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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

Aujourd’hui, un autre proverbe emblématique de la culture Française « Les petits ruisseaux font les grandes rivières », mériterait d’être hissé en oriflamme au fronton de la République… Il s'adresse tout particulièrement à ceux de nos concitoyens affublés du méchant défaut de n’être que très moyennement dévoués aux grands desseins nationaux. Il vise à en faire des convaincus d’urgentes et nobles causes sociales, économiques, environnementales, humanitaires, que sais-je... Des enragés des grands projets, moutons solidaires et forcenés, des enthousiastes, des martyrs, s’il le faut…
 
Cette merveilleuse image est abondamment utilisée par nos hommes politiques quand il s’agit de ramener le français moyen sur le chemin de la vertu domestique et du noble renoncement de soi. Quand on désire l’encourager, au nom d’un supposé bien collectif, à accomplir une multitude de ces menus sacrifices individuels, si absolument utiles au confort des technocrates et à la reconduction des élites.
  
Je veux bien, mais à ce compte là, puis je suggérer à nos parangons d’abnégation par procuration, qu’entre autres :
 
- Les petits assauts font les grandes frontières ;
- Les petits berceaux font les grandes pouponnières ;
- Les petits faisceaux font les grandes lumières ;
- Les petits gardes des sceaux font les grandes oeillères ;
- Les petits impôts font les grandes misères ;
- Les petits jouvenceaux font les grands par derrière ;
- Les petits panonceaux font les grandes premières ;
- Les petits pesos font les grandes rentières (au Mexique, surtout) ;
- Les petits pinceaux font les grandes jambières ;
- Les petits pourceaux font les grandes pétaudières ;
- Les petits rizottos font les grandes rizières ;
- Les petits ruisseaux font (aussi) les grandes pissotières ;
- Les petits policiers municipaux font les grandes souricières ;
- Les petits sursauts font les grandes émeutières ;
- Les petits tasseaux font les grandes cornières ;
- Les petits tripots font les grandes tenancières ;
- Les petits trousseaux font les grandes héritières ;
- Les petits vaisseaux font les grandes croisières ;
- Les petits vassaux font les grandes serpillières.
 
(Etc. etc. complétez à votre guise). Et je vous laisse avec une version plus personnelle. Quand l’esprit critique ne pénètre plus suffisamment les esprits, les pensées ruissellent dans le sens de la pente… Des millions de petits ruisseaux boueux finissent par former un flot massif, impétueux, un grand fleuve de pensée unique, susceptible de balayer les rares contradicteurs et noyer les esprits libres.
Publié dans : Un jour, un proverbe - Pour dire du mal ou du bien - Voir les 0 commentaires - Partager    

Il existe une critique complaisante et une autre, plus venimeuse, qui naît de la déception. Mais il serait trop réducteur de la limiter au seul Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, c’est bien le système entier, gouvernement, opposition, syndicats, médias, qui grince, coince, grippe.
 
Après de trop longues années à quai, le navire « France 2007 », équipage au complet, a entrepris la croisière à laquelle une majorité avait souscrit. Les balises du large sont doublées et, dans le sillage, les derniers amers ont disparu sous l’horizon, il ne reste que la pleine mer, et derrière l’espoir et les promesses de rivages meilleurs, derrière encore. L’équipage de « France 2007 », c’est un président, un gouvernement, une opposition, des syndicats, des médias et... des passagers... Nous ! Décortiquons un peu.

 

Un président ? Plutôt un formidable concentré d’activité... Ah ! Ce besoin de se montrer, toujours, de se répandre, partout, de faire n’importe quoi plutôt que laisser faire ses ministres, quitte à déraper, à se contredire. Il y a, dans cette présidence, un principe de frénésie absolue, un parti pris de transes... La saturation des masses par l’instantanéité, l’émotion... Voilà le style ! Une infinie sarabande, pas une minute d’intervalle entre deux figures imposées... Un rut ! Mais, peu à peu, il apprend. Ainsi vient-il de déclarer à Bruxelles qu’ « engager un référendum sur le nouveau traité Européen était dangereux et qu’il risquait d’être perdu, en France, au Royaume-Uni et dans d’autres pays », parce qu’il y a un « clivage entre le peuple et les gouvernements ». A défaut de démocratie, Nicolas Sarkozy n’est certes pas dénué de réalisme !

