurait été brûlé vif par l'inquisition (urbi et orbite). Certes, on aurait pu s'attendre à quelques progrès surtout dans un pays si féru de révolutions mais visiblement tous les couillons sont pas encore sur orbite...

 

 

De toute façon aujourd'hui, tout tourne autour du président. Tiens, 56/44 ça me rappelle comme un score d'élections. C'est gravite docteur ?

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Jean-Marie Cavada, condiment ordinaire de la politique, convient à toutes les soupes. Celui qui se décrit comme « un homme de centre gauche, un enfant du Delors des années Chaban et du Rocard période Matignon », a mitonné un temps dans la garbure béarnaise du MoDem avant d’accepter de pédaler, en tandem avec Christine Lagarde, dans le crémeux potage UMP du chef Sarkozy. Cordonbleu ! En voilà un de plus qui ne marche pas que dans l'Absolu. Je le verrais plutôt en Judas période fin de Christ. Pareille ratatouille, ça vaut minimum trois étoiles au guide Margoulin. Explications toquées et recette détaillée !
 

Jean-Marie Cavada, condiment ordinaire de la politique, convient à toutes les soupes. Celui qui se décrit comme « un homme de centre gauche, un enfant du Delors des années Chaban et du Rocard période Matignon », a mitonné un temps dans la garbure béarnaise du Modem avant d’accepter de pédaler, en tandem avec Christine Lagarde, dans le crémeux potage UMP du chef Sarkozy. Cordonbleu ! En voilà un de plus qui ne marche pas que dans l'Absolu. Je le verrais plutôt en Judas période fin de Christ. Pareille ratatouille, ça vaut minimum trois étoiles au guide Margoulin. Explications toquées et recette détaillée !

 

 

 

Nouveau venu en politique avec seulement 3 années de métier, Jean-Marie Cavada peut s’enorgueillir d’un parcours mené sur un train à faire passer le transsibérien, ses 9 500 kilomètres et ses 990 gares, pour un sous tortillard de banlieue Ouzbeke. Je ne puis résister à l’envie de citer quelques phénoménales, à défaut d’être prophétiques, déclarations qui ont émaillé le parcours étincelant de cet homme de 67 ans, passé à vitesse lumière des studios de Radio France aux portes du XIIème arrondissement de Paris avec l’avidité implacable d’une comète hâlée avalant d’un trait le gouffre sidéral qui sépare les plateaux de télévision de ceux de… fromages.

 

 

 

Souvenons nous de celui qui, appelé, le 24 mai 2007 au Zénith, à la tribune du mouvement démocrate par Marielle de Sarnez en ces termes « Il est un de ceux qui a le mieux analysé, le mieux compris ce qu'est la société française, il a été un grand journaliste et l'honneur de ce pays et du journalisme, je suis heureuse d'appeler Jean-Marie Cavada », avait répondu « Chers amis, voici venu pour nous et pour quelques années, le temps d'une implacable vigilance, mais d'une vigilance loyale à l'honneur et au bien de ce pays… ».

Je laisse ici le lien vers la vidéo du discours dans son intégralité, tant il est soyeux et pénétrant de consolation pour le militant Modem de base, de caresser, d’une défection l’autre, ces admirables concepts d’« honneur », de « bien de ce pays » et de « vigilance implacable ». Même si pour ma part, doté d’un coefficient intellectuel oscillant entre l’oursin et le télésiège, je dois confesser ne pas être sûr d’en saisir l’exacte portée universelle ou même, plus simplement, la réalité.

 

 

 

« Sarkozy lui a promis la Culture », avance-t-on au QG de Françoise de Panafieu 2008 qui s’y connaît en la matière si j’en juge par « l’abécédaire Delanoesque », aussi pitoyable que celui de Jean-François Kahn, qui tient lieu de colonne vertébrale à sa campagne… Promettre la Culture ? Damme, quelle perle ! A ce rythme on va vite être à sec de maroquins… Puis-je modestement suggérer à notre omni président de créer tout de go un ministère de la Lune doté d’un sous  secrétariat aux monts et merveilles qu’il pourrait faire miroiter à tous mercantis, maquignons, trafiquants et fricoteurs qui pullulent en son bon royaume de France… Un cabinet dont la porte serait largement ouverte pour que tous les filous puissent humer librement les subtiles effluves du pouvoir…

