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Amour Spaghettis Musique et Cosmoparticules

 

 

 

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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

Il y a quelque chose d’exaltant et de merveilleux dans l'idée que la comédie et l’humour puissent être utilisés pour combattre de vraies tragédies humaines, l’injustice sociale, la pauvreté ou la souffrance dans le monde. Le « Comic Relief » (secours par le rire) nous montre ce chemin à l’image de notre national Clowns sans frontières. Pierre Desproges disait que « l’on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Comic Relief nous montre que l’on peut également « rire pour tous »... Le seul billet sérieux et solidaire de ce blog.
 
Comic Relief. Comic Relief est une organisation caritative anglaise, une ONG apolitique crée en 1985. Comic Relief se bat pour une plus grande justice sociale, contre la réduction des inégalités et la pauvreté dans le monde, essentiellement sur le continent Africain, l’Asie du sud Est et l’Amérique latine. Les rôles de Comic Relief sont d’une part collecter des fonds puis les répartir sous forme de subventions entre diverses organisations caritatives, et d’autre part informer, sensibiliser et éduquer les citoyens sur les problèmes des populations défavorisées.
 
Une approche originale. Comic Relief utilise exclusivement le rire, la comédie et la dérision pour faire passer ses messages. L’organisation a été crée par des artistes. Au fil des années plus de 2 000 saltimbanques, comédiens, comiques ou musiciens ont prêté leur concours à cette oeuvre, de Lenny Henry, Billy Connolly, John Cleese et Jerry Springer à Johnny Depp, Ali G, Davina McCall, Robbie Williams, Steve Coogan, Paul Whitehouse, Whoopi Goldberg ou Woody Allen.
 
Le Red Nose Day. Une année sur deux Comic Relief organise le Red Nose Day, (la journée du nez rouge), une sorte de Téléthon burlesque présenté sur la chaîne de télévision anglaise BBC One. Au cours de cette journée chaque citoyen Anglais, célèbre ou anonyme, est invité à oublier ses inhibitions, à mettre un nez rouge (acheté à Comic Relief), à se déguiser en clown et à faire une pitrerie, ou quoi que ce soit de drôle pour recueillir des fonds. Le dernier Red Nose Day a eu lieu le 16 mars 2007. Il a rapporté 93 millions d’Euros (au 23 mai 2007).
 
Un bilan très positif. Depuis sa création en 1985, Comic Relief a récolté plus de 624 millions d’Euros, notamment autour de 10 Red Nose Days et 3 Sport Relief days (équivalent du précédent sur le thème du sport). Les fonds collectés sont répartis entre diverses organisations caritatives de terrain, rigoureusement sélectionnées par Comic Relief. Sans oublier les « petites » organisations qui n’ont pas toujours les moyens de collecter des fonds ou simplement d’assurer leur promotion auprès du grand public. 
 
Show must go on.
La chanson phare du dernier Red Nose Day a figuré longtemps à la première place du hit parade anglais des ventes de singles en Angleterre (le profit en est intégralement reversé aux oeuvres humanitaires). Il s’agit d’une reprise d’une chanson des « Proclaimers », figures écossaises de la pop des années 80, « (I'm Gonna Be) 500 Miles ». Elle est interprétée par les faux handicapés, Brian Potter (alias Peter Kay, comédien et humoriste anglais, animateur des « Phoenix nights ») et Andy Pipkin (alias Matt Lucas comédien de la série satirique anglaise « Little Britain »), et par les vrais « The Proclaimers » qui ont prêté leurs concours pour l’occasion.
 
Des centaines de vidéos du clip sont disponibles en ligne, notamment sur Youtube et Dailymotion.
 
Certains pourraient trouver déplacée une telle mise en scène de l’infirmité, au nom d’une vision certes typiquement British de l’humour. Trouver indécent la manifestation de joies exprimées par une poignée de richissimes personnages et autres vedettes britanniques du show-biz au motif qu’ils contribuent à hauteur de dizaines ou centaines de milliers d’Euros. Je me suis posé ces questions. Et à ceux là je répondrai que refuser de donner 20, 30 ou 50 Euros, une fois dans l’année et pour une cause juste, me semble en vérité bien plus indécent.
 
