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Amour Spaghettis Musique et Cosmoparticules

 

 

 

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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 


Pour une fois, une majorité de français est en phase avec son président !
 
Nicolas Sarkozy avait inventé la politique d'ouverture en invitant des ministres de gauche dans son gouvernement. Lors des élections municipales, les Français l'ont suivi... en élisant des maires et des conseillers généraux de gauche. Une idée qui fait son chemin ?

Publié dans : 3615 code j'en peux plus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

En France, c'est la journée de la femme
 
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En Arabie saoudite... celle de la moukère
 
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Et à L'Elysée... Bientôt ?

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Publié dans : Moi ça me fait rire - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Une fable contemporaine et apocalyptique, une étude qu’on aurait tout aussi bien pu titrer « Rapports de concavité et de convexité dans la société moderne ». Ce soir, j’ai rendez-vous avec Ludmilla, cheveux longs cuivrés et bouclés, quelques tache de rousseur autour de grands yeux d’un vert boréal, agrégée de lettres modernes, bien sous tous rapports. Ma convexe?
 
undefined Je l’ai rencontrée (virtuellement) en début de semaine, nous avons longuement discuté et finalement décidé de nous voir. Mais, à présent, au seuil de l’inconnu, j’ai un terrible problème : une extinction de voix. Je n’avais jamais réalisé jusqu’à ce jour, combien la perte d’un seul organe peut être, dans certaines circonstances, tout à fait pénalisante. 19 heures, je sors du travail et je l’appelle et j’assèche mon dernier filet de voix éraillée pour la prévenir de mon état. Elle préfère maintenir notre rendez-vous, m’assure que ce n’est pas grave. Dans un dernier souffle rocailleux, je marmonne un « oui » cavernicole et je file la rejoindre.
 
Quand nous arrivons au restaurant, je suis définitivement aphone. Elle, tout à fait charmante. Ayant parfaitement intégré mon infirmité, elle se charge de la commande. Elle choisit les plats, le vin, tout. De temps à autre, le garçon me jette un regard furtif, il épie mon assentiment, un mot... en vain ! Heureusement, Ludmilla n’est pas en peine de discours. Elle aime la littérature et en anime notre repas. Je la laisse hululer aux génies, fioriturer les belles lettres, confiturer les auteurs modernes. Que puis-je faire d’autre dans mon état ? J’acquiesce sporadiquement, un hochement de tête par-ci, un sourire par-là, un signe, parfois. Je picore, mi-Keaton, mi-Marceau. Le temps passe, bon gré mal gré, la cuisine aussi.
 
Comme je jouis encore d’une audition et d’une vue normales, j’en profite pour observer nos voisins et je réalise que les deux couples occupant les tables mitoyennes parlent de moins en moins. Aux conversations animées du début de repas, ont succédé quelques échanges furtifs, des bribes et puis plus rien. C’est incontestable, ils nous observent, s’amusent du drôle de couple que nous formons, elle pulpeuse et volubile, moi abrupt et muet comme une carpe.
 
Progressivement, la situation en devient embarrassante. Devant le flot de paroles déversé par ma partenaire, une subtile réserve eût passé pour de la galanterie, voire de la chevalerie. Mais un tel silence de ma part, profond, entêté, cuirassé... à la longue c’est plutôt gênant, déplacé, honteux, à la limite de l’herpès intellectuel.
Elle le ressent forcément et reste pensive, le temps de quelques bouchées. De mon côté, je n’ai de cesse d’échafauder des plans insensés de guérisons miraculeuses à coup de Pessac Léognan, des délires de rémission forcenée, fût-elle temporaire, entre le café et l’addition.
 
Et puis, elle lève ses yeux vers les miens, me sourit et susurre :
- N’allez pas le prendre mal, ou croire que ce genre de choses soit dans mes habitudes. Mais je réalise le côté... délicat de notre situation et je ne peux pas compter sur vous pour prendre une initiative. Alors, je vous propose, si cela vous dit, de prendre le dessert chez moi. Voilà ! J’ai des fraises.
 
Le temps pour moi d’écarquiller à cette proposition surréaliste et elle ajoute, désinvolte :
- Et ce sont des françaises, pas des espagnoles.
 