 

 

 

En octobre 2007, Jean-Marie Cavada, dans un entretien diffusé sur Canal+ n’excluait pas de rentrer au gouvernement mais affirmait qu’il était « plutôt pas » intéressé par une candidature aux municipales. Puis, selon son propre aveu, il a « beaucoup réfléchi avant de prendre sa décision en faveur de l'UMP ». Moi-même, j’ai cru un bref moment qu’il lui avait été difficile de choisir entre la voix de sa conscience et celle des électeurs du XIIème arrondissement de Paris. Après tout, il aurait pu être contrarié, peiné, rebuté à l’idée d’abandonner un compagnon de route, seul au volant de son tracteur, si loin des champs Elyséens. «  Se vendre ou ne pas se vendre », on imagine bien le monologue anxieux de cet Hamlet des temps modernes. De ce René attendant impatiemment les orages désirés qui devaient l’emporter dans les espaces d'une autre vie.

 

 

 

Oh rassurez vous, ce n’étaient pas les remords qui bourrelaient Jean-Marie ! Dans la suite de l’interview sur Canal+ il dit ne pas avoir « une idée très précise de ce qu'il faut faire dans tel ou tel arrondissement » et avoue « Je ne me sens pas réellement l'homme d'une situation municipale ». Ainsi, l’hésitation ne reflétait que l’appréhension, naturelle et légitime, d’un homme affublé d’une vision politique qui lui garantirait sans coup férir la troisième paire à l’œil chez Afflelou et la grand croix de commandeur de l’ordre des Frères Lissac… L’embarras du chômeur diabétique à qui on propose un boulot chez Lenôtre, le têtu dilemme du flic daltonien préposé à la circulation.

 

 

 

Mais il s’est vite ravisé en s’avisant qu’en politique, les visées tiennent souvent lieu de vision. Tel le cavalier surgi hors de la nuit, il courut donc vers l’aventure au galop, signant son virage d’un Z plus proche aujourd’hui de SarkoZy que de Télé Z. « J’ai épuisé tous les recours de la loyauté avec Bayrou » confia-t-il au Figaro le 25 novembre 2007 pour justifier sa volte face.

Malheureusement, dans le milieu, le mérite ne saurait se mesurer à la seule toise de l’audimat d’une émission vieille de 10 ans. Et on lui fit savoir qu’une tenace ambition ministérielle valait bien un petit effort municipal. Ainsi, la notion du ridicule, s’il en exista jamais une poussière en lui, s'évanouit-elle. Et Jean-Marie Cavada, prêt à toute contorsion, à se carrer, se cuber, pour s’élever à n’importe quelle puissance, embraya illico la marche arrière du siècle pour se caler sur celle de l’empereur et se garer derrière Nicolas Sarkozy. Quel formidable créneau !

 

 

 

On a beau faire gober n’importe quoi aux électeurs, « L’avaleur n’attend pas le nombre des âneries » dit le proverbe, j’espère tout de même que ceux du XIIème se souviendront un peu des paroles de M Cavada, en mars 2008, quand l’heure aura sonné pour eux de faire avancer la démocratie, ne fût-ce  que du pas de l’insecte, en glissant, fourmis, leur vote dans l’urne.

 

 

 

Au terme de ce billet, je suis désolé d’avoir été si sarcastique, si pamphlétaire, d’avoir nigaudement abusé d’humour troupier pour travestir une certaine forme d’ahurissement qui me prend à la vue des moeurs politiques de notre temps. C’est probablement ma façon, au fond bien romantique, d’exprimer mes sentiments. Et puis les occasions de copieuse rigolade sont si rares aujourd’hui. Allez ! Comme aurait dit ce cher Henri IV, chaque époque possède ses Ravaillac et... la mairie de Paris vaut bien une kermesse !