Amateurs de musique, vous apprécierez ce clip… De Miles Davis ou Charlie Parker à « Rage against the machine »… De Jelly Roll Morton à Rostropovich, Eminem ou « 50 cents »… De « Papa Pingouin » aux « White Stripes ». Des Beatles à Léo Ferré, Brel ou Brassens… De « Tokyo Hotel » et  André Rieu à Bob Dylan… Que vous soyez fans de Bach Mozart et Liszt ou des Wampas… Nul doute que cette hymne ralliera le plus grand nombre car c’est la chanson du coeur.
 
Donner.
Le site où vous pouvez faire vos dons, y compris hors de la journée du Red Nose Day.
Si vous préférez une ONG Française, donnez à Clowns sans frontières.
Nous donnons ici l’adresse du site Red Nose Day / Paypal, mieux adapté pour les dons effectués depuis la France (le paiement en Euro est possible) que le propre site de l’organisation (paiement en livres uniquement). La sécurité des paiements en ligne est assurée et la destination des dons est évidemment garantie et rigoureusement identique dans les deux cas.
A moins que vous ne payiez des impôts au UK, ne cochez pas la case « Gift Aid ». Elle permet à Comic Relief de récupérer l’équivalent de la réduction d’impôt auprès des services fiscaux anglais. Si un contribuable anglais donne 10 et coche la case, Comic Relief récolte 10 + 2.8 (des services fiscaux) soit 12.8. Ce qui s’appelle « tirer par le haut ». Au passage, ces britanniques ont parfois des pratiques intelligentes, non ?
 
Pour en savoir plus. Quelques liens utiles :
Publié dans : Amour, gloire et spaghettis - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Consortium Airbus in caelum ferre. Après avoir porté Airbus aux nues, les récents déboires de l’A380 ont alimenté bien des discussions de comptoir. Parce que la solidarité peut aussi s’exprimer par la dérision, l’humour (y compris noir) et pour ceux que la fréquentation des caboulots rebute, voici un résumé de quelques réflexions tenues… sur le zinc.
 
Les USA ont le Northrop B2 Spirit, le fameux bombardier stratégique furtif, une gigantesque aile volante invisible aux radars. En France, il n’y aucune raison d’être jaloux. Nous avons également un avion furtif… L’Airbus A380, long courrier bloqué en aéro-poste restante et très gros porteur de désillusions. Avec deux ans de retard de livraison pour un projet démarré en 1993, c’est l’avion qui peut se vanter de posséder le plus long rayon d’inaction au monde. Depuis le printemps 2005 et sa présentation au salon du Bourgeon, avec pertes et tracas, on n’a pas encore vu la queue d’un vol commercial…. Que des photos et des vols d’essais. Deux ans qu’on va à la pêche à l’avion de ligne… Et qu’on revient bredouilles !
 
Selon « Le monde », les retards de l'Airbus A380 généreront 2,8 milliards d'Euro de pertes. La rentabilité ne serait atteinte qu'en 2010. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a de la turbulence au décollage commercial. Un seul appareil sera livré fin 2007, à peine 13 livraisons prévues en 2008. Ca fait planer des doutes. Fedex qui annule sa commande de 10 exemplaires (plus 10 options) au profit de Boeing. Que de trous d’air ! On ne va tout de même pas garder sa ceinture attachée jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil.
 
La direction a réagi avec le plan « Power 8 », un programme de réduction des coûts visant à économiser 2 milliards d'Euro par an à partir de 2010, avec entre 10 000 à 12 000 emplois menacés à la clé ! Mais c’est pas véritablement un programme de vol… De l’avion, ça fait entrevoir que le  train d’équarrissage et la dérive… Et puis, « Power 8 »… Franchement ! Baptiser un programme qui taille dans les effectifs d’un nom de lame de rasoir… Avouez que ce n’est pas très finaud ! Pendant qu’on y est, Gillette n’a plus qu’à donner à ses rasoirs des noms empruntés au domaine aéronautique, du genre « Mach 2 » ou « Mach 3 ». Et le looping sera bouclé ! Franchement, ça fait désordre.
 
