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Amour Spaghettis Musique et Cosmoparticules

 

 

 

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Avant de lire

De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

Vendredi 29 février 2008
Piratage musical, après le rapport, la loi. Voici le tout dernier opus de M.Olivennes, pitoyable sérénade mêlant poncifs antédiluviens et vigoureuses mesures coercitives. Le carottage et le bâton! A croire qu’on s’est fait une spécialité en France, de prendre tous les problèmes par le bout merdeux. Retour sur ce pouacre sabayon.
 
Ainsi le féroce bousin vient d’être dévoilé devant le Sénat. Pour les estomacs solides, le site Numerama dévoile l’avant-projet de loi consécutif aux conclusions de la undefinedmission Olivennes et le publie en intégralité sur son site.
 
Ce projet (prévu pour être voté en catimini cet été) est aussi inepte et vain que liberticide, à mes yeux, pour trois raisons principales. Tout d’abord, il repose sur un contresens : « la gratuité c’est le vol », et son supposé corollaire : « la mort de la culture ». Ensuite, en ignorant la nouvelle sociologie du public musical, aujourd’hui organisée selon la (sainte ?) trinité « j’écoute, j’aime, j’achète » (dans cet ordre), ce projet de loi va à l’encontre de la logique commerciale et de l’intérêt même de l’industrie musicale et des artistes. Enfin, il sacrifie sans vergogne les libertés individuelles du plus grand nombre aux privilèges anachroniques de quelques-uns, et bien au-delà du préjudice subi par l’industrie musicale.
 
Un impeccable contresens
Le partage et la gratuité, c’est du vol et cela tuerait la culture. Cancer du manche ! Il faut donc interdire sans plus tarder les bibliothèques, les médiathèques, et envoyer en taule tous ceux qui y vont. En France, on expérimente la gratuité d’accès aux musées. En Angleterre, c’est fait depuis longtemps, par exemple avec le British Museum. Chercherait-on, des deux côtés de la Manche, à tuer la culture ! Et la Star Academy et la Nouvelle Star ? Ces deux monuments culturels vont-ils disparaître puisque nous ne déboursons pas un fifrelin pour nous en délecter ? Pas possible !
 
Trêve de boutades. Le partage et la gratuité, loin de tuer la culture, constituent un atout majeur pour sa promotion et son développement. En mettant en lumière des artistes, passés ou actuels, oubliés de l’industrie du disque, en redonnant accès à des œuvres bannies depuis longtemps des circuits commerciaux, les prétendus pirates concourent, bien au contraire, à la promotion du patrimoine musical mondial et, in fine, à sa (re)valorisation.
 
Comment expliquer autrement la remise en selle d’innombrables « papys du rock », l’engouement subit d’un public adolescent pour Led Zeppelin, les Pixies, les Clash ou autres Who ? La génération des soixante-huitards a-t-elle connu une telle resucée de Luis Mariano et Tino Rossi ? Non. Est-ce l’œuvre de nostalgiques des années 60, désireux de faire partager leur passion au travers de ces nouveaux vecteurs de la connaissance que sont blogs et sites de téléchargement, ou bien celle des majors ou de la SACEM ?
 
Méditons un peu cet exemple concret qui, au premier abord ressemble à un paradoxe. Je veux découvrir et faire partager certains trésors cachés des sixties, tels le répertoire méconnu du mythique groupe Love (le sublime Forever changes) ou les séminaux 13th floor elevator (ah ! leur cruche électrique). Ce n’est pas par la grâce des majors ou de la FNAC que je vais y arriver mais bien avec une pincée de buzz, beaucoup de P2P et une bonne dose de Youtube, et en ce sens, ignoble scolopendre, je suis voué aux gémonies.
Mais si, au passage, sur le même mode, je participe à la conversion d’autres admirateurs, et que cette vague entraîne la FNAC, par l’odeur alléchée, à remettre en rayons des rééditions d’albums oubliés, des versions « remasterisées » et des titres inédits après plus de quarante années, suis-je pirate ou sauveteur, fossoyeur ou promoteur de la culture ?
 
