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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

Vendredi 22 juin 2007
On devait avancer sur le réchauffement climatique, sur l’Afrique, le développement durable, la réduction des inégalités et la paix dans le monde. On devait ! Mais au hammam d’Heiligendamm, après un copieux massage aux 8 huiles essentielles, on n’a eu droit qu’à un gommage tout en douceur des problèmes de la planète, suivi d’une bonne douche glacée.
 
Depuis Rio en 1992, Johannesburg, Doha, Kyoto, Montréal cela fait 15 ans qu’on discute, suppute, argumente, bataille, expertise, théorise, ajourne, contre expertise, contre argumente, atermoie, sursoit, procrastine et lanterne. Une fois de plus, le dernier sommet a accouché d’une souris, vagues aspirations, accords tièdes, salades de mots creux, pas d’objectif chiffré, global, aucun agenda de mise en œuvre, aucun détail sur les modalités… Le degré zéro du réchauffement de l’âme. Le grand dam d'Heiligendamm !
 
Concernant le réchauffement climatique, George Bush a finit par accepter l’idée d’une « réduction des émissions de CO2 d'ici à 2050 à 50% de leur niveau de 1990 ». Avant d’y engager un pays qu’il ne gouvernera plus en 2008, il propose d’inviter les 15 plus grands pays pollueurs de la planète pour discuter d'un « nouveau cadre de travail international » en … 2008. Vivement le changement d’administration américaine ! On est convenus d’ouvrir à Bali une nouvelle conférence, une de plus, pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, mort en couches.
 
On continuera donc à négocier, à s'emberlificoter minutieusement par examens successifs de résolutions toujours plus caduques, par combinaisons impeccables de conférences en série. Et comme le CO2 persiste près de 2 siècles dans l'atmosphère, presque le temps d’apprendre le chinois à un béret basque, les effets de nos rejets actuels sur nos futurs rejetons ne sont pas près de disparaître. Reste la solution scientifique, le précis, l’ingénieux, le vélo solaire 12 volts ampères en libre service, le phytoplancton aspirateur de carbone à fond d’océans, les lunettes de soleil célestes, le vilebrequin titane à biodiesel mi pétrole mi ricin, la bagnole à Plasmatron et catalyseur absorbeur de Nox… Mille soupapes inoxydables ! La rédemption par la technologie. Mots et merveilles. Amen !
 
Concernant l’aide aux pays pauvres, en 2005, à Gleneagles, le G8 avait promis « d'annuler la dette multilatérale de 18 pays les plus démunis et de doubler son aide au développement pour l'Afrique, en la portant à 50 milliards de dollars par an, en 2010 ». Enjeu vital, car les vrais problèmes viennent de l'injustice de la pauvreté dans le monde. Et sans solidarité, toute notre science, nos mirifiques progrès n’y pourront rien changer. La première promesse a été tenue. Pas la seconde. Selon John Page, le chef économiste de la Banque mondiale, « à l'exception de la réduction de la dette, les pays africains n'ont pas concrétisé les avantages promis au sommet du G8 de 2005 ». Sur les 50 milliards promis, on atteint péniblement 35 et on cumule déjà un retard de 30 milliards. Une fois de plus l’Afrique a été lâchée. Comment y arriver aux 50 milliards ? Il suffirait d’ajouter un dollar par habitant et par semaine au 1,70 dollar déjà versés par les habitants des pays les plus riches. 50 milliards c’est à peine 0,15 % de la richesse cumulée des pays du G8 ! Ce n’est pas le bout du monde pour le monde… au bout du rouleau.
 
Ensuite ? La proposition française d'attendre six mois avant de se prononcer sur le statut du Kosovo n'a pas été adoptée par le G8. Poutine n’a même pas daigné donner son avis. On va donc droit à un veto de la Russie à l’ONU, sur l’indépendance du Kosovo. Fin de non recevoir de la suggestion de « corridors humanitaires » au Darfour, effroyable alambic de toutes les exactions. Des populations entières, otages du gouvernement Soudanais, hommes, femmes, enfants, maintenus sous chape abominable d’horreur, affamés, violés, massacrés, cadavres à chaux le long des pistes, décomposés au fond des puits souillés, ensevelis sous mortier effroyable d’indifférence, aux portes d’une civilisation apathique, démissionnaire, comme résignée à contempler le sordide, musette au bal des cadavres.
 