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Comment un gouvernement qui avoue ne disposer d’aucune marge de manœuvre financière peut-il tenir les promesses du candidat autoproclamé « président du pouvoir d'achat » tout en finançant les urgences sociales, les retraites, les universités, le soutien aux entreprises, la protection de l’environnement ? Et j’en passe !
Pis que cela ! Sans jamais envisager sérieusement de geler les privilèges accordés aux plus puissants, individus ou entreprises, et se résigner à réduire le train de vie, pour ne pas dire la gabegie, de l’état.
Et bien pis encore ! Comment le faire dans un contexte de ralentissement économique, de marché du travail sinistré, de tensions sur les prix à la consommation et de pression fiscale qui a, depuis longtemps, dépassé la limite du supportable. « Le montant des prélèvements obligatoires a atteint ses limites en proportion du PIB. » établissait un rapport du sénat sur le sujet en 2004 et… les prélèvements n’ont cessé de progresser depuis !
 
Voila une équation à décourager mille savants Cosinus, à mettre une armada de comiques au 36ème dessous… A dynamiter la confiance du ménage le plus béatement optimiste : l'indicateur qui mesure celle des français est en chute libre en novembre, -28 contre -23 en octobre. Et ça peut se comprendre quand on se retrouve, à la veille de Noël, avec aussi peu de grisbi au fond du bas de laine que de moral au fond des chaussettes… Des broquilles ! Moroses et morfondus… Et rien dans la hotte !
 
Une équation à faire cauchemarder tout être doté d’une parcelle de vision économique... Mais pas Nicolas Sarkozy ! C’est qu’il a une botte secrète, toujours le même ping-pong qui lui trotte derrière la tête : « travailler plus pour gagner plus » et « élargir l’assiette des prélèvements obligatoires »… L’assiette, voila la souveraine panacée. Comment ? En taxant méthodiquement la « dernière vente », bref la consommation, cercle magique où se retrouve l’immense majorité des Français, vous, moi, richards comme smicards, rupins comme purotins, et de plus en plus de pécunieux, miséreux, miteux et autres calamiteux… Nous tous ! 60 millions de gouttes de sacrifice toutes à suinter pour la France et la pérennité de ses élites !
 
Dernier exemple en date, la taxe (mais non, une « éco contribution »… Damme, pardon ! ça change tout) de 1% à 2% sur le prix de vente final des poissons vendus en poissonnerie, surgelés ou dans la restauration, qu'ils soient pêchés par des navires français ou importés (85% du poisson consommé en France est importé). Je n’ai rien contre la solidarité, mais je trouve le principe contraire aux attentes et aux intérêts des Français. Et puis comment peut-on créer une nouvelle taxe sur la consommation et dans le même temps, multiplier les promesses sur la défense du pouvoir d’achat ? Il y a du Majax en Sarkozy !
 
Officiellement, et notamment pour vaincre les réticences de la Commission Européenne qui a déjà prévenu qu'elle serait très vigilante sur tout ce qui pourrait passer pour une aide nationale déguisée, la mesure est présentée par Michel Barnier comme un financement visant à assurer l’avenir d’une pêche durable et préserver les ressources halieutiques. Résonnez conques marines ! Comme c’est providentiel et noble l’écologie à toutes les sauces, y compris armoricaine… Au fond, peu nous importe que Michel Barnier illusionne la commission d’autant de piperies qu’il lui semble nécessaire !
 
Dans la réalité, cette mesure est bonnement destinée à compenser l’augmentation du prix du gazole payé par les pêcheurs (57 centimes d’euros aujourd’hui) et mieux, à le ramener par le biais de l’aide à 30 centimes d’euro, soit l’objectif de rentabilité fixé par les pêcheurs. C’est une rustine fiscale, une de plus, une mesurette entérinée à court terme pour étouffer la révolte récente. Sur le fond, elle intervient alors qu’aucune réforme structurelle n’a été entreprise depuis le dernier plan de modernisation de la flotte (plan Mellick 1991). Pourtant le contexte était bien connu de tous les professionnels : augmentation de la puissance des navires et donc de leur consommation (+69% d'augmentation de la puissance moyenne nominale en 20 ans), arrêt progressif des subventions à la modernisation synonyme de vieillissement de la flotte, renchérissement prévisible des coûts de carburant, exigences accrues de qualité des produits et de gestion de la ressource, etc... On a prolongé l’incurie, d’un gouvernement à l’autre… On continue jusqu’à la prochaine crise… Rien que du classique !
 
