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Amour Spaghettis Musique et Cosmoparticules

 

 

 

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Avant de lire

De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

Hier, j’ai été manger des spaghettis aux vongoles chez Denise. J'aime Denise et en plus elle est sympa ! Quand elle fait la cuisine elle écoute « Mika », « The good, The Bad and The queen » et « The shins ».

Dans un grand wok, elle fait dorer l'ail, une échalote ciselée et le persil dans un fond d’huile d’olive, elle ajoute quelques tomates concassées, un peu de vin blanc et les vongoles. Au fur et à mesure qu’elles s’ouvrent, je l’aide à débarrasser les vongoles de leurs coquilles et on les met avec leur jus dans une assiette creuse. On n’en laisse que quelques unes entières dans le wok.

Elle me sourit. On boit un verre de Viognier en apéro. Une buée parfumée monte de la cuisine. Je regarde ses grands yeux verts. Dehors il pleut. Elle est belle …

Elle jette les spaghettis dans la grande casserole d’eau bouillante (les pâtes, c'est comme Denise et moi, ça a besoin d’espace). J’aime la regarder quand son corps se tend au dessus de la casserole pour libérer délicatement les pâtes avec une spatule de bois. J’aime sa nuque, son dos, ses reins, ses fesses et ses jambes… Et les Shins…

On termine notre verre. Je lui dis qu’un jour il faudrait qu’elle refasse sa vie. Les pâtes sont prêtes, "al dente", elles les passe sous l’eau claire (ça élimine l’amidon) et les égoutte rapidement, puis elle les verse dans le wok avec la sauce.

Je mets le couvert. Les Shins susurrent doucement sur la chaîne hi fi. J’ouvre une bouteille de Chardonnay Trentino « I Piovi ».

Elle fait sauter le tout à feu vif quelques instants, puis hors du feu elle ajoute un trait d’huile d’olive, du persil plat, un petit piment haché fin et les vongoles décortiquées, le sel, le poivre.

Elle me sourit toujours. On passe à table. Elle s’assied, je la sert, le vin … Les pâtes. A la pendule de mon désir, il est midi …

On mange, c’est délicieux. On parle de tout et de rien. Je lui demande si elle a entendu parler de ce complot fomenté par des extra-terrestres qui auraient pris contact avec la CIA, par l’intermédiaire de Roch Voisine… Elle me dit que non. Je lui réponds que c’est normal que personne soit au courant, et que c’est précisément la preuve qu’il y a bien un complot…

Ça la fait rire. Moi j'aime voir ses dents blanches sous ses lèvres encore humides du Chardonnay… Un ange... Pour un peu j’avale les coquilles. On écoute Mika, "Relax, take it easy"...

Le repas se termine … Avec un bout de pain, on se bat pour les dernières gouttes de jus au fond du wok. Nos mains se frôlent au bout des mouillettes. Un café. Un dernier verre de vin sur les papilles encore tièdies par le café sucré. La mémoire du bonheur…

Elle me dit qu’elle doit repartir au travail. On s’embrasse. On se dit à la prochaine. Je lui ai rien avoué de mon amour …

Comme hier, comme avant hier … Un jour, peut être... Alors demain, et puis demain et puis encore demain, je reviendrai goûter les vongoles à Denise !

Relax ! Take it easy ... 

Publié dans : Amour, gloire et spaghettis - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Les « réseaux sociaux », ou plus simplement les communautés d'internautes ont le choix entre deux modèles économiques, soit ils répondent à un véritable besoin et ils sont payants, soit ils sont financés par la publicité. Avec plus de 94% de ses revenus issus des abonnements et un parcours financier brillant, Meetic, leader européen de la rencontre en ligne le prouve : le désordre amoureux est une frustration solvable.
 
 
 
En parcourant la presse financière, je lis que « le site de rencontre en ligne Meetic (FR0004063097 – code MEET) enregistre une progression soutenue de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2007 (+ 59%), après une excellente année 2006 qui a vu ses revenus croître de 83% et le nombre de ses abonnés de 90%. La communauté financière conseille d’acheter la valeur ».
 