10 000 à 12 000 emplois, dont 4 300 environ en France. J’en entends certains qui protestent : ce ne sont pas des licenciements secs, rien que des non renouvellements de CDD. Ouf ! On respire mieux. Du moment qu’on met que des pauvres intérimaires et des sous-traitants à la porte, la morale est sauve ! Ils n’étaient pas naïfs au point d’espérer décrocher un jour leur CDI dans un fleuron des entreprises Françaises. Comme disait Frédéric Dard « Si tous les cons volaient, il ferait nuit ». Pour une compagnie qui n’arrive pas à livrer ses avions à l’heure et craint de ne pas pouvoir recruter le surcroît d’ingénieurs et de techniciens dont elle va avoir besoin dans les 20 années à venir… « Power 8 » c’est un peu de la haute voltige. Et c’est sans compter les sous-traitants qui seront touchés par cette affaire… Et l’argent public investi, 35 millions d’euro sur le seul site de Meaulte, comme le rappelait récemment le président de la région Picardie, M GEWERC. Ca fait un peu rugir les réacteurs ! On comprend que les personnes concernées se mobilisent jusqu’à l’extinction de la consigne peu lumineuse de la direction d’Airbus. Forcément ! On pourrait peut être chercher d’autres solutions ? Sans aller jusqu’à mettre des p. de serpents dans ces p. d’avions ou obliger les passagers à se griser au château Latour (de contrôle ?) sous Lexomil pour terminer  menottés (au radiateur ?) il doit bien y avoir des moyens pour attirer le chaland (je sais pas si ça se dit pour un avion) ! Comment ? Ca marche avec certains ? Pas possible ! « Faire du ciel le plus bel endroit de la terre » qu’ils nous disent. Sans blague !
 
On a également eu droit au feuilleton Gergorin. Vous savez, le corbeau ! Pas celui qui ne voulait pas lâcher son fromage (quoique). L’autre. Celui qui écrivait des lettres anonymes dans l’affaire Clearstream. Dans un sens, c’est réconfortant. Les natures optimistes (dont je fais partie), pourront y voir un début de preuve qu’il y a tout de même quelque chose qui vole chez EADS, la maison mère d’Airbus. Même si ce n’est qu’un corbeau, tout n’est pas si noir. D’ailleurs, la justice ne s’y est pas trompée. Le « Journal du Dimanche » révélait dimanche 1er avril « une nouvelle mise en examen de Jean-Louis Gergorin pour recel d'abus de confiance et de vol, dans le cadre de l'affaire Clearstream ». Recel d’airbus de confiance, c’est pas digne d’un dirigeant… Mais que l’ex numéro 2 d’EADS soit accusé de vol… Voilà au moins un point positif ! Et puis Monsieur François peut être satisfait… L’Airbus de ramassage scolaire ne prend pas les cancres. Il a fait l’ENA Gergorin. On charge que du beau monde là dedans. Mais énarque ou pas, quand l’excédent de bagage intellectuel dépasse la franchise… Faut payer ! Ou bien finir le voyage en soute.
 
Airbus : une performance technologique d’envergure Européenne ! Quand on pense que ce projet avait été présenté par nos hommes politiques comme celui qui devait… Armement des toboggans !  « illustrer la capacité d'innovation des Européens dans les techniques de pointe et leur volonté politique d'aller de l'avant ». Désarmement des toboggans ! Une fois de plus, ils n’ont pas loopé l’occasion de franchir le mur du çon… Mis à part (pour quelques uns d’entre eux) la technologie de la cellule, qu’est ce qu’ils y connaissent en aéroplanes ces gibiers de portance ? Vérification de la porte opposée ! Aie !
 