Mais concrètement, pour nous autres consommateurs de produits de la mer, cette mesure revient à augmenter la TVA de 1% à 2%. Recta ! C’est aussi simple que ça. Quant aux allégements de charges sociales annoncés par Nicolas Sarkozy aux pêcheurs, le conseil d’administration de la CNAV a immédiatement désapprouvé la pirouette de sortie de crise du sur-vitaminé président en faisant valoir que « les cotisations sociales ne doivent pas servir de variable d’ajustement au règlement des conflits sociaux ou des difficultés économiques rencontrées par certaines entreprises ou professions. »
 
Et demain ? Que nous promet-t-on ? Les franchises médicales (non remboursement d’une fraction des dépenses sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires). C’est fait ! La TVA sociale et la taxe carbone ? Leurs mises en œuvre n’attendent que le moment propice et un habillage marketing séduisant (taxe anti-délocalisations pour l’une, protection de l’environnement pour l’autre). L’état est « en situation de faillite », comme l’indiquait François Fillon, le 21 septembre 2007, pour signifier aux agriculteurs corses qu'il ne fallait plus réclamer de subventions. Les entreprises ne vont guère mieux. Il faut donc prendre la laine directement sur le dos du consommateur.
 
Dans ces conditions, comment ne pas craindre la propension funeste de notre omni président (qui, soit dit en passant à des idées aussi plates qu’une galette de sarrasin en matière d’économie) à nous emberlificoter dans un fatras de micro taxes, ventes de bouts d’EDF et autres mesurettes, au hasard des revendications, des crises, des urgences, pour faire face à ses promesses électorales exorbitantes ou, plus prosaïquement, tenter de tempérer les désordres les plus visibles de notre société, acheter la paix sociale… Au moins jusqu’à sa réélection en 2012… Renvoyant ainsi les véritables échéances et tous les règlements derrière l’horizon électoral… Sans vergogne !
 
D’autant qu’on peut faire confiance à Henri Guaino et aux talents de tribun de son avocaillon de patron pour nous embobeliner d’effrayants bourrages de crânes, systématiques, enjôleurs comme les véroniques du toréador sur la nuque du taureau promis à l’estocade, le plus souvent basés sur une caricature de raisonnement fait d’analyses circonflexes, de simplifications abusives et de transitions illogiques. Je résume :
« Tout a un coût et l’Etat n’a plus d’argent. Il faut protéger l’environnement, aider les pêcheurs, changer les roulettes du fauteuil de mémé, etc… (la liste est longue). Donc, je propose que vous bossiez plus pour contribuer plus »
Ah l’habile sophisme que voilà ! Partir de deux prémisses incontournables pour déboucher sur une pseudo conclusion selon laquelle il n’y aurait qu’une solution à un problème donné alors qu’il en existe évidemment d’autres. Et si vous réfutez la sublime conclusion au prétexte futile qu’elle n’est pas très réaliste, on vous fait passer au mieux pour ignare en économie, ou, plus grave, individualiste étalon de la pire espèce. Si ce n’est les deux à la fois. Pis que scolopendre ! Voilà résumée la méthode Sarkozy… Le reste c’est des mercuriales et beaucoup de communication, du fin discours pur beurre… TF1, la radio, les amis patrons de presse s’en chargent.
 
Mais tout n’est pas noir. Parfois je dois avouer que les occasions de rire ne manquent pas. Tel Henri Guaino, parti à la pêche aux symboles de défense du pouvoir d’achat qui avait imaginé « geler le prix du gaz »… L’hilarant ou le moutarde, Henri ? Sérieux… Tous à vos masques ! Là on croche carrément le fond. C’est plus fort que centripète… Guaino, fougueux magistère  au chevet de la France… L’invention de la thérapeutique d’outre-tombe… La chirurgie orthopédique sur jambe de bois par l’homme tronc des pauvres… Une farce à faire mourir de rire une vache du Brahmapoutre exilée dans un âshram de La Villette… A quand la tombola des panacées, Henri ? Aux abris ! Tous aux girolles ! Et presto !
 