Une logique économique anachronique
L’industrie de la musique, à commencer par ses quatre majors (Universal, EMI, Sony-BMG, Warner, soit plus de 70% du marché mondial), a depuis longtemps intégré qu’il était plus judicieux de tirer parti des avantages offerts par le numérique pour promouvoir un artiste, notamment la facilité de copie et de diffusion,et dans le même temps de déplacer le modèle de revenus vers la forme « matérielle » des œuvres, notamment les tournées de concerts, le merchandising et le sponsoring. Ils ne sont pas si stupides qu’on veut bien le dire.
 
D’ailleurs, c’est un fait. Au moment où, partout dans le monde, la vente des disques s’effondre, les recettes de concerts, elles, explosent. Aux États-Unis, le marché est passé de 1,7 milliards de dollars en 2000 à plus de 3,1 milliards en 2006. En France, rien qu’en 2006, les recettes des concerts ont augmenté de 30% pour atteindre 434 millions d’euros.
 
Résultat : les majors et le géant du show biz Live Nation se ruent sur l’eldorado des concerts. Universal a racheté Sanctuary (James Blunt, Eminem, Avril Lavigne, Kaiser Chiefs, Led Zeppelin, Elton John, Oasis), Live Nation a récupéré Jackie Lombard (Madonna, Rolling Stones). En France, la tendance est largement suivie. Warner France a racheté Camus Productions (Johnny Hallyday, Sardou, Florent Pagny, Christophe Willem, Christophe Maé), Sony-BMG a acheté Arachnée (Jenifer, Indochine). C’est une vague de fond !
 
L’intérêt de l’artiste suit le même processus. Selon l’édition en ligne de l’hebdomadaire The Economist, il y a sept ans les revenus des musiciens provenaient, pour deux tiers des ventes de disques via les labels, et pour un tiers des revenus des concerts, du merchandising et du sponsoring. Aujourd’hui, les proportions se sont exactement inversées et la tendance s’accélère, mais leurs revenus n’ont pas pour autant diminué.
Arrêtons donc un moment de prêter l’oreille aux jérémiades d’une poignée de barons de l’industrie musicale, commodément réunis sous l’oripeau du « droit de la victime », aussi faux-culs de la pseudo défense de l’artiste que solidement arc boutés sur de très concrets bénéfices financiers.
 
Et l’Etat ? Rassurez-vous, il se retrouve grassement dans l’explosion du marché des concerts, via le Centre national de la Chanson, des Variétés et du Jazz (CNV), un EPIC chargé de collecter une taxe sur les spectacles de variétés (3,5 % du montant hors TVA de billetterie des spectacles, évidemment répercutés sur le prix du billet).
 
Dans cette affaire, l’Etat n’est que le mandataire de groupes de pression très privés, le législateur des basses œuvres, chargé de donner une légitimité nationale à une simple affaire de sauvegarde de privilèges exorbitants. Il incarne pitoyablement le défenseur de l’intérêt de quelques-uns contre celui de tous.
Certes, en matière de numérique, évoquer la « cohérence fiscale » est, depuis longtemps, aussi dissonant que « canicule polaire » ou « clarté obscure », à ranger au florilège des mauvais oxymorons. Ainsi, la « copie privée » est formellement interdite, répréhensible, et dans le même temps une taxe sur la « copie privée » est très scrupuleusement exigée. Quand les caisses sont vides... une seule devise prévaut : « Entre deux maux, il faut choisir les deux. » Sans oublier la soupe... à servir sur le dos du bon peuple, toujours !
 
Trique et trique et Phonégramme
La suppression des DRM (absurdes verrous techniques censés limiter l’utilisation des fichiers téléchargés et qui ne mènent qu’à entraver l’accès à la musique) paraissait évidente. C’est évidemment loupé ! Exit, également, la proposition du rapport Attali qui préconisait la licence globale, sévèrement rejetée par Christine Albanel. Foin de carotte ! Et vive la trique ! On aura donc droit au seul gourdin avec la création de la « Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet » et la légalisation de la « riposte graduée », qu’il aurait été plus judicieux de baptiser « agression graduée », l’idée même de riposte impliquant une attaque préalable suivie d’une parade.
 