Bigre ! Elle va droit au suc, à la quintessence, au cinquième élément. L’heure n’est plus aux arabesques, aux chinoiseries académiques, aux méandres... L’instinct me commande de lui obéir, il l’hurle (lui), cet impérieux.
Mais, crénom de nom de dieu de... et tous les jurons présidentiels qui vous passent par la tête, elle habite à l’autre bout de la région parisienne et je dois me lever aux aurores demain matin. Et je suis crevé, laminé par l’angine, frissonnant, pas du tout confiant dans mes organes, je veux dire... en général. Remettre... Oui ! C’est la solution, seule et noble.
 
Je me racle la gorge, me concentre, prépare le plus petit moindre muscle de mon pharynx à la production d’une explication que j’ambitionne audible, solide, diplomatique et par-dessus tout... concise. Elle guette ma réponse, les deux couples autour de nous guettent ma réponse. La surface habitée de l’univers guette ma réponse. Un, deux... trois... Je me lance. Et là... une seule syllabe rocailleuse, un seul son, rauque, préhistorique, antédiluvien ! Un « noooon » énormissime et râpeux !
Et puis plus rien. Même pas un « nââân meuuuurci », encore moins le début d’une explication. Nada ! Juste un « noooon » de rogomme. A côté de cette saillie, le bramement guttural du cerf qu’on égorge passerait pour suave, chantant, éthéré... séraphique. Malédiction !
 
Instantanément, les deux couples qui nous entourent partent, à l’unisson, d’un éclat de rire phénoménal. Vexée, ma compagne d’un (seul) soir s’électrise, les irradie brièvement d’un œil noir, reviens vers moi, zébrée d’éclairs. Aïe !
 
Quand le capitaine expérimenté et réaliste découvre l’iceberg dressé à quelques encablures de l’étrave de son navire lancé en avant toute, il sait que l’affaire est mal engagée. De même, il devient évident qu’elle va éclater. Et c’est ce qu’elle fait ! Elle explose, champignonne. D’un bloc, elle se redresse, thermonucléaire, rue dans la table... Vlan ! Harpie force dix... tonitrue... Bing ! Culbute... furie de transes, et finit par se dégager d’un coup de rein. Bang ! Tout valse, valdingue, chavire, couverts, carafons, pain, sel, poivre... Badaboum ! Les lustres Empire en tremblent. Un tsunami de Pessac Léognan déferle en plein sur ma chemise.
 
« Tu es vraiment trop con ! », qu’elle me lance, fulminante, appuyant ostensiblement sur la dernière syllabe dans le même élan qu’elle jette rageusement sa serviette en travers de la table. Pour ma liquette, c’est même plus Blücher, c’est Waterloo et Trafalgar réunis... Trop absorbé à rattraper mon assiette au vol avant que le reste du filet de sole n’atterrisse sur mon jean, je ne peux empêcher le fond de sauce Dugléré d’y rejoindre la vinasse.
 
Il m’est tout à fait impossible de la calmer, plus un son ne passe ma gorge. Elle a déjà tracé, comète rougeoyante, filé en bombe, porte, trottoir... Vroum ! Happée par la nuit, loin, drapée dans sa colère, vers chez elle, l’infini, ses fraises... « Tu es vraiment trop con ! »... Une seconde, j’en suis rétrospectivement ému, pensez ! La première fois qu’elle me tutoie et le dernier témoignage d’un amour définitivement sacrifié et irrémédiablement râpé.
 
J’oscille un moment entre considérations évanescentes sur le fragile équilibre des rapports homme femme et observations désolées des très concrets dégâts matériels que je viens de subir, quand je sens un silence énorme monter de la salle et les paires d’yeux se braquer sur moi. Et quels regards... Misère !
Je me sens lourd, subitement perclus d’adversité, gourd, moulu, liquéfié, fluide comme mille hectolitres de honte. Imagine-toi, cher lecteur, chantant à tue-tête « Sex bomb, sex bomb, you’re my sex bomb  », sur le court central de Roland-Garros, vêtu d’un sobre string léopard et entouré d’une demi-douzaine de mamies en transes et bikini rose censées matérialiser lesdites bombes sexuelles. Toi et... des milliers de personnes dans les tribunes et... toi. Ressens-tu cet étrange et confus sentiment de désarroi qui te gagne alors ? Eh bien, tu es encore loin de ma détresse. Ah comme j’étranglerais volontiers l’idiot qui a dit que le ridicule ne tuait pas...
 