Quand on sait que le coût du programme est de 10,7 milliards de dollars, soit l'équivalent de celui du tunnel sous la Manche, reconnaissez que ça fait beaucoup pour s’envoyer en l’air. Air buse ! Ca fait cher de l’heure de vol, même à basse altitude… En rase-m(en)ottes si vous préférez… Charlie, Papa et dernier tango ! J’ai l’esprit chagrin ? J’avoue ! Tant qu’à se faire voler, autant éviter la classe économique et profiter à fond de la classe… affaires.
 
Pour conclure, faut rester optimistes… On va rebondir… Boeing ! Boeing ! Les allemands ne nous aiderons pas trop. Ils viennent de boucher le trou de leur sécu. Pour les trous d’air-bus, ils rechignent. On s’en passera. Bonne chance A380. En ces temps de bénédiction pascale, j’ai envie de te dire : Sit tibi terra levis ! Que la terre te soit légère (en français) ! Led Zeppelin (en allemand) ! J’arrête avant de partir en vrille. Je ne peux pas vous la faire en 62 langues comme Benoît XVI. Encore un allemand tiens… Urbi et Airbus ! Et n’oublie pas la devise du pilote… Aide toi, l’aiguilleur du ciel t’aidera !
 
En espérant vous revoir prochainement sur mes lignes, je vous souhaite une agréable journée.
Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vu l'intérêt de cette campagne, le 22 avril, certains de nos cons citoyens vont encore préférer la pêche à la ligne à l’isoloir. Faut-il rendre le vote obligatoire ?  Pour alimenter ce vaste débat de société, nos équipes de terrain ont pris tous les risques. Elles nous ont ramené un cliché (un de plus) qui prouve bien qu'un abstentionniste est aussi con qu'une urne.
 
 
Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Il est une lointaine et mystérieuse contrée où tous les cinq ans, les gueux organisent un grand carnaval et élisent leur roi. Ce pays singulier est organisé en cités, puissantes ou faibles, populeuses ou clairsemées, aisées, défavorisées, rouges, noires, souvent en guerre les unes contre les autres, toujours confuses, intolérantes inextricablement.
 
Quelques mois avant l’élection, chaque cité commence par désigner le grand prêtre qui va la représenter. A cette occasion, les gueux (vous et moi) se manifestent peu. La vie n’est pas facile et ils sont trop occupés à suer obstinément et sans grâce pour le compte des mages qui les gouvernent.
 
Cette année, il y a douze grands prêtres, dont une femme. Une dame entre le roi et ses valets ? C’est rare. Elle admire Jeanne d’Arc cette « petite bergère qui a endossé un habit d'homme pour pouvoir sauver la France » comme elle aime à nous le rappeler. Mais si la pucelle avait ses voix, la donzelle peine encore à trouver les siennes.
A côté de la bergère, on trouve un « Bon Berger ». Il a connu un certain succès dans l’entreprise de ramener au bercail les brebis égarées, d’en faire un troupeau qui lui appartienne. Le seigneur des agneaux ! En dépit d’un charisme limité et d’une maladresse bien compréhensible à chaque fois qu’il tente des mouvements de gauche, il converti en grand nombre. Promesses de verts pâturages...
On compte aussi des méchants, le « Petit Nicolas » et le « Grand Méchant Loup ». Bizarrement, le premier effraie plus que le second. Signe des temps ? Le « Petit Nicolas » est « un garçon turbulent et un peu rebelle, qui fait parfois preuve d'hystérie et souvent d'immaturité » (source Wikipedia). Le « Grand Méchant Loup » est une figure récurrente des élections de la contrée. « Il personnifie le danger, l'inconnu, le monde extérieur, la punition en cas de désobéissance » (source Wikipedia).
Sorti de la bande des quatre, on ne trouve guère qu’une poignée de personnages hétéroclites aux destins électoraux improbables. Une faucille et quelques seconds couteaux émoussés. « Rien de plus poétique et de plus absurde » (H Beyle Souvenirs d’égotisme). Toujours prêts à se révolter, ils nécessiteraient un sérieux rémoulage pour parvenir à aiguiser les appétits.
 