Et pour mieux travestir ce banquet atroce du G8, on a ressorti les vieux spectres de la guerre froide, les bisbilles Bush Poutine au sujet du projet de déploiement par les USA d’un bouclier anti-missiles en Europe de l’Est. Ah qu’ils la regrettent, nos brillants dirigeants, cette fameuse époque du grand guignol… L’affrontement américano-soviétique, la grande mayonnaise à l’huile d’ogive. Ces années bénies où la fabuleuse et providentielle menace d’un conflit nucléaire entre super puissances suffisait à cristalliser toutes les peurs, drainer toutes les haines, détourner l’attention du bon peuple des vrais problèmes de la planète. Affolés par les discours et les gesticulations, terrorisés par épouvantables médias, abrutis par Hollywood, on se préoccupait plus que du Russe, tous Folamour, obnubilés par l’atome popov, gavés de silos nucléovitchs, hallucinés du champignon fatal et du réchauffement final. En nous remettant une dose de guerre froide, plus la crainte des missiles que celle des gaz et une pincée de trouille du grand méchant russe dans la bouillie médiatique quotidienne, on espère nous faire passer  l’ignominie d'Heiligendamm pour une avancée. Les mêmes vieilles recettes.
 
Reste une question, inévitable : qu’est ce que le G8 ? Un obscur club ultra privé, réservé à une infime minorité de privilégiés avides à consommer toujours plus de ressources planétaires que la part relative qui leur revient pour ne laisser derrière eux qu’un sillage toujours plus large de déchets, de pollution et de rancoeurs ? Doit-on continuer ainsi ?
 
Mais que les pauvres, les déshérités, les maudits de la terre se rassurent. On continuera à leur envoyer les belles images, le ragoûtant spectacle de tous nos égoïsmes. Derrière l’effroyable miroir de leur misère, toujours plus profonde, grâce à la toute puissance communicante, ils pourront toujours admirer l'émerveillante beauté de nos aisances, notre mirifique et si noble mode de vie occidental… Vanté, étalé, diffusé à pleins faisceaux hertziens, relayé par mille satellites, vomi direct par floraisons de bouquets numériques, magnifié jusqu’aux tréfonds de leurs impasses, de la boue du plus misérable ghetto, des favelas aux fanges de leurs taudis et de leurs bidonvilles. Jusqu’aux fosses communes ! A fond de cloaques !
 
Qu’ils lippent tout, bavent, s’extasient, se pâment, s’obsessionnent, glorifient, délirent, fulminent. Au bout de l’extase, on leur fabriquera une âme de riche, par la télévision, le marketing, le porno chic, le jeu, l’alcool… La peur et la destruction, aussi, s’il le faut. On vendra leur jeunesse à MacDo Cola, à Nike, à mille régies publicitaires googuenardes, l’ordinateur et la console à 100 euros, à la toile, à Pétroleum, dégoulinants de clicks, overclockés à terra-hertzs, pixélisés, boulimiques de précieux gadgets, assoiffés de délicats miracles à l’occidentale, gorgés d’idéaux numériques, fertiles à saint dollar… Et toujours plus spoliés, frustrés, à désirer toutes les bassesses, les guerres… A espérer des orages, à convoiter toutes les ignominies pour se dépêtrer d’une condition qui devient de moins en moins humaine.
 
Mais tranquillisons nous. Halte aux visions d’épouvante ! Par chez nous, tant que le petit noir atteint pas dix euros, que le litre de super continue à glouglouter gentiment à la pompe, qu’on a pas grillé nos douze points de permis, que la française des jeux fournit encore un peu de grilles à gratter l’imagination mollassique de la communauté repue de la française des « je », on dira rien, on continuera à s’apitoyer gentiment au 20H, à consommer convulsivement, à polluer furieusement. Là, las, à attendre, résignés, sans révolte… On ne verra bientôt plus à l’horizon climatique que l'herbe qui verdoie. De moins en moins ! Et à l’horizon humanitaire que le G8 qui louvoie et saupoudroie. Et que l’africain qui mouroie. De plus en plus !
par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Jeudi 21 juin 2007
Il y a des semaines comme ça. Des semaines de ruptures. Avant le second tour des élections, c’était calme. Et puis ça a commencé brutalement, dimanche, un orage médiatique qui craque, puis lundi, un ministre qui démissionne, un premier secrétaire qui s’accroche, et un livre, mercredi. Jusqu’où ?
 