Un temps, je me débats dans un brouhaha hostile suintant l’ironie et le débinage. Du fond des estomacs tirebouchonnés, les biles refoulent, refluent aux goulots, se mêlent aux salives. J’essuie une marée de quolibets réprobateurs sur fond de graillon, relents de travers de porc croustillants, côte du Rhône éventé et vieux marc de café. « Ah le cochon ! », éructe une bourgeoise boursouflée, exaspérée par l’abus de calories qu’elle vient de s’infliger. « Tu l’as dit, Maman », marmonne le mari calciné, sans sortir le nez de sa mirabelle. Tassé contre le bar, hilare, un vieux hibou hulule longuement « houhou-hou, houhou-hou ». L’animal ironise !
De toutes parts, on m’assassine avec cette assurance tranquille que confèrent un relatif anonymat et une écrasante majorité. Je paye pour leurs remords de bombances, leurs digestions acides, les mauvais relents, les plis graisseux et les viandes distendues. On me transperce... Quelle corrida et bientôt... la mise à mort ! Ah mais pardon ! C’est que j’ai déjà perdu la voix, alors si je dois y laisser les deux oreilles et la queue... ça risque de faire beaucoup en une seule soirée !
 
Puis tout le petit monde se met à rire énormément, grossièrement. Je préfère... En un sens, c’est plus humain. Je me contente de leur sourire... péniblement... je vais puiser la poussière de dignité que toute bête, même confrontée à des adversités cataclysmiques, recèle encore au tréfonds de son âme.
 
Le garçon revient, jovial. « Monsieur prendra-t-il un dessert ? ». Veut-il ma mort, ce facétieux pingouin ? Basta ! J’ai déjà eu mon flan. L’instinct me pousse à décamper, mais je me ravise et fais signe pour un café et l’addition. Je ne leur ferai pas ce plaisir de déguerpir calamiteux, de ramer vermineux vers la sortie, cette autre rive de mon Styx.
Dans cette histoire, je suis réellement la seule victime et j’entends le démontrer par une allure d’insouciance glaciale et ironique. Je savoure donc mon café, le temps de me composer une figure d’indifférence, puis je règle l’addition et sort, assez lentement, hautain, indifférent... en un mot, grand !
 
Dehors, il fait froid. A intervalles réguliers, le souffle du vent d’hiver porte à mes narines une exhalation de vinasse à la sauce Dugléré, et plaque un cataplasme glacé sur mon ventre. Ah quel merveilleux bonheur, l’existence ! Voilà pourquoi je ne veux plus faire de rencontres et pourquoi je ne me marierai probablement jamais. Stop ! Plus de bulles, plus de flûtes pétilleuses, plus de champagne, je me contenterai d’une petite bière, de temps à autre, très économe d’amour, parcimonieux à l’extrême, chameau.
 
Harmoniser concave et convexe peut paraître naturel, simple. Eh bien non ! Croyez-moi ! J’ai sillonné tant de voies de traverse... jusqu’à la trame du cosmos, pour l’apprendre. J’ai exploré la femme, cet être prétendument co-égal et consubstantiel à l’homme. Et j’ai trop connu les déboires, la détresse des grands naufrages et, pour être franc, trop abusé des visions anthropomorphiques de l’amour Meeticien pour qu’aujourd’hui, parvenu au seuil de la sagesse, les rapports de concavité et de convexité dans la société moderne ne m’inspirent plus qu’une colossale et reposante indifférence...

 

Publié dans : Meetic, vos mères et moi - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Piratage musical, après le rapport, la loi. Voici le tout dernier opus de M.Olivennes, pitoyable sérénade mêlant poncifs antédiluviens et vigoureuses mesures coercitives. Le carottage et le bâton! A croire qu’on s’est fait une spécialité en France, de prendre tous les problèmes par le bout merdeux. Retour sur ce pouacre sabayon.
 
Ainsi le féroce bousin vient d’être dévoilé devant le Sénat. Pour les estomacs solides, le site Numerama dévoile l’avant-projet de loi consécutif aux conclusions de la undefined mission Olivennes et le publie en intégralité sur son site.
 