Tout d’abord, rassurons-nous, selon le vice-président du directoire de la SACEM, « on se laisse toutefois la possibilité d’attaquer un internaute via des poursuites judiciaires. Pour nous, c’est un complément de la riposte graduée  ». Que les doux rêveurs qui auraient pu penser, un bref instant, s’en tirer à bon compte, reviennent illico sur le plancher des vaches.
 
La riposte graduée s’organise globalement en trois phases. Envoi au titulaire de l’accès d’un courrier électronique constatant le manquement à l’obligation de sécurisation de son accès à Internet (on notera la subtilité). Si récidive dans un délai de six mois, suspension de l’accès au service pour une durée d’un mois. Si re-récidive sous six mois, résiliation pure et simple du contrat d’accès au service assortie de l’impossibilité, pour l’abonné, de souscrire un nouveau contrat pendant une durée d’un an (évidemment, l’abonné continue à payer son abonnement pour le reste de son engagement ainsi que les éventuels frais de résiliation). Un fichier national des abonnés sera créé pour permettre aux opérateurs de consulter la liste des abonnés blacklistés. Cool !
 
Sur un plan strictement technique, passons sur le fait que filtrer l’ensemble du trafic P2P (analyser le contenu de milliards de paquets IP et le comparer en temps réel avec des dizaines de milliers de titres d’œuvres protégées) reste le plus absolu halluciné fantasme et probablement l’idée la plus saugrenue depuis les avions renifleurs (mais peut-être vont-ils être remis en service pour le compte de la SACEM).
 
On s’en tiendra donc à des contrôles ponctuels, ciblés, au libre choix de la SACEM. Mais il y a plus grave. Le projet entérine en effet que des agents de l’Etat pourront obtenir l’identité des internautes sans passer par la voie judiciaire, jusque-là obligatoire. Il suffira à une chiourme privée (déjà mise en place par la SACEM) de déposer une plainte, même non motivée, pour que l’agent public obtienne sur simple demande auprès des opérateurs de télécommunication, et sans contrôle du juge (jusqu’à lors requis), l’identité d’un internaute, sans même que ce dernier en soit informé. Une police privée... le pouvoir du juge transféré à une autorité... c’est inacceptable !
 
Et si le malheureux voulait se défendre ? Il est clairement stipulé que « la commission n’est pas tenue de satisfaire les demandes d’audition abusives, notamment par leur nombre, leur caractère répétitif ou systématique  ». En gros, nous sommes tous coupables par défaut, et si nous poussons l’impudence jusqu’à clamer notre innocence, on n’est pas tenu, en haut lieu, de nous entendre. Oh, qu’on promet de merveilleux bonheurs aux malheureux alignés en ligne par un cafard de la SACEM !
 
Puisqu’il faut bien conclure en chantant
Mais alors... La DADVSI, le rapport Olivennes, cette nouvelle loi scélérate en préparation... Des années de blabla... des hectolitres de jus de cervelle n’auront finalement accouché que du plus troufignolesque arsenal répressif de la planète numérique. Selon les paroles exactes de M. Olivennes : « L’objectif est de dissuader autant qu’on le peut ce piratage mais sans espoir de l’interdire.  » Derrière Olivennes c’est Coluche ! Même pas efficace... l’aveu vaut mille ! Et il sait de quoi il parle puisque sa boîte, la FNAC itself, fait en ce moment même l’objet d’une enquête pour contrefaçon de la part de la SACEM. Là c’est du Kafka !
 
A qui profite le crime... tout ce pataquès ? Cela ne sert-il qu’à retarder un peu l’enterrement de première classe du modèle économique de la SACEM, monopolistique, féodale, opaque et à présent liberticide usine à fric, dissimulant ses dictats sous le fallacieux couvert de l’intérêt supérieur de la création artistique et des professions associées ?
 