Nicolas Sarkozy himself ne se sentait pas d’annoncer cette bombe. D’un autre côté, relancer la consommation par l’assouplissement du crédit ? Dans l’état où sont les banques, pas question ! Alors il a préféré s’en tenir au sujet qu’il maîtrise mieux, sa marotte : « pour défendre son pouvoir d’achat, il faut gagner plus en travaillant plus ». On y a eu droit sous toutes coutures.
Mais la réalité ? Tout d’abord certaines catégories ne peuvent pas statutairement travailler plus et d’autres ne travaillent pas tels les étudiants, les chômeurs ou les retraités. Ca fait un paquet de sinistrés en perspective. Et pour les autres c’est vite dit de travailler plus mais quand on voit le marché du travail. Bon, vous me direz : Nicolas est là pour créer la dynamique et la méthode Coué en vaut une autre. Certes, et si quelques uns travaillent plus, ça fera toujours un surplus de salaire pour eux, de recettes fiscales pour l’état et de consommation pour les entreprises. Par les temps qui courent, on ne crache pas sur les petits bénéfices.
 
Jeudi soir, à défaut d’être nouveau, le discours était brillant, comme à l’accoutumée… Une fois de plus on a vu Nicolas Sarkozy en parangon du « volontarisme politique », maître illusionniste dans l’art de faire passer « ce qu’il promet » pour « ce qui est »… Prestidigitateur des finances, l’homme par qui la galette renaît…. Le champion des transferts de charges, des passe-passe vertigineux ! Capable de fourguer Gilbert Montagné en moniteur d’auto école… Rachida Dati en garde des sceaux… Rama Yade limites à ne pas dépasser tout de même ! Des muscades ! Des girofles ! Des entourloupinages toujours plus étincelants ! Des arches de Noé… Des clous !
 
En attendant ces temps meilleurs et des mers plus clémentes, il ne nous reste plus qu’à prier, pauvres pêcheurs et les autres, pour le chalut de nos âmes et de nos bourses, la rédemption par le travail et le fisc. Mais si d’aventure les améliorations promises n’étaient pas au rendez-vous, que les attentes virent en frustrations et les municipales de mars en vinaigre. Alors gare à la réaction de l’UMP ! C’en serait fini des supports.
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Aujourd’hui, un autre proverbe emblématique de la culture Française « Les petits ruisseaux font les grandes rivières », mériterait d’être hissé en oriflamme au fronton de la République… Il s'adresse tout particulièrement à ceux de nos concitoyens affublés du méchant défaut de n’être que très moyennement dévoués aux grands desseins nationaux. Il vise à en faire des convaincus d’urgentes et nobles causes sociales, économiques, environnementales, humanitaires, que sais-je... Des enragés des grands projets, moutons solidaires et forcenés, des enthousiastes, des martyrs, s’il le faut…
 
Cette merveilleuse image est abondamment utilisée par nos hommes politiques quand il s’agit de ramener le français moyen sur le chemin de la vertu domestique et du noble renoncement de soi. Quand on désire l’encourager, au nom d’un supposé bien collectif, à accomplir une multitude de ces menus sacrifices individuels, si absolument utiles au confort des technocrates et à la reconduction des élites.
  
Je veux bien, mais à ce compte là, puis je suggérer à nos parangons d’abnégation par procuration, qu’entre autres :
 
- Les petits assauts font les grandes frontières ;
- Les petits berceaux font les grandes pouponnières ;
- Les petits faisceaux font les grandes lumières ;
- Les petits gardes des sceaux font les grandes oeillères ;
- Les petits impôts font les grandes misères ;
- Les petits jouvenceaux font les grands par derrière ;
- Les petits panonceaux font les grandes premières ;
- Les petits pesos font les grandes rentières (au Mexique, surtout) ;
- Les petits pinceaux font les grandes jambières ;
- Les petits pourceaux font les grandes pétaudières ;
- Les petits rizottos font les grandes rizières ;
- Les petits ruisseaux font (aussi) les grandes pissotières ;
- Les petits policiers municipaux font les grandes souricières ;
- Les petits sursauts font les grandes émeutières ;
- Les petits tasseaux font les grandes cornières ;
- Les petits tripots font les grandes tenancières ;
- Les petits trousseaux font les grandes héritières ;
- Les petits vaisseaux font les grandes croisières ;
- Les petits vassaux font les grandes serpillières.
 
(Etc. etc. complétez à votre guise). Et je vous laisse avec une version plus personnelle. Quand l’esprit critique ne pénètre plus suffisamment les esprits, les pensées ruissellent dans le sens de la pente… Des millions de petits ruisseaux boueux finissent par former un flot massif, impétueux, un grand fleuve de pensée unique, susceptible de balayer les rares contradicteurs et noyer les esprits libres.
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