Dès que les grands prêtres sont connus, la campagne s’emballe. Les elfes médiatiques entraînent gueux et grands prêtres dans une folle sarabande, rythmée par la musique des gourous ménestrels… Jusqu’au scrutin. Pas d’unisson ! Aucune voie mélodieuse ne peut rompre la cacophonie de douze fanfares furieuses. Cuivres et cymbales ! Se trépider à pleines ondes… Frétiller jusqu’à l’épuisement. Dès lors, plus rien d’autre ne compte. Tant que le nom du prochain roi n’est pas connu avec certitude, on n’ose plus prendre de décision. On regimbe à la moindre initiative. Parfois, une manifestation contre les abus de pouvoir de la milice dégénère en affrontement. Des hordes de jeunes mécréants envahissent le cœur de la cité et perturbent les cérémonies. Ce n’est pas grave. Ils détruisent quelques statues, des icônes… Dans les temples… Les gueux ont tôt fait de mettre ces tristes événements sur le dos du prévôt et la renommée des grands prêtres est à peine égratignée. L’essentiel pour la plupart des gueux, est que leurs chaumières soient bien gardées. Que leurs murs demeurent imperméables et robustes. Qu’on protège leurs petits privilèges... Leurs précieux revenus… Leurs vastes corporations. Le confort et le paraître… Ces peurs… Voilà bien les clés de leur survie !
Les grands prêtres l’ont bien compris. Ils parlent beaucoup de justice sociale et de sécurité, mais ils ne font pas grand-chose pour prévenir les incidents. Qu’une violente jacquerie éclate dans une cité. On finira par l’oublier. Ou pire, on s’y habituera. Les coupables sont arrêtés. Le mal est fait et les pertes irréversibles ? Peu importe ! Les mages pensent plus qu’ils ne transforment. A peine veillent-ils à ce que les charrettes ne cahotent pas trop vite sur le pavé des cités… Que rien ne bouge. Pétrifier la contrée... C’est le cadeau de la méduse électorale.
 
Au fil des siècles, la magie est devenue la seule manière tolérée de se combattre entre ennemis politiques et la violence physique a été bannie. De nos jours, les mages n’utilisent plus guère que les sorts pour s’affronter. Chaque sort attaque un aspect spécifique de la cité adverse : la réputation, la compétence, l’intégrité morale, le bilan du règne écoulé, la vie privée de son grand prêtre... Les attaques portent rarement sur le fond.
 
Jadis, les cités s’organisaient autour de grandes idées. Cette pratique s’est perdue. Peu à peu... Aux idées on s’est mis à préférer dogmes, sortilèges, incantations des grands prêtres et faits divers. A présent, ces choses tiennent lieu de colonne vertébrale aux squelettes politiques des citoyens de la contrée. Et les grands courants de pensée sont au climat politique ce que le Gulf Stream est devenu à celui de la planète. De moins en moins influents. Les gueux ont trop joué avec les gaz délétères ! Ils en connaissaient pourtant les dangers. Et ils vont continuer. Jusqu’à s’en pourrir l’éther... A s’obscurcir le ciel... Quand le soleil des idées aura disparu, ils pourront louvoyer confortablement à l’abri de certitudes sans ombre. Triste !
 
Régulièrement, des instituts de sorciers mesurent les intentions de vote des gueux. On appelle cela des sondages. En dehors des sorciers eux mêmes, nul n’en connaît l’alchimie exacte. On sait seulement que les sorciers commencent par demander leur avis aux gueux et qu’ils évitent ensuite soigneusement d’en tenir compte. Au prétexte qu’une forte majorité de gueux aurait développé une propension certaine à dissimuler ses convictions allant, fourberie inouïe, jusqu’à mentir sur ses intentions de vote.
 