Dimanche, on a eu droit à une soirée exaltante. Le résultat des législatives ? Meuh non ! La composition de la chambre des 577 députés qui nous gouverneront 5 années ? Non plus ! Ca, tout le monde s’en fout énormément. La composition de la chambre conjugale du couple Royal-Hollande. La voilà l’info de la soirée, la bombe, le champignon vénéneux en intraveineuse, plein débat électoral, Hiroshima sur la une, le désordre injuste, la salmonelle en direct sur tous plateaux télé. Vous me direz : tant que ça reste des histoires de chambre.
 
Dimanche donc, peu avant 22H30, la nouvelle de la séparation des amants du PS tombe. Jeanne d’Arc est aux manettes, elle a tout organisé, prévu, planifié. Soit disant, il y avait des fuites, ça pouvait pas attendre le lendemain. On a pensé à protéger les enfants. Ben voyons ! Alors elle tranche, elle largue à Melle. Ca tombe bien, en pic d’audience. On parlait plus trop d’elle sur les plateaux télé et la vengeance est un plat qui se mange… médiatique. Marie Ségolène, c’est la France qui persévère, un peu comme Dominique Voynet (oui je sais, c’est un peu ardu). On la jette par l’urne, elle revient par la lucarne. Le bouté, François, est aux abris, vasistas clos, prudent. Ses collègues moins… En première ligne, sur toutes les chaînes, pris au dépourvu, ils ont pas vu le grain venir, même pas le temps de prendre un riz, ébaubis puis encalminés en eaux grasses, butés dans la motte à purin, refroidis à fond de remblai. Quelle rigolade en direct… Merci Ségo Marx !
 
Certes, c’est formulé en termes édulcorés, on croirait de la rancœur de synthèse, de l’aspartame de dépit amoureux « J'ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d'être heureux ». L’édit de Melle, version Flaubert, pas Zola. On connaissait l’appel du 18 juin, à présent on a le râteau du 17. Quand la littérature croise la grande Histoire…
 
Au passage, on peut apprécier le « désormais étalée dans les livres et les journaux ». On comprend pas bien si elle parle de l’« histoire » ou d’elle. Surtout quand on sait que Ségolène Royal avait réservé la primeur de ses déclarations aux journalistes de l’AFP, Christine Courcol et Thierry Masure, pour leur livre « Les coulisses d’une défaite », dans lequel elle impute une liaison à son premier secrétaire de compagnon. Alors que dans le même temps, elle et François Hollande ont réclamé par voie de justice 150.000 euros aux auteurs du livre « La femme fatale », évoquant, entre autres joyeusetés… la même supposée relation extraconjugale. En France, l’important c’est pas ce qu’on publie mais où et quand c’est publié. Tout est dans la discrétion d’approche, la malveillance monnayée, organisée, estampillée AFP, la délation sincère avec fifres légers, sourires de classe, tailleur Chanel et brushings soyeux. Les frasques on en fait des fresques. Et bien sûr du frisque ! Parce que jouer avec les droits d’auteure de la madone, divulguer ses auto-ragotages avant l’heure, laminer ses sublimes tirages, c’est proprement impensable, pire staphylocoque doré que cocufiage mondain, impétigo social, anthrax même pas imaginable…
 
Le premier secrétaire du PS et plus vite néo SDF n’a pas voulu s’étendre sur le sujet. En avait-il perdu l’habitude ? Comme il l’a confié aux journalistes « J’ai toujours veillé à séparer la vie privée de la vie politique. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire ». C’est vrai qu’il séparait la vie privée de la vie politique. La preuve ? Il aurait délaissé Ségolène pour une journaliste. Quel tact ! Si c’est pas des façons de gentleman, des paraboliques infinies de savoir-vivre, de la fine arabesque…
 
Mais quel grand seigneur ce François. Crucifié lisse, raide à sa croix, sans la moindre rebuffade… Maginot sur toute la ligne ! A croire qu’il était vraiment soulagé et/ou pressé d’aller revoir sa Normandie (pour le vrai prénom, je vous recommande les hautes lectures dictées par Marie Ségolène ; je fournis que les rimes, et bien pauvres). Elle le châtie… Lui châtie sa langue ! Moi à sa place, j’aurais pas hésité une seconde. Je me connais ! Véhément comme je suis, j’y aurais missilé recta une dépêche AFP à la madone, par retour de service gagnant le long de la ligne de flottaison, voire un peu dessous, façon Roger Federer, un parpaing du style « J'ai demandé à Ségolène Royal de quitter le PS, de vivre sa carrière politique de son côté, désormais étalée dans les instituts de sondages, et je lui ai souhaité d'être élue ». 15A, balles neuves !
 