 

Un gouvernement ? Saperlotte ! Une fricassée d’hommes et femmes aux sensibilités hétéroclites, gauche, centre, droite, bercés par la même fascination, confits en politique, avides de maroquins, de cénacles, de hautes autorités... Englués dans ces quatre-vingt-dix-huit chapelles du pouvoir où ils mijotent, envoûtés microscopiques et serviles ectoplasmes... Bien plus soucieux de leur maintien aux commandes que de valeurs... Pitoyables gamètes accourus haletants au formidable coït républicain, fagotés là, à l’appel du maître, tant bien que mal, débiteurs de tout, fertiles à compromis, ramollis en effroyable mélasse.
Ils sont les féaux serviteurs d’un système aussi strict à réprimer la grande ambition (la présidentielle), qu’habile à stimuler les petits appétits, aviver les besoins de reconnaissance, les amours-propres, les vanités. Ministres, secrétaires d’état, rapporteurs... Petites flûtes... Ils ont au mieux la permission de résonner, en pointillés, creux et sans timbre, de la pensée vibrionnante de leur maître. Et c’est pas tous les jours !

 

L’opposition ? Le Modem ne pèse pas lourd, faute de financement, d’équipe dirigeante, de colonne vertébrale. De conflits internes en défections (demain Cavada ?), il tâtonne... Les idées ne suffisent pas, il manque un style. Le PS, lui aussi, a renoncé au style et à toute ambition présidentielle, faute de leader, de ligne politique à l’échelon national. Ses élus lorgnent ostensiblement les urnes régionales, municipales, cantonales. C’est la véritable force du parti et de longue date. On se prend à rêver d’un « Blair après Thatcher », on observe, on laisse Sarkozy faire le « sale boulot », on espère le faux pas.
Et puis, ne les a-t-il pas débarrassé de Strauss Kahn, de Lang, de Besson ? Pour quelques mois, personne ne veut la place de François Hollande. Delanoë, Royal ? On verra bien en 2008... D’ici là le PS est résigné aux vénéfices, aux envoûtements, réduit aux coups d’épingle... Brûler Sarkozy en effigie... C’est peu !

 

Les syndicats ? Il y en a de très révolutionnaires, énormément trotskistes, mais fauchés et trop « romantiques » pour être efficacement suivis. Et les autres, les « officiels » adoubés par le pouvoir, reçus à l’Elysée, financés, en liquide, par la jouvence de l’abbé Gautier-Sauvagnac (bizarre on n’en entend plus parler de celui-là), cet élixir à base d’extraits de planche à billets, utilisé dans le traitement symptomatique des troubles en rapport avec une mauvaise fluidité sociale. Que pas une de leurs voix ne s’élève au-dessus des dix et cent et mille murmures qui font la rumeur attendue, convenue, servile, putassière à l’écho des médias. « Ma petite maman chérie, je vais encore marcher ! Mais sois tranquille, quand tout cela finira, je travaillerai mieux, je gagnerai plus et ta retraite sera assurée ». Ils sont si loin de leurs bases, si peu représentatifs...
Jusqu’aux causes qui sont mal choisies. La France a voté Nicolas Sarkozy pour qu’il fasse les réformes, inévitables, des retraites, des universités (votée sans coup férir en août, après avoir été substantiellement vidée de son sens), de la carte judiciaire, du service minimum. C’est donc cela... L’art de la grève ?

 

Les médias ? La presse n’est plus que l’instrument des partis, le fief des barons d’industrie, fils à papa ou « self-made-men », l’écho des chapelles... Elle se dérobe à toute pensée indépendante. La télévision ? Elle montre... Point final ! Quelle réponse y a-t-il aux images crachées par la télévision ? Habilement pilotée, elle n’est là que pour provoquer les réactions émotives du public afin que celui-ci exige, un jour, « spontanément », qu’on « fasse quelque chose »... Justifié ou pas peu importe, mais qu’on « agisse nom de dieu ! », qu’on intervienne à la régie des autobus, dans les facs, au Tchad, en Irak... Et, pourquoi pas, en Iran demain ? L’opinion a cédé depuis longtemps sa place à l’émotion. « Fournissez-moi les images, je vous fournirai la guerre », câblait William Hearst, le magnat de la presse américaine, à son correspondant à Cuba qui lui annonçait que tout y était calme.