Cela ne sert-il que les intérêts d’une poignée d’ayant-droits d’artistes disparus (pour les concerts c’est évidemment plus difficile) ? Devrait-on simplement abandonner nos droits individuels pour une poignée de féroces rapaces qu’on amputerait d’une part de la rente mirifique qu’ils ont si péniblement acquise à la sueur de leur seule naissance ?
 
Nos libertés individuelles doivent-elles être sacrifiées par un Etat qui aujourd’hui légitime et légalisera demain la coercition arbitraire et la justice privée au seul bénéfice d’un lobby d’un autre âge ? Et puisque nous parlons gros sous, à combien évalue-t-on, en regard du manque à gagner attribué au téléchargement, le prix de millions de libertés bafouées ? L’enjeu financier en vaut-il seulement la chandelle, messieurs les spécialistes de l’Etat de droit... commercial ?
 
Je vous laisse les réponses... En attendant, je vais méditer sur l’abolition des privilèges dans les régimes monarchiques, l’édifiante histoire de «  l’Etat minimal » et du « principe de subsidiarité » au travers des siècles. Avant qu’on ne célèbre, cet été, l’union de millions de citoyens avec l’exaction culturelle française... pas pour le meilleur mais pour le « Pire tout Pire ».

par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Jeudi 28 février 2008
Aujourd'hui, on étudie un nouveau sophisme " Travailler plus pour gagner plus ".
 
Cette affirmation vaseuse est formellement contredite à la fois par la petite réalité quotidienne et par la grande histoire. J'en apporte ici la preuve formelle.



La forme même des pyramides d'Egypte, nous révèle que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.

 
J'ai un pote, sa carte d'électeur, il l'a cramé devant mes yeux. Pour une histoire de lingerie, de soutifs, de bonnets blancs, tout ça. Dans un sens, il a pas tort...
par Argo publié dans : Un jour, un proverbe
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Vendredi 22 février 2008
Article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.
 
undefinedJe consens librement que c’était le temps où on créait encore un peu de révolution. Aujourd’hui, selon une note de la Commission des finances de l’Assemblée, c’est la créativité fiscale qui « s’accélère  », six nouvelles taxes ont vu le jour lors de l’actuelle législature. Et sept... en sept mois, si on compte la franchise médicale. Comme les sept plaies de l’Egypte, mais en plus sec, sans la pluie de grenouilles. Un véritable millefeuille fiscal à la crème d’énarque.
 
La commission précise « La vitesse de création de nouvelles taxes s’est accélérée au cours de la douzième législature » (2002-2007) et « plus encore », au début de la législature actuelle. Ca tient de la comète, cette histoire ! Pour les amateurs de détail, les nostalgiques et les masochistes, vous trouverez le détail de la Déclaration des droits de l’homme ici et des nouvelles taxes .
 
Sans parler des projets fumeux partis en volutes, la taxe sur les bières fortes, sur les mobile homes (rien n’interdit de cumuler, bien entendu), celle sur les nuits d’hôtels, la taxe « télévision du futur » (2 % sur les revenus publicitaires des services en ligne de vidéos) et ceux dont on ne sait pas très bien s’ils sont définitivement abandonnés ou plus simplement remisés à l’après-municipales, comme la taxe sur les boissons sucrées (supprimée en novembre 2007, puis ressuscitée, avec rapport à suivre attendu par Eric Woerth fin juin 2008), la taxe carbone, et autres rumeurs persistantes d’augmentation de la CSG ou de création de la TVA sociale (c’est le coeur d’un débat cornélien opposant la commission des Affaires sociales, qui préfère la CSG et celle des Finances, adepte de la TVA sociale). N’en jetez plus la cour est pleine !
 
Certes, certaines impositions ont été supprimées mais comme le pointe la Commission des finances « dans la quasi-totalité des cas en faveur des entreprises, en particulier du secteur financier ». Sans parler du fameux « bouclier fiscal », si prestement déposé aux pieds des plus riches par notre Vercingétorix national.
 
Avec un taux de prélèvements obligatoires de 44,5 % du PIB en 2007, on atteignait déjà un monument d’inquisition fiscale. Avec l’empilage incessant de nouvelles taxes, conjugué à la contraction du PIB en 2008, on confinera bientôt à l’Himalaya.
 