A quelques mois de l’élection, les sondages n’ont aucune signification mais c’est là qu’ils ont le plus d’influence. Les mages les utilisent pour distribuer les cartes électorales, camper le décor. Il ne faudrait pas que le peuple s’égare dès le départ. On a même vu des sondages déterminer le choix d’un grand prêtre. Plus on avance, plus les sondages peuvent devenir déroutants, par exemple quand un grand prêtre passe de 6% à 25% d’opinions favorables en deux mois. A se demander si des millions de gueux l’ont soudainement découvert alors qu’il est présent depuis 10 ans. C’est que les gueux sont beaucoup trop ignorants de la magie et des sortilèges. Ils mésestiment la capacité de certains de leurs grands prêtres à se transformer en poulpes politiques et à se doter, à l’instar de leurs congénères à sang bleu, d’une faculté stupéfiante pour changer de couleur et de forme en fonction de leur environnement immédiat. Ils ignorent également trop souvent le penchant naturel des sorciers à se mélanger les pinceaux dans la potion magique de leurs tripatouillages statistiques. A changer le plomb en fonte !
 
Au fur et à mesure que se rapproche la date de l'élection, les sondages deviennent de plus en plus précis et fiables. A une encablure du but, leur précision est devenue telle que les grands prêtres et les mages en interdisent sagement la publication et se les réservent pour eux seuls. Ils le font pour le bien des gueux… Afin d’éviter que ces derniers ne finissent par s’embrouiller les idées à force d’y voir trop clair. Ils pourraient en oublier d’aller voter... Ou donner leur voix au favori. Juste pour être surs de gagner et se venger de l’incertitude dans laquelle les mages les tiennent. Voilà le risque !
 
Quand les sondages se tarissent, les mages ont recours aux rumeurs afin d’alimenter l’appétit immodéré des gueux pour les jeux du cirque électoral. Paroles sans voix (selon l’expression de Nietzsche, un vieux sage de cette contrée) pour des voyeurs sans vision, les rumeurs ainsi que les sondages amusent considérablement les gueux. Beaucoup plus que les programmes des grands prêtres auxquels ils ne comprennent finalement pas grand-chose.
Les grands prêtres, soucieux de ne pas froisser leurs ouailles, évitent soigneusement d’aborder les sujets trop ardus (la dégradation climatique, les questions sociales, le marché du travail, la place de la contrée dans une économie mondialisée). C’est consigné par écrit dans leurs programmes et on en parle plus ! De toute façon, à quoi cela servirait-il que les grands prêtres expliquent ce qu’ils comptent faire d’important ? Dès que l’un d’entre eux est élu roi, il n’est plus obligé de faire ce qu’il avait dit… C’est la règle en cette contrée.
 
A grand renfort d'autocritique et de dépréciation nationale, sentiments centraux de la conscience des peuples de la contrée, on a peu a peu discrédité les grands prêtres et leurs programmes électoraux. Une majorité de gueux s’est mise à préférer la politique télé-réalité aux grands débats d’idées. « Loft story » ou « Koh-Lanta » d’une campagne où on élimine plus que l’on ne choisit. Les jeux du cirque ! Ca leur paraît plus clair, plus honnête. Le grand jeu du « Kibezki » ou la roue de l’infortune… Ils en réclament ! Qui a détourné des millions… Moustaches ! Des fifres et des maîtres... Voilà ce qu’ils aiment. Ca les éloigne un temps des déceptions de la triviale poursuite de leur fragile bonheur personnel.
Ca ne les dérange pas de voter par défaut dans une élection à un tour. Si cela se reproduit cette année, et dieu sait si c’est probable, ils organiseront une grande procession dans les rues des cités, entre les deux tours. Ils éructeront leur indignation à la face de ceux qui n’auront eu que le tort d’appartenir à une autre religion. Et de l’avoir exprimé, pendant qu’ils se déchiraient entre eux ou partaient traquer le brochet… Ils brandiront des principes absolus pour masquer leur indigence politique. Le 22 avril ne te découvre pas d’un fil… Jusqu’au 6 mai, fais ce qu’il te plaît. C’est ainsi !
 
Heureusement les choses changent dans la contrée. Les gueux prennent conscience de leur pouvoir. Ils font savoir dans leurs gazettes qu’ils finiront par se lasser des jeux. Certains grands prêtres quittent la campagne. En 2002, on en a même vu un abandonner la religion…
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