 

Et nous ? Petit peuple ouvrier, petite bourgeoisie laborieuse, petits entrepreneurs pris à la gorge... Nous ! A l’affût d’un train qui ne vient pas... De prix qui ne baissent pas... Assiégés de charges et de paperasseries. Nous, millions de gens, vous, moi, qui ne veulent plus voir que le petit côté des choses. Le Concret... Le Pognon... Les Avenirs... Qui ne sommes préoccupés, que de notre fragile pouvoir d’achat, d’épanouissement familial, de nos petits lambeaux de bonheur. Nous n’en pouvons plus de contempler nos élites, immenses, inaccessibles, nous régaler d’effets d’estrade, s’abîmer de compromis, rivaliser de ficelles. De voir nos médias nous ravir de spectaculaires arabesques, de balsamiques cataplasmes papelardés en hâte à partir de la moindre cogitation fumeuse de l’Elysée, de Bercy, de Grenelle, du quai d’Orsay, de la place du Colonel-Fabien, crachés par les six faces du même cube, issus d’un système qui tourne en rond.

 

Tenez, les conflits, par exemple. A pleines manchettes... « Les négociations progressent » ! Sauf que... « Un compromis est trouvé »  ! Sauf que... « On se félicite » ! Mille bravos... Accords entre élites... Petits meurtres entre amis... J’en glousse d’extase ! Sauf que ? Eh bien sauf que le système s’est peut-être mis d’accord, que les médias nous en ont chanté les louanges... Mais qu’on continuera à marcher à pied... Cancer du manche ! Que les facs seront toujours bloquées... Bignolles ! Que la « base », l’infâme « base », elle, bloque toujours, mord, serre, ne lâche plus. A ce stade, l’information, c’est de l’art !

 

Parce que la base elle veut du mieux... Elle peut pas vivre que de jambon beurre et de beaujolais nouveau. Elle a trop subi d’entortillages à la noix, de lugubres malentendus, de pommades lénifiantes. Elle veut des réponses à la hauteur des promesses. Et vite ! Elle l’hurle au système, par le vote, par la manifestation, par la violence, s’il le faut. Les cœurs aussi finissent par se lasser de battre au diapason des gouvernements qui passent et s’en vont.

 

Alors oui ! Il existe une critique complaisante et une autre, plus venimeuse, qui naît de la déception.

 

Image : Source FreakingNews.com (et un grand merci à David).
Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Pour dire du mal ou du bien - Voir les 2 commentaires - Partager    
Avec un journaliste posté à toutes les intersections de l’infini politique, qui peut encore échapper au formidable tam-tam médiatique de notre omni président ? Infirmières bulgares, matelots de l’arche de Zoé en goguette au Tchad, divorce avec Cécilia, nucléaire iranien, dérapages en direct sur CNN, au Guilvinec, augmentation de salaire, fastes et splendeurs d’un conseil de ministres en Corse, évacuation de pas logés, trains bloqués… Tant de formidables coups de gong scandent si fort le rythme de notre actualité hexagonale qu’on ne perçoit plus grand-chose de la véritable information. Des bribes… A peine… Peu à peu, la réalité s’estompe derrière un paravent d’images sensationnelles, de témoignages poignants, de rumeurs stridulantes, de déclarations sans importance et de faits non vérifiés.
 
Rien n’incite, dans cette dictature de l’instant et du zapping, à prendre du recul sur les 6 premiers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à revenir sur l’espoir qu’il avait suscité, sur les promesses simples et poignantes de l’homme qui psalmodiait « Je dis ce que je ferai et je ferai ce que je dis ». Que sont-elles advenues ces réformes profondes de notre société pour plus de justice, d’équité, de bien être ?
 
Qui se souvient de la réforme des universités, annoncée par François Fillon comme la loi « la plus importante de la mandature» ? La Loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 (JO n° 185 du 11 août 2007, page 13468) relative aux libertés et responsabilités des universités a été adoptée le 1er août 2007 par le Parlement. La principale disposition du texte reposait sur la généralisation de l’autonomie à toutes les universités dans un délai de 5 ans. Seul hic, par crainte d’une mobilisation étudiante à la rentrée, Nicolas Sarkozy fit disparaître du texte de loi les mentions concernant l’introduction d’une sélection entre les cycles et l’autonomie des universités sur les frais d’inscription, principales revendications du camp libéral et pierres angulaires de cette réforme. On a voulu faire plaisir à l’UNEF ?  C'est raté !
 