Va-t-il s’arrêter en chemin, notre Nicolas de Torquemada présidentiel qui professait lors de sa campagne « La baisse des prélèvements obligatoires, c’est une priorité pour moi (...) Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 68 milliards d’euros aux Français » (A vous de Juger - France 2 - 08/03/07) ? Y a-t-il seulement un fond aux précipices budgétaires, une orée au maquis fiscal de la confrérie, une sainte cathodique et apocalyptique du chanoine Sarkozy ?
On peut toujours rêver ! D’un côté, le discours politique, la « revue générale des prélèvements obligatoires » confiée à Christine Lagarde. De l’autre, les besoins nouveaux, les déficits qui filent, la voie d’eau budgétaire et son colmatage brèche à brèche, par mille insignifiantes rustines de prélèvements ciblés, chirurgicaux, vaudevillesques. C’est de la fiscalité Labiche ! En moins rigolo et en beaucoup plus usant.
 
C’est qu’il en faut toujours plus pour financer les élucubrations. On supposait notre président momentanément empêtré, freiné par les municipales, emberlificoté dans les sondages, troublé par le ralentissement de la croissance, voire emmitouflé dans ses amours. Que pouic ! Il donne au contraire l’impression de se démultiplier, ici chenille, là papillon, énormément gaillard... Il virevolte, chaque jour plus baudruche de vilains souffles inspirateurs, ceux de Minc, d’Attali, ces modernes Bouvard et Pécuchet, furieuses vapeurs à désastres et impeccables conseillers du chaos ordinaire.
 
Pour preuve, la huitième merveille : le récent projet de taxer les fabricants d’appareils « susceptibles de recevoir la télévision », téléviseurs, ordinateurs, téléphones mobiles, etc. qui, rappelons-le, alimentent déjà la « copie privée » et l’écotaxe, ainsi que, de façon soi-disant « infinitésimale », les fournisseurs d’accès à internet et les opérateurs de téléphonie. Que de grasses vaches à lait !
Tout ce fatras pour compenser le manque à gagner (estimé à 1,2 milliard d’euros selon France Télévisons) consécutif à la suppression de la publicité sur l’audiovisuel public, ultime éclat (cela ne figurait même pas dans son programme), d’un phare républicain frappé de fulgurite aiguë. Ah, que faisons-nous dans cette galère et si loin des côtes ?
 
Seulement voilà, de nos jours toute critique devient difficile. Anti-sarkozysme rime avec opportunisme, quand ce n’est pas avec stalinisme. C’est devenu ringard, dépassé, paléontologique... fossile en somme. Je me mets donc à la mode et le défends.
Au fait, quels sont ces serpents qui sifflent sur Sarko ? Comment de misérables lampions du bal des aigris pourraient-ils prétendre à la lumière ? Au nom de quelle légitimité oseraient-ils contester notre omniprésident, se muer en hystériques charognards, éperdus de cabales, ivres d’enragés procès staliniens contre celui qui dit ce qu’il veut et fait ce qu’il dit ?
Mille spaghettis... Trop c’est trop ! Veux-tu, sombre rebelle, qu’on te fasse passer le goût de la fièvre éruptive ? Veux-tu finir, grésillant lardon, dans la carbonara de Carla ? Au fût, vendangé, mi-Bouygues mi-raisin ? Veux-tu mijoter à vie, Bolino chez Bolloré ? Que Lagardère vienne à ton toit ? Et pas qu’en parabole ? Bouzigues ! Qu’est-ce que ce vent mauvais de rébellion qui souffle en ce moment sur la Francozie ? Un peu de retenue... Contrairement à la brosse à reluire, la démocratie n’ouvre pas tous les droits.
 