Au lieu de ça, il fait profil bas, il s’hermétise, s’occulte, coagule sa rage. Elle, au contraire, s’épanche, fielleuse, pousse les feux, attise tous les incendies. Il n’est même pas cicatrisé qu’elle l’entreprend sous toutes coutures, le dépèce à vif, sans anesthésie, sanguinolent, membre après membre. Elle le propulse Titanic sur d’atroces icebergs ! Elle veut l’envoyer congeler vingt mille lieux sous les glaces. Pas moins ! Elle se perd en ordonnances royales (de juillet ?). En plus de le bouter hors domicile conjugal, dans la foulée, elle veut prendre sa place de premier secrétaire du PS ! Qu’il redevienne militant de base quai de Valmy, cheville ouvrière, en coutil rugueux, grelot sous la tente. Séparé du pouvoir, de l’état et privé d’oxygène, aujourd’hui, demain, puis demain et puis encore demain, jusqu'à la dernière syllabe du registre des temps… Lady Macbeth réincarnée !
 
Mais là où ça risque d’être coton, c’est que François, c’est pas une chenille politique, c’est ni la moitié d’un cocon ni Duncan, c’est féroce animal, et bien bourrique quand nécessaire. On lui impose la rénovation du PS ? Lui répond « Je maintiendrai ». Sous entendu « moi ». Devise royale et de Hollande ! Vous pouvez vérifier, c’est gravé en toutes lettres sur les armoiries du royaume des Coups Pays-Bas. D’ici à ce qu’il négocie la présidence de la commission des finances avec l’homme qui dit qu’il va faire ce qu’il a dit qu’il allait faire (on peut continuer à l’infini pour ceux que ça amuse)… Parce que question ruptures tranquilles, ces deux là, il est incontestable que les événements les ont rapprochés. De là à organiser un échange Cécilia Ségolène, un Grenelle de la désintégration conjugale visant à envoyer les deux reines en congé sabbatique sur le Paloma…
 
Et pendant ce temps, autre rupture, on perd Alain « meilleur d'entre nous », notre Cyrano de pas très loin de Bergerac, ex ministre d’état, dépité à vie et maire pour plus très longtemps. Il est muté au ministère de la défaite électorale durable. A présent, plus Vert que lui, on peut pas trouver ! Le pauvre, il va de Carignon (alias « prison break ») en Scylla. Pour s’occuper, il va finir par faire des courses de côtes avec le paysan du Béarn, 4X4 contre tracteur.
 
Quant au Grenelle de l’envie de ronronnement, il attendra octobre. Le temps que Nicolas Hulot finisse son tournage pour TF1, que Bernard Laporte termine sa coupe du monde pour la Société Générale et que Jean Louis La Gaffe déménage de Bercy à Grenelle, si possible en abandonnant ses idées de planter de l’hévéa social à tout bout de champ politique. En octobre, Nicolas et Pimprenelle s’occuperont de l’environnement. On va pas s’endormir... Juré ! Croix de bois, croix de fer, si je mens qu’on me déferre au tribunal de Nanterre. On négociera ni le nucléaire, ni les OGM, ni les acides de Rhône Poulenc. Et pour le reste on cultivera tout tiède, sous serre MEDEF et ses effets, après les canicules médiatiques, à l’ombre de la rentrée sociale. Y va y avoir du sport… Mais tout le monde doit rester tranquille.
 
Que voulez vous ? C’est la saison des ruptures. Cette année, même Airbus a vendu des avions au Bourget. C’est dire ! Certes, il reste encore à les fabriquer et à les livrer… Et c’est une autre paire de manches (à air). Mais on peut toujours rêver. Croisons les doigts. Aide toi Airbus, l’aiguilleur du ciel t’aidera !
 