 
Bigre ! Un chiffre d’affaires qui fait boum ! Un résultat qui vire au rose bonbon et des actionnaires qui grimpent au septième ciel.
 
D’autant plus incongru que depuis cette année le nouveau Meetic version Web 2.0 oblige les femmes à payer pour courtiser et se faire courtiser en ligne. Une rupture avec le modèle économique originel qui laissait la gent féminine participer librement et gracieusement à l’aventure et ainsi servir d'appât aux hordes de mâles avides d’accouplements fougueux qui, submergés d'effluves de phéromones numériques, n'avaient d'autre choix que sortir leur carte bleue et s'abonner. Que n’avait-on pas entendu à ce sujet ! Que de Cassandres unanimes à prédire une vague de désertion féminine ne laissant sous le pavé numérique de nos claviers qu’une plage de « sumos, moches, désespérées, mal baisées et/ou déséquilibrées », provoquant la panique des crabes de cocotiers et l’effondrement des profits. Cataractes d’inepties et de jugements hâtifs !
 
Le nouveau slogan de Meetic le clame : « Les règles du jeu ont changé ». Fini le temps où le mâle en rut coursait la fragile créature de ses vœux, fourche en main, jusqu’à la première meule de foin. Les femmes ont pris le pouvoir. Meetic, c’est la revanche d’Eve, offrant à Adam l’Apple qui lui permettra de la retrouver au paradis des galipettes à haut débit. Au risque de l’effrayer ? N’ayez crainte Mesdames, chassez le naturel, il reviendra en mode payant et en vidéo (au format « bête à cam » ?) dans une version 2.0 de l’éternelle parade amoureuse. Un philtre ADSL en prélude à toutes les ivresses ! L’amour en Open Source… Quand le « chat » fonctionne, les souris dansent. L’égalité des sexes ? Pas sûr… Tout au plus la possibilité pour les femmes de se comporter… aussi lourdement que certains rustauds.
 
Reste pour moi une énigme absolue, un des secrets les plus arcanes de notre société. Baba j’en suis… Avec une question qui me lamine jusqu’au tréfonds du dernier neurone : Comment Meetic fait-il pour augmenter continûment le nombre de ses abonnés, alors que son unique et noble vocation (celle qu’il affiche) est d’aider de purs célibataires à trouver l’âme soeur ? Ce qui devrait logiquement éroder chaque jour un peu plus le nombre de membres de sa communauté…
 
Mais vous me connaissez, et ces urbains mystères sont bientôt profanés par d’ardents reporters. Sans trembler ils prendront, des clichés explicites, de manifestations agencées par ce site.
 
Le premier a été réalisé lors de la réunion à Bercy de stéréotypes Meeticiens, hommes frustes se nourrissant de menus mensonges et de sexe (ou vice versa). Ndlr : l’affluence du palais Omnisports rendant l’accès difficile à nos équipes, la photo a été prise à l’extérieur.
 
 
 
 
La seconde photo a été prise en plein congrès des Meeticiennes intelligentes, belles, drôles, douces, compréhensives et sensuelles.
 
 
 
 
 
Les clichés ont l’avis dur ! Quel contraste éclairant ! Un doute m’assaille… Meetic serait-t-il donc devenu un nid d’abonnés caractérisés par une quête frénétique de relations furtives et par une tendance névrotique à se dépeindre (âge, taille, poids, situation familiale, revenus ou profession, objectifs de vie) sous un jour sensiblement plus avantageux que la (cruelle) réalité ne les y autoriserait ?
 
Moi qui fus jadis pion de cet échiquier, fou de ses moindres diagonales et le temps de quelques joyeuses Netscapades… l’amant de Lady Firefox, j’abomine à la vue des images, je me flagelle ! L’émotion me submerge et la cataplexie me guette ! Mamelouks et Bachi-bouzouks ! Si je ne me repentis pas séant d’avoir séduit quelque odalisque, je veux bien que le grand turc m’enterre candide… Mille cimeterres ! Qu’il m’enturbanne sultan et bien con dans les plis de l’indignation des masses bien pensantes… Vaurien libertin !
 