Ce projet (prévu pour être voté en catimini cet été) est aussi inepte et vain que liberticide, à mes yeux, pour trois raisons principales. Tout d’abord, il repose sur un contresens : « la gratuité c’est le vol », et son supposé corollaire : « la mort de la culture ». Ensuite, en ignorant la nouvelle sociologie du public musical, aujourd’hui organisée selon la (sainte ?) trinité « j’écoute, j’aime, j’achète » (dans cet ordre), ce projet de loi va à l’encontre de la logique commerciale et de l’intérêt même de l’industrie musicale et des artistes. Enfin, il sacrifie sans vergogne les libertés individuelles du plus grand nombre aux privilèges anachroniques de quelques-uns, et bien au-delà du préjudice subi par l’industrie musicale.
 
Un impeccable contresens
Le partage et la gratuité, c’est du vol et cela tuerait la culture. Cancer du manche ! Il faut donc interdire sans plus tarder les bibliothèques, les médiathèques, et envoyer en taule tous ceux qui y vont. En France, on expérimente la gratuité d’accès aux musées. En Angleterre, c’est fait depuis longtemps, par exemple avec le British Museum. Chercherait-on, des deux côtés de la Manche, à tuer la culture ! Et la Star Academy et la Nouvelle Star ? Ces deux monuments culturels vont-ils disparaître puisque nous ne déboursons pas un fifrelin pour nous en délecter ? Pas possible !
 
Trêve de boutades. Le partage et la gratuité, loin de tuer la culture, constituent un atout majeur pour sa promotion et son développement. En mettant en lumière des artistes, passés ou actuels, oubliés de l’industrie du disque, en redonnant accès à des œuvres bannies depuis longtemps des circuits commerciaux, les prétendus pirates concourent, bien au contraire, à la promotion du patrimoine musical mondial et, in fine, à sa (re)valorisation.
 
Comment expliquer autrement la remise en selle d’innombrables « papys du rock », l’engouement subit d’un public adolescent pour Led Zeppelin, les Pixies, les Clash ou autres Who ? La génération des soixante-huitards a-t-elle connu une telle resucée de Luis Mariano et Tino Rossi ? Non. Est-ce l’œuvre de nostalgiques des années 60, désireux de faire partager leur passion au travers de ces nouveaux vecteurs de la connaissance que sont blogs et sites de téléchargement, ou bien celle des majors ou de la SACEM ?
 
Méditons un peu cet exemple concret qui, au premier abord ressemble à un paradoxe. Je veux découvrir et faire partager certains trésors cachés des sixties, tels le répertoire méconnu du mythique groupe Love (le sublime Forever changes) ou les séminaux 13th floor elevator (ah ! leur cruche électrique). Ce n’est pas par la grâce des majors ou de la FNAC que je vais y arriver mais bien avec une pincée de buzz, beaucoup de P2P et une bonne dose de Youtube, et en ce sens, ignoble scolopendre, je suis voué aux gémonies.
Mais si, au passage, sur le même mode, je participe à la conversion d’autres admirateurs, et que cette vague entraîne la FNAC, par l’odeur alléchée, à remettre en rayons des rééditions d’albums oubliés, des versions « remasterisées » et des titres inédits après plus de quarante années, suis-je pirate ou sauveteur, fossoyeur ou promoteur de la culture ?
 
Une logique économique anachronique
L’industrie de la musique, à commencer par ses quatre majors (Universal, EMI, Sony-BMG, Warner, soit plus de 70% du marché mondial), a depuis longtemps intégré qu’il était plus judicieux de tirer parti des avantages offerts par le numérique pour promouvoir un artiste, notamment la facilité de copie et de diffusion,et dans le même temps de déplacer le modèle de revenus vers la forme « matérielle » des œuvres, notamment les tournées de concerts, le merchandising et le sponsoring. Ils ne sont pas si stupides qu’on veut bien le dire.
 
D’ailleurs, c’est un fait. Au moment où, partout dans le monde, la vente des disques s’effondre, les recettes de concerts, elles, explosent. Aux États-Unis, le marché est passé de 1,7 milliards de dollars en 2000 à plus de 3,1 milliards en 2006. En France, rien qu’en 2006, les recettes des concerts ont augmenté de 30% pour atteindre 434 millions d’euros.
 