Bon, je dois vous laisser. C’est que moi aussi j’ai des anévrismes et une semaine sexuelle, sentimentale, politique et aérienne à assumer. C’est pas simple... Et quand on voit toutes ces ruptures, tranquilles ou pas, c’en est même effrayant.
par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Mardi 29 mai 2007
Le navire PS dérive. En capitaine courageux, François Hollande tient son premier meeting de campagne en vue des législatives... Sans Fabius, ni Strauss-Kahn, ni... Ségolène Royal. Quel entrain ! Quelle solidarité autour du saint François des assises du PS ! Alors, à l’instar de son illustre et très canonisé prédécesseur, il montre à tous les stigmates qui le rongent. Les blessures infligées par les siens. Et il se fâche. Il rabâche la fin de son mandat, lors du prochain congrès en novembre 2008. A mots couverts, il appelle à en avancer la date. Tel François d’Assises qui rendit l’âme le 4 octobre 1226, achevant ainsi le dernier verset de son Psaume 141 : « Tirez mon âme de sa prison, Seigneur, afin qu’elle aille chanter vos louanges ».
 
Au PS, nombreux sont ceux qui souhaitent un congrès à l’automne 2007. Mais les remplaçants timoniers sont rares à se déclarer, un Manuel Valls par ci, du menu fretin par là... Rien de sérieux, aucun ténor pour revendiquer la place de premier secrétaire avant les législatives. On lui laisse entier le crédit du reliquat de déroute annoncée et le soin de faire toucher le fond au parti, avant de se proposer pour redonner le coup de pied qui propulserait le PS vers la radieuse surface.
 
Les élus PS sont tous aux chaloupes, courbés sur l’aviron, bien trop occupés à tenter de conserver leurs postes. Quitte à ramer à contre-courant socialiste... Les militants, eux, errent encore sur le pont, hébétés, sanglés dans leurs gilets de sauvetage. Ils ont perdu le cap depuis longtemps. Gauche, centre, les boussoles tournent folles. Avarie de barre et panne de moteur, le navire PS est désemparé. Les récifs sont proches et aucun remorqueur ne se décide à proposer son aide. Avec à peine 100 à 150 sièges, le naufrage est inévitable.
 
Certains l’anticipent et quittent le bord. Selon une dépêche AFP datée du samedi 26 mai, « au moins dix-sept candidats socialistes, et éventuellement leurs suppléants, se présentent contre des candidats investis par le parti et ont été systématiquement exclus du PS, selon les indications fournies par le PS ». Il s’agit en général de candidats de la gauche du PS, notamment fabiusiens, la plupart du temps choisis par les militants locaux contre le candidat officiel du parti. Le début du grand « recentrage » du PS sur les valeurs traditionnelles de la gauche et le glas de l’illusion centriste ? Le retour à une France bipolaire et la victoire de l’orthodoxie socialiste sur la bouillie intellectuelle servie aux militants depuis plus de deux ans. Une manière de logique !
 
Au Zénith (la salle parisienne, pas le symbole), voilà le Modem qui lance sa campagne pour les législatives. C’est le nouveau-né des réseaux, le périphérique de l’agglomération politique dont François Bayrou est le pilote. Mais comme son cousin de boulevard circulaire, s’il est commode d’y circuler sur les voies de gauche, la priorité à l’entrée est souvent à ceux qui viennent de la droite...
 
Quel avenir pour le Modem, ce périph toujours autour et jamais au cœur de l’action ? Il revendique aujourd’hui 75 000 pré-adhérents et présente pas moins de 535 candidats aux législatives. Voilà pour la carrosserie. Mais sous le capot, il y a bien peu de chevaux. Dans cette liste de 535 candidats de bric, de broc et de 45 ans de moyenne d’âge, on ne compte que quatre députés sortants : Bayrou lui même, Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques), Anne-Marie Comparini (Rhône) et Gilles Artigues (Loire). Et la défection récente de Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis), parti grossir les rangs des sympathisants de l’UMP, n’est pas pour rassurer. Au total, 23 des 29 députés UDF se sont aujourd’hui rangés derrière l’UMP. Dans ces conditions, et sans vouloir minimiser l’apport des nouvelles recrues tels Azouz Begag ou Corinne Lepage, il est hautement improbable que le Modem puisse atteindre le nombre de vingt députés qui lui permettrait de disposer d’un groupe parlementaire à l’Assemblée. Entre trois et cinq, tout au plus.
 