Sérieux ! Sûr qu’à ce rythme, le fonds de commerce n’est pas prêt de se tarir. En deux flashes l’abcès est percé… A présent, le jus de l’évidence coule, un glaire épais… Deux mille huîtres ! Je comprends subitement les recommandations hautement favorables d’éminents analystes financiers, unanimes à placer l’action Meetic au firmament des étoiles boursières et à lui conférer une place privilégiée, à la droite de L’Oréal et d’Air Liquide, au panthéon des valeurs dites de « fonds de portefeuille » ou si vous préférez… de « pères de famille ». Du parfait nougat ! Aucun souci… Y a encore montagnes de talbins à glaner dans cette aventure.
 
Mais ne craignez rien, l’être romantique que je suis, ne vous abandonnera pas pantelant(e) au seuil lugubre et glacé de ce billet, perverti(e) par d’abjectes considérations financières… Livré(e) transi(e) aux ravages d’un impérialisme capitaliste aussi libidineux que cynique.
 
Pour preuve, je vous laisse avec Baudelaire et Bossuet. Baudelaire qui évoquait déjà Meetic en ces termes fort prémonitoires « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxure, calme et volupté ». Et Bossuet qui écrivait plus de 3 siècles avant l’invention du téléphone portable, de la photographie numérique et des sites de rencontres « C'est dans la vocation qui nous prévient et dans la persévérance finale qui nous couronne, que la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et toute pure ». Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans (1670).
 
La voilà bien la rédemption de nos âmes Meeticiennes repues de luxure et de stupre…Alléluia ! Les temps sont venus pour chacun d’entre nous d’emprunter les voies jésuites de la licence globale… On aime et sème sur les messageries instantanées du désir et on s’unit pour le meilleur et pour le… PireToPire. Mais qu’il est doux de relire Bossuet, l’évêque de Meaux (sans « dem » celui là) à une époque où un accès ralenti à Internet est aussi pénalisant qu’un abcès dentaire en Transylvanie au XVème siècle. « Madame se meurt, Madame est morte... »… Sacré Bossuet… Il ne possédait pas la clé USB du paradis mais quelle modernité !
Publié dans : Meetic, vos mères et moi - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
On devait avancer sur le réchauffement climatique, sur l’Afrique, le développement durable, la réduction des inégalités et la paix dans le monde. On devait ! Mais au hammam d’Heiligendamm, après un copieux massage aux 8 huiles essentielles, on n’a eu droit qu’à un gommage tout en douceur des problèmes de la planète, suivi d’une bonne douche glacée.
 
Depuis Rio en 1992, Johannesburg, Doha, Kyoto, Montréal cela fait 15 ans qu’on discute, suppute, argumente, bataille, expertise, théorise, ajourne, contre expertise, contre argumente, atermoie, sursoit, procrastine et lanterne. Une fois de plus, le dernier sommet a accouché d’une souris, vagues aspirations, accords tièdes, salades de mots creux, pas d’objectif chiffré, global, aucun agenda de mise en œuvre, aucun détail sur les modalités… Le degré zéro du réchauffement de l’âme. Le grand dam d'Heiligendamm !
 
Concernant le réchauffement climatique, George Bush a finit par accepter l’idée d’une « réduction des émissions de CO2 d'ici à 2050 à 50% de leur niveau de 1990 ». Avant d’y engager un pays qu’il ne gouvernera plus en 2008, il propose d’inviter les 15 plus grands pays pollueurs de la planète pour discuter d'un « nouveau cadre de travail international » en … 2008. Vivement le changement d’administration américaine ! On est convenus d’ouvrir à Bali une nouvelle conférence, une de plus, pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, mort en couches.
 