Qui se souvient de la promesse de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Je cite Nicolas Sarkozy « Je fais mien l’objectif de ne pas remplacer le départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux. La moitié de la productivité ainsi gagnée doit servir à réduire les déficits, l’autre à augmenter le pouvoir d’achat des fonctionnaires ». Et de François Fillon, penaud, annonçant que sur les 70 000 fonctionnaires partant à la retraite en 2008 seuls 22 700 ne seront pas remplacés, en bafouillant bien à propos que le tonitruant « un sur deux » présidentiel était finalement un « objectif de la fin du quinquennat ». Espérons qu’il s’agisse du quinquennat en cours ! Si nous sommes jugés assez matures pour comprendre aujourd’hui qu’une telle mesure exige un certain nombre de restructurations et prend du temps, pourquoi diable, Monsieur Sarkozy, ne pas nous l’avoir dit clairement lors de votre campagne ? Il ne s’agissait donc que d’une simple question de « timing » ? « Dura lex sed Rolex » comme dit le législateur en chef… Acceptons en l’augure !
 
Qui se souvient encore du non catégorique à l’ouverture de négociations avec la Turquie dans le cadre de son adhésion à l’Union Européenne ? De ce « la Turquie n'a pas vocation à être dans l'Union Européenne » claquant à la face des infidèles comme un foc en pleine tempête. Et du virement de bord lof pour lof de l’impayable président Sarkozy, s’adressant aux ambassadeurs de France dès le 27 Août 2007, pour leur signifier qu’il était prêt à renoncer au blocage des négociations. A la plus grande stupeur, certes mâtinée de soulagement, de nos partenaires Européens et (plus vite néo Européens) Turcs. Et pire, puisqu’on apprenait le 14 septembre 2007 (par le Figaro) que le secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, Jean-Pierre Jouyet, avait suggéré, après avoir obtenu le feu vert de l'Élysée, la suppression de l'article 88-5 de la Constitution. Cet article oblige de soumettre à référendum tout futur élargissement de l'Union Européenne. Au cas où ! « Est-ce qu'il y a des opinions, aujourd'hui, il n'y a plus que des intérêts » (Splendeurs et misères des courtisanes, Balzac, 1847).
 
Qui se souvient des promesses sur le service minimum ? Le 24 avril 2007, Nicolas Sarkozy s’engageait à nous « garantir trois heures de transport en continu pour se rendre à son travail en cas de grève et trois heures pour en revenir », promesse soutenue par 74 % des Français, dont 70 % de salariés du secteur public et 51 % d’électeurs communistes. Bigre ! La loi n°2007-1224 du 21 août 2007 « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs » (JO, 22 août 2007, p. 13956) a été adoptée le 2 août 2007 par le Parlement et entrera en vigueur (le mot est probablement un peu fort) au 1er janvier 2008. Elle instaure principalement l'obligation pour les salariés d'indiquer quarante-huit heures à l'avance qu'ils ont l'intention de faire grève. La mise en oeuvre de l'obligation de service minimum aux heures de pointe est laissée aux accords entre syndicats et autorités organisatrices des transports. Si j’en crois les grèves qui foisonnent à la régie des autobus, les impeccables accords sont loin d’être signés et on n’est pas près de voir la couleur du service minimum de 6 heures par jour. Oui, le Vélib a encore de beaux jours devant lui !
Mais peut être verra-t-on François Fillon revenir nous expliquer qu’instaurer un service minimum de 6 heures par jour dans les transports, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, n’est pas techniquement réaliste car cela conduirait les personnels réquisitionnés à bosser plus en temps de grève qu’en temps normal. L’idée me paraît si suave que j’en esquisserais presque un sourire !
 
Certes, restent des entreprises courageuses telles le Grenelle de l’environnement, la fin des régimes spéciaux ou la vente de Rafales aux Marocains. Mais le Grenelle de l’environnement n’a ouvert, pour l’instant, que sur des discussions entre personnes qui ne se parlaient pas jusqu’à lors. On a créé des commissions et on en créera d’autres. On a fait beaucoup d’annonces et on en fera d’autres. Mais quid des mesures concrètes (je ne parle même pas de la taxe carbone, résurgence à peine déguisée de la TVA sociale renvoyée aux calendes grecques) ? Le budget 2008 de la mission Ecologie (un peu plus de 10 milliards d'euros) a été adopté par les députés vendredi 9 novembre. Mais rien sur les moyens de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement, à tel point que la commission des finances du Sénat se dit « préoccupée par l'absence de traduction financière et budgétaire du Grenelle de l'environnement ». Alors ? Un peu plus de contraintes sur les grosses cylindrées, moins de dragsters et de boules de gommes sur nos routes… Rien sur le diesel, lucrative et archi polluante niche française ? On peut se poser la question du « bilan carbone » (14 ?) de ces 4 mois de tables rondes…
Quant à la fin des régimes spéciaux, la mobilisation sociale et les récentes déclarations du mentor présidentiel Henri Guaino sur l’existence de « marges de négociations » font redouter (loin de moi le procès d’intention, on en reparlera) un parfait filage de quenouille syndicale, l’aurore quasi boréale d’une vaste pantalonnade. Et je ne parle même pas du Rafale, ça me gâcherait le couscous… Mais tout cela n’est pas très grave, car au fond les hommes politiques sont toujours sans reproches. C'est un privilège qu'ils ont en commun avec les femmes et le chevalier Bayard.
 