C’est quoi le Modem aujourd’hui ? Un parti orange, pas d’expérience et peu de... mandarin(e)s. Un périphérique qui peine à connecter ses réseaux d’électeurs. Moins de 10% d’intentions de vote selon les derniers sondages. Une pelure de programme qui se résume pour l’instant à scruter l’abominable homme des manèges politiques et à dénoncer l’illusion sarkozyste, le « pouvoir des riches pour les riches ». Beaucoup de bruit pour annoncer... une « longue marche » vers 2012, cinq ans à démasquer les fins symboles de la dérive sarkozyste, à profiter de la désorganisation de la gauche (si elle dure)... C’est mince pour exister sur la scène politique. La longue marche ressemble à un chemin de croix, une éternité loin des affaires. Mao Bayrou c’est pas le .. Pérou.
 
Et si l’histoire se répétait ? Déjà en 1820, un prince d’Orange se proposait de remplacer Louis XVIII en cas de succès d’une insurrection en France, lors du complot du 19 août 1820, dit du Bazar français (sic). Les rapports de police de l’époque attestent sa présence auprès des insurgés et son rôle obscur dans les manigances visant à abattre le régime de la restauration. Préciserai-je que cela n’avait pas vraiment marché à l’époque ?
 
Le Front national s’est replié tel l’escargot dans sa coquille et son vieux tortillon n’est plus près d’en sortir. L’extrême gauche affûte ses armes pour un troisième tour dans la rue. Du lourd, du classique... De la bonne vieille grève Sud ferroviaire et PTTienne ; la loi du service minimum et de l’emmerdement maximum. Le trotskiste aime la marche à pied, le vélo, et son facteur sonne toujours trois fois, c’est connu... Il aime par dessus tout nous mettre le nez droit dans la mouise. Recta ! Qu’on n’ait pas d’excuses, qu’on ne puisse pas dire qu’on ne connaissait pas l’odeur du pouvoir et de son service public, nous les dociles panurges asservis au grand patronat, les bienheureux félibres dodelinants de l’abattoir, béats droit au tranchet capitaliste et même pas bêlants.
 
Et pendant ce temps, Nicolas Sarkozy travaille. Ses pions investissent l’échiquier. Les fous bloquent les diagonales médiatiques, les tours s’activent. Kouchner va à Beyrouth, Woerth met en œuvre les premières mesures de défiscalisation (déductions des intérêts d’emprunt immobilier, successions, bouclier fiscal, réforme de l’ISF), Xavier Bertrand négocie une loi-cadre (revue à la baisse de l’ambition initiale ?) sur le service minimum. La reine échappe au contrôle ? Bah ! Joséphine en son temps était connue pour ses frasques... Cela n’a pas empêché Napoléon de faire carrière.
 
Dans tous les domaines, Nicolas Sarkozy multiplie les gages d’ouverture. Comme depuis le début de la campagne, il sème et récolte sur les terres de gauche, ces mêmes terres stupidement mises en jachère par la gauche. Simple bon sens politique, récemment justifié par une étude BVA (22/05/2007) qui vient de passer au crible six mois de résultats et d’attentes des Français. Et qui démontre, comme l’indique Gaël Sliman, directeur adjoint de BVA Opinion, que « contrairement à l’impression que pourraient donner les résultats de l’élection présidentielle, la France ne s’est pas droitisée ». Nicolas Sarkozy, gros consommateur d’études d’opinion, a parfaitement compris et intégré l’adage ancien qui veut que les Français aient le cœur à gauche, et le portefeuille à droite. Rien de nouveau sous le soleil, décidément.
 
En campagne, il faisait son marché sur les thèmes de gauche, le social, l’emploi, le concret « travailler plus pour gagner plus », pendant que la Madone égarait son parti sur les voies de garage de la « démocratie participative » et lâchait la proie sociale pour l’ombre trompeuse des « ordres justes ». Au soir du 6 mai, les premières paroles du nouveau pensionnaire de l’Elysée furent pour les faibles et les déshérités. Au pouvoir, il garde son cap en proposant un gouvernement d’ouverture incluant des personnalités de gauche et aucun représentant de la droite dure (Devedjian, Lellouche). Parallèlement, avec François Fillon, il rencontre activement les organisations syndicales. Il les rassure, on les associera aux négociations. En contrepartie, on leur demande de ne pas faire de blocage systématique. Ouf de soulagement dans le fragile landerneau syndical ! Le business va pouvoir continuer « as usual  ». C’est qu’avec un taux de syndicalisation aussi faible (environ 8% des salariés), où iraient-ils la chercher leur légitimité, ces messieurs Mailly, Thibault et Chérèque, si ce n’est auprès du nouveau prince de l’Elysée ? Seul le trotskyste SUD ne pliera pas... Avec Sud Etudiant on n’ira plus en cours... Avec Sud Rail on n’ira plus au train. La grève SNCF, c’est plus que possible !
 