On continuera donc à négocier, à s'emberlificoter minutieusement par examens successifs de résolutions toujours plus caduques, par combinaisons impeccables de conférences en série. Et comme le CO2 persiste près de 2 siècles dans l'atmosphère, presque le temps d’apprendre le chinois à un béret basque, les effets de nos rejets actuels sur nos futurs rejetons ne sont pas près de disparaître. Reste la solution scientifique, le précis, l’ingénieux, le vélo solaire 12 volts ampères en libre service, le phytoplancton aspirateur de carbone à fond d’océans, les lunettes de soleil célestes, le vilebrequin titane à biodiesel mi pétrole mi ricin, la bagnole à Plasmatron et catalyseur absorbeur de Nox… Mille soupapes inoxydables ! La rédemption par la technologie. Mots et merveilles. Amen !
 
Concernant l’aide aux pays pauvres, en 2005, à Gleneagles, le G8 avait promis « d'annuler la dette multilatérale de 18 pays les plus démunis et de doubler son aide au développement pour l'Afrique, en la portant à 50 milliards de dollars par an, en 2010 ». Enjeu vital, car les vrais problèmes viennent de l'injustice de la pauvreté dans le monde. Et sans solidarité, toute notre science, nos mirifiques progrès n’y pourront rien changer. La première promesse a été tenue. Pas la seconde. Selon John Page, le chef économiste de la Banque mondiale, « à l'exception de la réduction de la dette, les pays africains n'ont pas concrétisé les avantages promis au sommet du G8 de 2005 ». Sur les 50 milliards promis, on atteint péniblement 35 et on cumule déjà un retard de 30 milliards. Une fois de plus l’Afrique a été lâchée. Comment y arriver aux 50 milliards ? Il suffirait d’ajouter un dollar par habitant et par semaine au 1,70 dollar déjà versés par les habitants des pays les plus riches. 50 milliards c’est à peine 0,15 % de la richesse cumulée des pays du G8 ! Ce n’est pas le bout du monde pour le monde… au bout du rouleau.
 
Ensuite ? La proposition française d'attendre six mois avant de se prononcer sur le statut du Kosovo n'a pas été adoptée par le G8. Poutine n’a même pas daigné donner son avis. On va donc droit à un veto de la Russie à l’ONU, sur l’indépendance du Kosovo. Fin de non recevoir de la suggestion de « corridors humanitaires » au Darfour, effroyable alambic de toutes les exactions. Des populations entières, otages du gouvernement Soudanais, hommes, femmes, enfants, maintenus sous chape abominable d’horreur, affamés, violés, massacrés, cadavres à chaux le long des pistes, décomposés au fond des puits souillés, ensevelis sous mortier effroyable d’indifférence, aux portes d’une civilisation apathique, démissionnaire, comme résignée à contempler le sordide, musette au bal des cadavres.
 
Et pour mieux travestir ce banquet atroce du G8, on a ressorti les vieux spectres de la guerre froide, les bisbilles Bush Poutine au sujet du projet de déploiement par les USA d’un bouclier anti-missiles en Europe de l’Est. Ah qu’ils la regrettent, nos brillants dirigeants, cette fameuse époque du grand guignol… L’affrontement américano-soviétique, la grande mayonnaise à l’huile d’ogive. Ces années bénies où la fabuleuse et providentielle menace d’un conflit nucléaire entre super puissances suffisait à cristalliser toutes les peurs, drainer toutes les haines, détourner l’attention du bon peuple des vrais problèmes de la planète. Affolés par les discours et les gesticulations, terrorisés par épouvantables médias, abrutis par Hollywood, on se préoccupait plus que du Russe, tous Folamour, obnubilés par l’atome popov, gavés de silos nucléovitchs, hallucinés du champignon fatal et du réchauffement final. En nous remettant une dose de guerre froide, plus la crainte des missiles que celle des gaz et une pincée de trouille du grand méchant russe dans la bouillie médiatique quotidienne, on espère nous faire passer  l’ignominie d'Heiligendamm pour une avancée. Les mêmes vieilles recettes.
 