Résultat : les majors et le géant du show biz Live Nation se ruent sur l’eldorado des concerts. Universal a racheté Sanctuary (James Blunt, Eminem, Avril Lavigne, Kaiser Chiefs, Led Zeppelin, Elton John, Oasis), Live Nation a récupéré Jackie Lombard (Madonna, Rolling Stones). En France, la tendance est largement suivie. Warner France a racheté Camus Productions (Johnny Hallyday, Sardou, Florent Pagny, Christophe Willem, Christophe Maé), Sony-BMG a acheté Arachnée (Jenifer, Indochine). C’est une vague de fond !
 
L’intérêt de l’artiste suit le même processus. Selon l’édition en ligne de l’hebdomadaire The Economist, il y a sept ans les revenus des musiciens provenaient, pour deux tiers des ventes de disques via les labels, et pour un tiers des revenus des concerts, du merchandising et du sponsoring. Aujourd’hui, les proportions se sont exactement inversées et la tendance s’accélère, mais leurs revenus n’ont pas pour autant diminué.
Arrêtons donc un moment de prêter l’oreille aux jérémiades d’une poignée de barons de l’industrie musicale, commodément réunis sous l’oripeau du « droit de la victime », aussi faux-culs de la pseudo défense de l’artiste que solidement arc boutés sur de très concrets bénéfices financiers.
 
Et l’Etat ? Rassurez-vous, il se retrouve grassement dans l’explosion du marché des concerts, via le Centre national de la Chanson, des Variétés et du Jazz (CNV), un EPIC chargé de collecter une taxe sur les spectacles de variétés (3,5 % du montant hors TVA de billetterie des spectacles, évidemment répercutés sur le prix du billet).
 
Dans cette affaire, l’Etat n’est que le mandataire de groupes de pression très privés, le législateur des basses œuvres, chargé de donner une légitimité nationale à une simple affaire de sauvegarde de privilèges exorbitants. Il incarne pitoyablement le défenseur de l’intérêt de quelques-uns contre celui de tous.
Certes, en matière de numérique, évoquer la « cohérence fiscale » est, depuis longtemps, aussi dissonant que « canicule polaire » ou « clarté obscure », à ranger au florilège des mauvais oxymorons. Ainsi, la « copie privée » est formellement interdite, répréhensible, et dans le même temps une taxe sur la « copie privée » est très scrupuleusement exigée. Quand les caisses sont vides... une seule devise prévaut : « Entre deux maux, il faut choisir les deux. » Sans oublier la soupe... à servir sur le dos du bon peuple, toujours !
 
Trique et trique et Phonégramme
La suppression des DRM (absurdes verrous techniques censés limiter l’utilisation des fichiers téléchargés et qui ne mènent qu’à entraver l’accès à la musique) paraissait évidente. C’est évidemment loupé ! Exit, également, la proposition du rapport Attali qui préconisait la licence globale, sévèrement rejetée par Christine Albanel. Foin de carotte ! Et vive la trique ! On aura donc droit au seul gourdin avec la création de la « Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet » et la légalisation de la « riposte graduée », qu’il aurait été plus judicieux de baptiser « agression graduée », l’idée même de riposte impliquant une attaque préalable suivie d’une parade.
 
Tout d’abord, rassurons-nous, selon le vice-président du directoire de la SACEM, « on se laisse toutefois la possibilité d’attaquer un internaute via des poursuites judiciaires. Pour nous, c’est un complément de la riposte graduée  ». Que les doux rêveurs qui auraient pu penser, un bref instant, s’en tirer à bon compte, reviennent illico sur le plancher des vaches.
 
La riposte graduée s’organise globalement en trois phases. Envoi au titulaire de l’accès d’un courrier électronique constatant le manquement à l’obligation de sécurisation de son accès à Internet (on notera la subtilité). Si récidive dans un délai de six mois, suspension de l’accès au service pour une durée d’un mois. Si re-récidive sous six mois, résiliation pure et simple du contrat d’accès au service assortie de l’impossibilité, pour l’abonné, de souscrire un nouveau contrat pendant une durée d’un an (évidemment, l’abonné continue à payer son abonnement pour le reste de son engagement ainsi que les éventuels frais de résiliation). Un fichier national des abonnés sera créé pour permettre aux opérateurs de consulter la liste des abonnés blacklistés. Cool !
 