Côté concitoyens, Nicolas 1er, tsar des médias, inonde le pays de pipôlatreries. Je précise (on n’est jamais trop prudent) que je ne fais aucun parallèle avec le « vrai » Nicolas 1er de Russie, alias Nicolas la Trique qui régna sur le Russie de 1825 à sa mort en 1855 et qui fut connu pour le régime autocratique qu’il instaura et... le contrôle permanent de l’opinion. Habile transformiste, le Nicolas passe, toujours sous l’œil de la caméra, du short au bois de Boulogne, au jean en famille à Brégancon et à l’habit de la photo officielle, immortalisé à la gauche du drapeau et doré sur tranche et sur fond de bibliothèque aux livres ornés du lys royal. Les livres et l’étendard sacré, deux symboles de la continuité historique. Evacuée l’image du martyr, aujourd’hui la trilogie de Nicolas c’est le naturel, l’humain et le sacré. Nicolas Sarkozy, l’amoureux de l’effort vivifiant, le père de famille recomposée et pas du tout modèle, l’époux loyal et fidèle de la France plurielle. Ouvrir et communiquer ! Toujours plus azimuts...
 
Certains apprécient. Les fidèles se pâment, les prudents font allégeance. D’autres fulminent, à l’affût du plus insignifiant grippage de la machine infernale. Ils attendent, l’index crispé sur la formidable goupille, tapis couillons mais bien ardents à dégainer, à déclencher foisons de croisades libératrices immensément furibondes. A la première occasion, contre rien et contre tout... Le tyran, la veuve joyeuse, les balades en mer, huit cent mille colossaux raffuts et autres grands guignolesques tintamarres...
 
La République elle, suit son parcours, imperturbable, insensible aux naufrages en série, indifférente aux chapelles abandonnées. Et de joggings en réunions de travail, du bois de Boulogne à Matignon, la politique des petits pas de l’ère Chirac fait place à celle des petites foulées.
par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Dimanche 27 mai 2007
Hier à l’hôpital, j’ai prononcé un discours à la cantine pour mes camarades.
 
« Camarades ! C’est un fait. L’utopie du journalisme a été tuée par l’infernal, gigantesque, odieux capitalisme libéral. Il est tenu en main par Sarkozy, l’archange démoniaco-démocratique et son cercle d’infâmes barons milliardaires : Bouygues, Lagardère, Dassault, Bolloré, patrons de presse et marchands de canons, suppôts du mondialisme et intéressés au plus haut degré à tout ce qui ferait envoyer sur le champ nos viandes laborieuses grésiller au bûcher très purificateur du dieu Dollar. Nos barbaques au barbecue et dare ! C’est là qu'ils nous veulent ! Jambons et bien rôtis à la broche de l’idéologie mystificatrice et salvatrice. Nos sept chakras carbonisés en même temps pour les nobles causes… Le CAC 40, la banque mondiale, le forum de Davos…
 
Camarades ! Oui, je crois à la fin de la presse indépendante, au retour de la censure, aux infinis complots impérialistes, à « 1984 », à l’invasion de la terre par les extra terrestres et aux sacrées fournaises.
 
A compter du 6 mai, je suis entré en résistance, je veux être l’agent Mulder du pauvre, le David Vincent des opprimés de Sarkozy, cet envahisseur qui respecte la liberté de la presse autant qu’un livreur de pizza à scooter respecte le code de la route… »
 
J’en avais encore deux pages comme ça, mais les infirmiers m’ont obligé à prendre une douche (froide) et ramené dans ma chambre. J’ai même pas pu finir ma côte de porc coquillettes. Qu’importe ! J’ai les preuves du complot et de l’assassinat de la liberté de la presse. Je les donne ici, avant que les puissances capitalistes ne fassent fermer ce blog.
 
Une dépêche de l’AFP (Agence Française de Propagande), affirme que « le photographe officiel de la présidence de la république vient d’être limogé, à la demande de Nicolas 1er ». Ce journaliste était, selon l’AFP, « un brave homme et un professionnel reconnu qui avait servi sous Mitterrand et Chirac sans que personne n’y trouve à redire ». 
 
 
Je sais, c’est facile mais ça me fait rire. Et comme ils sont pas prêts de m’en faire sortir de l’hôpital, au point où j’en suis, j’en profite.
par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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