Ah me disais-je ! Il n’y a décidément rien de plus beau à admirer que la régularité métronomique avec laquelle Nicolas Sarkozy enfile les perles de son histoire, si ce n'est l'unanimité de ses cancres étalons de supposés opposants à ne rien proposer, et leur application sans faille à ne jamais s’opposer.
C'est à se demander quels châtiments ont été promis à ces bougres en cas d’insoumission. Sans parler de ceux, nombreux, qui après l'avoir compissé d'outrages pendant des années, ont fini par accepter bassement son aumône. Ah ! Que la franche inimitié, même teintée de perfidie, paraît noble et rafraîchissante en comparaison de tels ralliements. Et que la trahison la plus vile paraît suave et honorable en regard de tels tripotages.
 
Moi même, après un premier mouvement de révolte, je me sens comme hypnotisé par ce grand cobra politique qui ondule à pleines images, du matin au soir sur tous les médias. Les occasions de vraie mélancolie sont si rares aujourd’hui. C’est à peine si je peux me souvenir des circonstances exactes qui ont entouré l’élection inouïe de cet homme venu nous secourir très utilement, un certain jour de mai 2007. Il habitait alors sa fonction avec la rage du matelot qui s’active au service des pompes sur un navire exposé au péril de la mer. « Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne me déroberai pas, je vous demande votre confiance pour qu'ensemble tout devienne possible » (j'ai recopié la phrase parce qu'elle me pénètre de consolation mieux que cent baumes du Tigre et la lecture d’une année de Charlie Hebdo réunis). Cet homme là semble avoir bel et bien disparu dans les profondeurs de l’océan politique, happé par cette exigence de « realpolitik » qu’il se faisait si fort de contourner. Il a cédé sa place à une marionnette sur vitaminée qui agite ses ficelles à la une des gazettes, tête de gondole des plateaux télévisés, des JT, des 20H, des déjeuners chez les Bush… Véloce comme cent guépards, cabrioleur d’une estrade l’autre, agile comme mouflon, mais plus prompt à s’emporter…
 

Désormais, l’actualité est devenue fiction, kaléidoscope d’émotions, peur, joie, tristesse, colère, compassion… Un grand barnum impeccablement mis en scène autour du même personnage central, Nicolas Sarkozy. Derrière lui Henri Guaino, mystagogue et grand prêtre des symboles, brandit les signes et met l’émotion « à la portée des caniches ». Au bout de la laisse présidentielle, la presse, soumise ou démise… Canards laquais (et même pas pékinois)… Puis Claude Guéant, Mazarin et grand inquisiteur, pour arbitrer et faire respecter l’ordre dans la confrérie. Et les autres, l’évêque Fillon en tête, et ses ouailles… Les fidèles prédicateurs de la première heure… Trépignants corybantes de l'UMP… Paritaires prêtresses fardées et saboulées comme poupées Barbie... Guignes ! Et les autres encore, derrière…. Les ralliés tardifs et de tous bords… Talapoins du Siam socialiste… Marabouts du modem... Lévites et muftis… Moines maraudeurs, derviches tourneurs de toutes vestes, gyrovagues sortis du néant politique... Et mille… Et cent mille prestolets, curaillons… Toujours plus nombreux ! Pour alimenter les grand-messes, les commissions, les « hautes autorités », les Grenelles… A en déraciner des Himalayas entiers... Quelle ratichonnière ! Quelle liturgie ! Et nous ? Et la rupture ? Bordel !

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De retour du Tchad où il s'est mouillé jusqu'au cou pour librer nos otages, il se jette à l'eau au Guilvinec avant de s'envoler pour le pays des cow-boys Marlboro... Mais comment fait-il ? En exclu, il nous a livré son secret !

  

 

Espérons pour lui qu'il ne nous mette pas un jour dans la mouise !

Source Stringer / Reuters

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