Reste une question, inévitable : qu’est ce que le G8 ? Un obscur club ultra privé, réservé à une infime minorité de privilégiés avides à consommer toujours plus de ressources planétaires que la part relative qui leur revient pour ne laisser derrière eux qu’un sillage toujours plus large de déchets, de pollution et de rancoeurs ? Doit-on continuer ainsi ?
 
Mais que les pauvres, les déshérités, les maudits de la terre se rassurent. On continuera à leur envoyer les belles images, le ragoûtant spectacle de tous nos égoïsmes. Derrière l’effroyable miroir de leur misère, toujours plus profonde, grâce à la toute puissance communicante, ils pourront toujours admirer l'émerveillante beauté de nos aisances, notre mirifique et si noble mode de vie occidental… Vanté, étalé, diffusé à pleins faisceaux hertziens, relayé par mille satellites, vomi direct par floraisons de bouquets numériques, magnifié jusqu’aux tréfonds de leurs impasses, de la boue du plus misérable ghetto, des favelas aux fanges de leurs taudis et de leurs bidonvilles. Jusqu’aux fosses communes ! A fond de cloaques !
 
Qu’ils lippent tout, bavent, s’extasient, se pâment, s’obsessionnent, glorifient, délirent, fulminent. Au bout de l’extase, on leur fabriquera une âme de riche, par la télévision, le marketing, le porno chic, le jeu, l’alcool… La peur et la destruction, aussi, s’il le faut. On vendra leur jeunesse à MacDo Cola, à Nike, à mille régies publicitaires googuenardes, l’ordinateur et la console à 100 euros, à la toile, à Pétroleum, dégoulinants de clicks, overclockés à terra-hertzs, pixélisés, boulimiques de précieux gadgets, assoiffés de délicats miracles à l’occidentale, gorgés d’idéaux numériques, fertiles à saint dollar… Et toujours plus spoliés, frustrés, à désirer toutes les bassesses, les guerres… A espérer des orages, à convoiter toutes les ignominies pour se dépêtrer d’une condition qui devient de moins en moins humaine.
 
Mais tranquillisons nous. Halte aux visions d’épouvante ! Par chez nous, tant que le petit noir atteint pas dix euros, que le litre de super continue à glouglouter gentiment à la pompe, qu’on a pas grillé nos douze points de permis, que la française des jeux fournit encore un peu de grilles à gratter l’imagination mollassique de la communauté repue de la française des « je », on dira rien, on continuera à s’apitoyer gentiment au 20H, à consommer convulsivement, à polluer furieusement. Là, las, à attendre, résignés, sans révolte… On ne verra bientôt plus à l’horizon climatique que l'herbe qui verdoie. De moins en moins ! Et à l’horizon humanitaire que le G8 qui louvoie et saupoudroie. Et que l’africain qui mouroie. De plus en plus !
Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Il y a des semaines comme ça. Des semaines de ruptures. Avant le second tour des élections, c’était calme. Et puis ça a commencé brutalement, dimanche, un orage médiatique qui craque, puis lundi, un ministre qui démissionne, un premier secrétaire qui s’accroche, et un livre, mercredi. Jusqu’où ?
 
Dimanche, on a eu droit à une soirée exaltante. Le résultat des législatives ? Meuh non ! La composition de la chambre des 577 députés qui nous gouverneront 5 années ? Non plus ! Ca, tout le monde s’en fout énormément. La composition de la chambre conjugale du couple Royal-Hollande. La voilà l’info de la soirée, la bombe, le champignon vénéneux en intraveineuse, plein débat électoral, Hiroshima sur la une, le désordre injuste, la salmonelle en direct sur tous plateaux télé. Vous me direz : tant que ça reste des histoires de chambre.
 