Sur un plan strictement technique, passons sur le fait que filtrer l’ensemble du trafic P2P (analyser le contenu de milliards de paquets IP et le comparer en temps réel avec des dizaines de milliers de titres d’œuvres protégées) reste le plus absolu halluciné fantasme et probablement l’idée la plus saugrenue depuis les avions renifleurs (mais peut-être vont-ils être remis en service pour le compte de la SACEM).
 
On s’en tiendra donc à des contrôles ponctuels, ciblés, au libre choix de la SACEM. Mais il y a plus grave. Le projet entérine en effet que des agents de l’Etat pourront obtenir l’identité des internautes sans passer par la voie judiciaire, jusque-là obligatoire. Il suffira à une chiourme privée (déjà mise en place par la SACEM) de déposer une plainte, même non motivée, pour que l’agent public obtienne sur simple demande auprès des opérateurs de télécommunication, et sans contrôle du juge (jusqu’à lors requis), l’identité d’un internaute, sans même que ce dernier en soit informé. Une police privée... le pouvoir du juge transféré à une autorité... c’est inacceptable !
 
Et si le malheureux voulait se défendre ? Il est clairement stipulé que « la commission n’est pas tenue de satisfaire les demandes d’audition abusives, notamment par leur nombre, leur caractère répétitif ou systématique  ». En gros, nous sommes tous coupables par défaut, et si nous poussons l’impudence jusqu’à clamer notre innocence, on n’est pas tenu, en haut lieu, de nous entendre. Oh, qu’on promet de merveilleux bonheurs aux malheureux alignés en ligne par un cafard de la SACEM !
 
Puisqu’il faut bien conclure en chantant
Mais alors... La DADVSI, le rapport Olivennes, cette nouvelle loi scélérate en préparation... Des années de blabla... des hectolitres de jus de cervelle n’auront finalement accouché que du plus troufignolesque arsenal répressif de la planète numérique. Selon les paroles exactes de M. Olivennes : « L’objectif est de dissuader autant qu’on le peut ce piratage mais sans espoir de l’interdire.  » Derrière Olivennes c’est Coluche ! Même pas efficace... l’aveu vaut mille ! Et il sait de quoi il parle puisque sa boîte, la FNAC itself, fait en ce moment même l’objet d’une enquête pour contrefaçon de la part de la SACEM. Là c’est du Kafka !
 
A qui profite le crime... tout ce pataquès ? Cela ne sert-il qu’à retarder un peu l’enterrement de première classe du modèle économique de la SACEM, monopolistique, féodale, opaque et à présent liberticide usine à fric, dissimulant ses dictats sous le fallacieux couvert de l’intérêt supérieur de la création artistique et des professions associées ?
 
Cela ne sert-il que les intérêts d’une poignée d’ayant-droits d’artistes disparus (pour les concerts c’est évidemment plus difficile) ? Devrait-on simplement abandonner nos droits individuels pour une poignée de féroces rapaces qu’on amputerait d’une part de la rente mirifique qu’ils ont si péniblement acquise à la sueur de leur seule naissance ?
 
Nos libertés individuelles doivent-elles être sacrifiées par un Etat qui aujourd’hui légitime et légalisera demain la coercition arbitraire et la justice privée au seul bénéfice d’un lobby d’un autre âge ? Et puisque nous parlons gros sous, à combien évalue-t-on, en regard du manque à gagner attribué au téléchargement, le prix de millions de libertés bafouées ? L’enjeu financier en vaut-il seulement la chandelle, messieurs les spécialistes de l’Etat de droit... commercial ?
 
Je vous laisse les réponses... En attendant, je vais méditer sur l’abolition des privilèges dans les régimes monarchiques, l’édifiante histoire de «  l’Etat minimal » et du « principe de subsidiarité » au travers des siècles. Avant qu’on ne célèbre, cet été, l’union de millions de citoyens avec l’exaction culturelle française... pas pour le meilleur mais pour le « Pire tout Pire ».

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