Bah ! A défaut d’être lucioles, restons lucides, nous en avons pour quatre ans. Et encore... à condition qu’une alternative crédible au déséquilibre actuel finisse par voir le jour. D’ici-là, nous pouvons bien vasouiller, lanterner aux urnes, nous perdre en chichis malicieux, manifestations raciniennes, glisser en dérobades mélancoliques, nous ballonner de ressentiments, finir en dyspepsies nerveuses... en flatulences. C’est salutaire et pour ainsi dire... encouragé par le régime !
En contrepartie, il faudra tout gober, financer le mini-traité, les cabrioles, la civilisation, la dixième croisade, les sectes, l’alpha, l’oméga, la Rolex et le reste. Amen ! Si on n’y prend garde, un jour, on finira par financer la guerre, une fois réinjectés à l’insu de notre plein gré dans le commandement intégré de l’Otan... Et nos forces héroïquement projetées sur les théâtres extérieurs, Iran, Afghanistan, Syrie... à la botte de l’alliance. Richard III, j’ai vu que ton armée recrutait dur à la mi-temps des matchs de foot. Gare aux retrouvailles avec le comte de Richmond, dans les champs de Bosworth.
 
Résolus à payer, c’est là qu’on nous veut. Un point, c’est tout ! Il nous faut cracher aux pastilles vertes, lâcher notre dur aux disques, notre mou aux mollusques, avaler des couleuvres, que dis-je, des boas... énormes, genre constrictors. Et sans moufter... en souriant, avec délectation. Bercy beaucoup ! Butés bougres et bien contents encore, si après avoir changé nos mauvaises habitudes de consommation, tâté un peu du cyclo-pousse, on n’a pas à cantiner notre pitance.
 
Réjouissons-nous, on aura les taxes les plus subtilement exquises, les plus sophistiqués des prélèvements collatéraux, les plus complexes astucieux impôts excogités par nos plus retors jouissifs énarques. Et dans la ouate... sans piper mot. En plein ouragan budgétaire, le sage sait bien qu’il ne doit pas ouvrir la fenêtre... car le volet fiscal, c’est garanti dans le nez qu’il le prendrait.
Six mois, six taxes et pas un rond dans les caisses, « six feet under » en somme. Va comprendre Charles !
 
Comme le dit le proverbe japonais « Pour qu’il y ait tant de glands dans la forêt, il faut bien qu’on y trouve un ou deux chênes ». Assurément, on a trouvé le nôtre. Les chiens aboient, la clarinette passe. Fin des agapes, c’est nous qui régalons... Patron, un millefeuille et l’addition !

par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Jeudi 14 février 2008
undefinedTel le sage montrant la Lune, notre président nous présente chaque jour une nouvelle facette de sa politique de civilisation. L’idiot, lui, ne regarde que son pouvoir d’achat et, au mieux, voit... la Rolex.
 
Faut dire qu’en ce moment, à l’open Gaz de France, les bourdes pleuvent dru. Gravelotte et tapioca ! Le Français moyen, cataleptique, acculé au fond du court, ça lui arrive dessus comme des premières balles de Jo Wilfried Tsonga. A plus de 230 km/h ! Gare aux missiles ! Une envie incoercible de filer se planquer sous la bâche. La France est aux abris.
 
Avouez que, dans ces conditions, il est malaisé de monter au filet... On peine à renvoyer la balle, Dieu à toutes sauces, bourrage de compassion dès le plus jeune âge. Le curé et l’imam siègent loin au-dessus de l’instituteur, vilain gauchiste à qui on va montrer la voie de la rédemption à coup de lecture forcée de lettres de Guy Moquet et de compassion historique impeccablement ciblée. C’était nul, réjouissons-nous... ça devient morbide. De Riyad aux agapes (Agapē du grec γάπη) du CRIF, on aura donc tout entendu, lu et surtout vu...
 
A défaut de notre pouvoir d’achat, tachons au moins d’épargner nos enfants ! Un peu de dignité, tout de même. Que le fait historique soit enseigné par les professeurs, c’est le cas et c’est normal. Mais la « gouvernance émotionnelle », on peut l’épargner à des gamins de 11 à 12 ans. Et depuis quand les programmes scolaires sont-ils du ressort de l’Elysée. Même Xavier Darcos reconnaît que c’est peut-être « un peu trop normatif  ». Moi j’aurais ajouté anxiogène. Et ça durerait pendant combien de temps ce portage ? Combien de générations vont-elles devoir adopter une victime de la Shoah (hébreu : השואה) ? Une ? Quatre ? Cent ? Toutes jusqu’à la fin des temps ? Au titre de quelle vision politique ferait-on endosser à nos enfants les pages les plus sombres du passé. En sortiraient-ils plus forts ? Mieux armés face aux enjeux de la mondialisation. J’en doute.
 