Dimanche donc, peu avant 22H30, la nouvelle de la séparation des amants du PS tombe. Jeanne d’Arc est aux manettes, elle a tout organisé, prévu, planifié. Soit disant, il y avait des fuites, ça pouvait pas attendre le lendemain. On a pensé à protéger les enfants. Ben voyons ! Alors elle tranche, elle largue à Melle. Ca tombe bien, en pic d’audience. On parlait plus trop d’elle sur les plateaux télé et la vengeance est un plat qui se mange… médiatique. Marie Ségolène, c’est la France qui persévère, un peu comme Dominique Voynet (oui je sais, c’est un peu ardu). On la jette par l’urne, elle revient par la lucarne. Le bouté, François, est aux abris, vasistas clos, prudent. Ses collègues moins… En première ligne, sur toutes les chaînes, pris au dépourvu, ils ont pas vu le grain venir, même pas le temps de prendre un riz, ébaubis puis encalminés en eaux grasses, butés dans la motte à purin, refroidis à fond de remblai. Quelle rigolade en direct… Merci Ségo Marx !
 
Certes, c’est formulé en termes édulcorés, on croirait de la rancœur de synthèse, de l’aspartame de dépit amoureux « J'ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d'être heureux ». L’édit de Melle, version Flaubert, pas Zola. On connaissait l’appel du 18 juin, à présent on a le râteau du 17. Quand la littérature croise la grande Histoire…
 
Au passage, on peut apprécier le « désormais étalée dans les livres et les journaux ». On comprend pas bien si elle parle de l’« histoire » ou d’elle. Surtout quand on sait que Ségolène Royal avait réservé la primeur de ses déclarations aux journalistes de l’AFP, Christine Courcol et Thierry Masure, pour leur livre « Les coulisses d’une défaite », dans lequel elle impute une liaison à son premier secrétaire de compagnon. Alors que dans le même temps, elle et François Hollande ont réclamé par voie de justice 150.000 euros aux auteurs du livre « La femme fatale », évoquant, entre autres joyeusetés… la même supposée relation extraconjugale. En France, l’important c’est pas ce qu’on publie mais où et quand c’est publié. Tout est dans la discrétion d’approche, la malveillance monnayée, organisée, estampillée AFP, la délation sincère avec fifres légers, sourires de classe, tailleur Chanel et brushings soyeux. Les frasques on en fait des fresques. Et bien sûr du frisque ! Parce que jouer avec les droits d’auteure de la madone, divulguer ses auto-ragotages avant l’heure, laminer ses sublimes tirages, c’est proprement impensable, pire staphylocoque doré que cocufiage mondain, impétigo social, anthrax même pas imaginable…
 
Le premier secrétaire du PS et plus vite néo SDF n’a pas voulu s’étendre sur le sujet. En avait-il perdu l’habitude ? Comme il l’a confié aux journalistes « J’ai toujours veillé à séparer la vie privée de la vie politique. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire ». C’est vrai qu’il séparait la vie privée de la vie politique. La preuve ? Il aurait délaissé Ségolène pour une journaliste. Quel tact ! Si c’est pas des façons de gentleman, des paraboliques infinies de savoir-vivre, de la fine arabesque…
 
Mais quel grand seigneur ce François. Crucifié lisse, raide à sa croix, sans la moindre rebuffade… Maginot sur toute la ligne ! A croire qu’il était vraiment soulagé et/ou pressé d’aller revoir sa Normandie (pour le vrai prénom, je vous recommande les hautes lectures dictées par Marie Ségolène ; je fournis que les rimes, et bien pauvres). Elle le châtie… Lui châtie sa langue ! Moi à sa place, j’aurais pas hésité une seconde. Je me connais ! Véhément comme je suis, j’y aurais missilé recta une dépêche AFP à la madone, par retour de service gagnant le long de la ligne de flottaison, voire un peu dessous, façon Roger Federer, un parpaing du style « J'ai demandé à Ségolène Royal de quitter le PS, de vivre sa carrière politique de son côté, désormais étalée dans les instituts de sondages, et je lui ai souhaité d'être élue ». 15A, balles neuves !
 
Au lieu de ça, il fait profil bas, il s’hermétise, s’occulte, coagule sa rage. Elle, au contraire, s’épanche, fielleuse, pousse les feux, attise tous les incendies. Il n’est même pas cicatrisé qu’elle l’entreprend sous toutes coutures, le dépèce à vif, sans anesthésie, sanguinolent, membre après membre. Elle le propulse Titanic sur d’atroces icebergs ! Elle veut l’envoyer congeler vingt mille lieux sous les glaces. Pas moins ! Elle se perd en ordonnances royales (de juillet ?). En plus de le bouter hors domicile conjugal, dans la foulée, elle veut prendre sa place de premier secrétaire du PS ! Qu’il redevienne militant de base quai de Valmy, cheville ouvrière, en coutil rugueux, grelot sous la tente. Séparé du pouvoir, de l’état et privé d’oxygène, aujourd’hui, demain, puis demain et puis encore demain, jusqu'à la dernière syllabe du registre des temps… Lady Macbeth réincarnée !
 
Mais là où ça risque d’être coton, c’est que François, c’est pas une chenille politique, c’est ni la moitié d’un cocon ni Duncan, c’est féroce animal, et bien bourrique quand nécessaire. On lui impose la rénovation du PS ? Lui répond « Je maintiendrai ». Sous entendu « moi ». Devise royale et de Hollande ! Vous pouvez vérifier, c’est gravé en toutes lettres sur les armoiries du royaume des Coups Pays-Bas. D’ici à ce qu’il négocie la présidence de la commission des finances avec l’homme qui dit qu’il va faire ce qu’il a dit qu’il allait faire (on peut continuer à l’infini pour ceux que ça amuse)… Parce que question ruptures tranquilles, ces deux là, il est incontestable que les événements les ont rapprochés. De là à organiser un échange Cécilia Ségolène, un Grenelle de la désintégration conjugale visant à envoyer les deux reines en congé sabbatique sur le Paloma…
 
Et pendant ce temps, autre rupture, on perd Alain « meilleur d'entre nous », notre Cyrano de pas très loin de Bergerac, ex ministre d’état, dépité à vie et maire pour plus très longtemps. Il est muté au ministère de la défaite électorale durable. A présent, plus Vert que lui, on peut pas trouver ! Le pauvre, il va de Carignon (alias « prison break ») en Scylla. Pour s’occuper, il va finir par faire des courses de côtes avec le paysan du Béarn, 4X4 contre tracteur.
 
Quant au Grenelle de l’envie de ronronnement, il attendra octobre. Le temps que Nicolas Hulot finisse son tournage pour TF1, que Bernard Laporte termine sa coupe du monde pour la Société Générale et que Jean Louis La Gaffe déménage de Bercy à Grenelle, si possible en abandonnant ses idées de planter de l’hévéa social à tout bout de champ politique. En octobre, Nicolas et Pimprenelle s’occuperont de l’environnement. On va pas s’endormir... Juré ! Croix de bois, croix de fer, si je mens qu’on me déferre au tribunal de Nanterre. On négociera ni le nucléaire, ni les OGM, ni les acides de Rhône Poulenc. Et pour le reste on cultivera tout tiède, sous serre MEDEF et ses effets, après les canicules médiatiques, à l’ombre de la rentrée sociale. Y va y avoir du sport… Mais tout le monde doit rester tranquille.
 
Que voulez vous ? C’est la saison des ruptures. Cette année, même Airbus a vendu des avions au Bourget. C’est dire ! Certes, il reste encore à les fabriquer et à les livrer… Et c’est une autre paire de manches (à air). Mais on peut toujours rêver. Croisons les doigts. Aide toi Airbus, l’aiguilleur du ciel t’aidera !
 
Bon, je dois vous laisser. C’est que moi aussi j’ai des anévrismes et une semaine sexuelle, sentimentale, politique et aérienne à assumer. C’est pas simple... Et quand on voit toutes ces ruptures, tranquilles ou pas, c’en est même effrayant.
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