L'instrumentalisation des communautés, l'idéologie victimaire, servent-elles ces mêmes communautés ? Où ne conduisent-elles qu'à une forme d'exaspération populaire qui va à l'encontre de leurs intérêts ? L'appel incessant au devoir de mémoire, à la Shoah sont-ils encore aujourd'hui les meilleures armes contre l'antisémitisme ? J'en doute également, au vu de la polémique qui a suivi les déclarations de Nicolas Sarkozy et de réactions comme celle de Simone Veil.
 
Pas un jour que notre sage national ne nous montre la Lune... sous toutes les facettes ! Une approche chaque jour plus spéciale de la laïcité... L’impétueuse nécessité de sucrer 800 millions d’euros de publicité à la télévision publique pour les répartir chez ses amis du privé... Un fulmineux projet d’Union méditerranéenne dont personne, à commencer par les intéressés, ne veut. Un Grenelle de l’environnement sans suite faute de financement. Un plan « Espoir banlieue » basé sur la méthode Coué et ce très anglo-saxon slogan qui chaque matin engorge ma boîte mail « Enlarge your police ». Une politique économique qui vire au vinaigre, des déficits publics qui filent, une fracture sociale qui se creuse. C’est cela, la réalité de nos jours.
 
Certes, il se peut qu’elle soit là, la Lune, tout en haut. Mais pendant ce temps, le RMIste voit le salaire du président multiplié par 3 en 2007, comme celui des patrons du CAC 40, le travailleur à 1 000 euros nets mensuels dort dans sa voiture et ne peut voir le ciel, le petit porteur regarde les milliards partir en fumée sur les marchés financiers, la ménagère cherche désespérément une place sur le parking du Leader Price, l’étudiant scrute son découvert bancaire et le retraité l’arrivée de sa maigre pension. C’est totale incompréhension... forcément.
 
En haut lieu, on tente désespérément de faire comprendre au peuple français le commencement d’une amorce d’esquisse de sens dans le fatras d’idées qui volent bas sur la Sarkozie. Perseverare diabolicum ! Mais comment expliquer la logique ? A l’Elysée, c’est la valse des priorités, bientôt celle des ministres. A l’UMP, au PS, au Modem, c’est celle des étiquettes, le grand mélange des genres à l’approche des municipales. Cependant, dans les foyers, la seule valse des étiquettes qui inquiète, c’est celle des prix. L’explication n’est pas gagnée, car chacun son urgence, sa priorité, sa famille, son petit moi. Les temps sont durs... C’est humain !
 
Bah ! Rassurons-nous, comme disait récemment André Daguin, "Toutes les idées en l’air finissent par retomber un jour". Ainsi, quatre années finiront bien par passer. D’ici là, même en abusant de substances psychotropes et interdites, on ne va pas rire tous les jours... Mais que voulez-vous y faire ? Envoyer un SMS à Chirac pour lui dire « Si tu reviens, on annule tout  » ? Ce n’est plus possible, pas souhaitable non plus, diront certains.
 
Je ne voudrais pas finir sur une note aussi sinistre qu’un sondage présidentiel, une peinture de notre pays plus catafalqueuse que la tête de l’imam Kerviel surpris en train de piller le nourrain de la mosquée générale. Depuis le début de l’ère Sarkozy, le sage n’a pas vraiment réussi à nous montrer la Lune. Ce n’était pourtant pas faute de nous la promettre. Toutefois, la France est terre de paradoxe... La preuve ? Quand c’est la femme du sage qui montre la Lune, l’idiot... la regarde. Non ? C’est pas un bon début, ça ?

par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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