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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

Lundi 30 avril 2007
Ecume des jours de printemps, la campagne présidentielle touche à sa fin. Nous en finirons bientôt avec ces courses immobiles sur le chemin des urnes. Quand bien même l'issue du duel « No pasaran Sarkosconi » contre « Jeanne Ségolénine au pays des centristes » est foutrement plus préoccupante que la misère et l’injustice sociale dans le monde, le Darfour, les dérives africaines, le virage à l’extrême droite de la Pologne, la xénophobie, l’intolérance, l’extrémisme sous toutes ses faces odieuses. Il faut nous résigner… Nous en finirons avec les présidentielles 2007 !
 
Le formidable foisonnement des paroles, la ferveur des luttes, la force des débats… Bruit assourdissant de cent mille cymbales furieuses à enjôler nos sens… Toutes ces choses tomberont comme autant de masques pour laisser place au vide des esprits et la froideur des sentiments. Aujourd’hui, 44 millions de contradicteurs vocifèrent. Les gérants d'estrades politiques sont débordés. Demain, un vainqueur, un vaincu, nuit et grisaille pour seuls témoins de l’affrontement, aucune empreinte dans le brouillard, un président pour un autre et la futilité des promesses.
 
Au lendemain des finales, les stades désertés sont sinistres. A peine quelques cotillons pour attester la présence ici d’une foule gigantesque, bariolée, enthousiaste. Après le match, on cherche en vain l’empreinte de la ferveur populaire, sa fureur, ses clameurs, le chant des supporters. Les détritus de la fête sont toujours lugubres. L’oubli s’impose quelle que soit l’issue.
 
Espoir et passion ne se nourrissent que d’incertitude. Magie, émotion, s’effacent aussi sûrement que l'instant présent au fil du temps qui passe. Dans tout voyage, arriver c’est mourir un peu. Le résultat connu, victoire ou défaite sont autant d’amertumes. Et puis, confuses, les législatives s’envoleront aussi dans les dernières volutes électorales de juin. Secs et cafouilleux, un dernier orgasme, notre semence dans l’urne et la petite mort pour cinq ans.
 
Alors, l’été viendra, sérieux contre broutilles. Oubliée notre têtue campagne, nos exaltantes dérives vers le Smic à 1 500 Euros brut en 2010, la semaine de plus de 35 heures supplémentaires, la bulle intellectuelle de la République 6.0, la démocratie d’opinion convenue et le délit de faciès éculé. Pamoisons de pucelles débraillées. Qu'importent au fond ces quelques jours de ripailles où tous les excès sont permis, si nos lendemains doivent toujours déchanter. Si élection n'est que liesse, mollesse et puis détresse. Que valent les réformes d’un sénat, d’une assemblée et des institutions si on doit y  retrouver les mêmes vieilles barbes ?  Faire de la politique autrement ? Oui, mais quel intérêt si c’est avec les mêmes. Une cravate pour une autre. C'est donc ça le changement ?
 
Toutefois, il ne sera pas dit que la vocation d’un blog comme celui-ci, malgré tous mes efforts, ne soit que de cultiver l’inutile dans le terreau fertile de la dérision et du cynisme.
 
Parfois, il faut savoir faire des choix courageux, s’engager politiquement. Pour moi, l’heure est venue ! Compte tenu de l’été qui approche j’ai donc choisi d’apporter ma modeste contribution à la formidable marche en avant de l’humanité et de vous présenter ici trois innovations qui, à l’instar des présidentielles 2007, marqueront de leur sceau notre avenir radieux.
 
Pour vous mesdames, le maillot de bain à panneaux solaires. Il a été présenté à Valence lors de la coupe Louis Vuitton par le fabricant de lingerie Triumph International. Ecouter un Ipod ou recharger un portable sans risquer de perdre son coin de sable sur la plage cet été. Soyez franches, dans vos rêves les plus fous, jamais mesdames, vous ne l’auriez imaginé.
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 Pour vous messieurs, le pistolet tue mouche. Preuve que l’imagination au pouvoir peut aussi bien contribuer au bonheur de l’humanité qu’au désespoir de millions de mouches estivales.
 
 
Enfin, pour vous les geeks des deux sexes, et parce qu’après l’été viennent toujours le froid et l’hiver, les pantoufles chauffantes USB  (Vavolo). Votre rayon d’action y perdra un peu, mais quelle joie de silloner la toile les pieds au chaud.
 
 
 
 
 
 
  
Oui, je crois aux forces de l’esprit. Oui, je suis sûr qu’il existe des forces invisibles et infiniment puissantes, tapies au fond de l’univers. Les preuves sont là, sous vos yeux. Sachez les voir avant que ce site, qualifié de « Blog voyou », ne devienne la cible d’une campagne haineuse et mensongère de déstabilisation conduite par l’impérialisme américain et ses complices. Hasta la panada sempre !
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Samedi 28 avril 2007
Deux personnes ont parlé samedi… Pendant une heure cinquante. J'ai compris les questions, peu l'exorde, moins les réponses et rien aux conclusions. Seul éclair quand Mme Royal a dit « Il faut faire attention aux questions trop précises ». Sic ! Hissez bas ! Fallait le signifier dès le départ. Tout bouillie alors ? J'aligne volontiers l'analyse.
 
La forme ? Salonnière au lustre caviardier d’un palace parisien. Symbole ! Duel au soleil. François ? Métamorphosé, calme et très clair. Et Ségolène ? Comme dab ! Deux fois le temps de parole imparti et pas moyen de la lui couper sans se faire accuser de tuer la liberté d’expression. Je ne savais pas qu’on pouvait bourreler autant de mots dans la même phrase. Autant de digressions en une seule réponse. Mascarpone ! François était toujours obligé d’expliquer son gazouillis. Quand il pouvait en glisser une. Pas souvent. Aucun style. Pas de jus. Salomon et Satanas !
 
 
Avant le débat ? Tout violence. Rodomontades et annonces fan-pharaoniques ! Pendant ? Tout miel amer à pleines tartines ! Un gentil berger à rameuter l’ovidé cavicorne ! Son seul objectif ? Affaiblir le PS avant les législatives. Une viole entêtée à la pêche au votant !
 
 
On les voyait filtrer nunuches sous les sourires, torves et bien larves. S’ébrouer, poulpes austères, en noirs jus de clins d’oeils dans le seul but d’embrasser l’électeur. Mascara ! L’intérêt commun à toutes bamboulas ! Grimpeur d’audimat orange empistrouillé dans le même cocon de contradictions que la chrysalide obscure. Rameurs salonnards à la même barque de soifs personnelles. Berzingue ! Tireurs acharnés de la même couverture électorale !
 
 
Mais le fond ? Les questions qui me tenaient à cœur. Le développement durable ? A peine deux phrases. Je cite Ségolène Royal « Augmenter la part des énergies renouvelables dans le nucléaire ». Et en plus, elle veut s’affranchir des experts. On est mal barrés ! Le pouvoir d’achat ? « Réviser le calcul de l’indice des prix » dit Mme Royal ? Sûr que ça va nourrir les pauvres... Salives !
 
 
Et le dialogue ? Tristes bacchanales média phobiques. Une heure et demie perdue à grésiller autour du pseudo bûcher de la démocratie en flamme... A danser sur ses cendres. Le seul point d’accord ? La peau de bel zébu ? Même pas. François a ménagé Méphistophélès et moqué Madone. Un pas en avant, un pas en arrière. Enfers et salsifis ! Un bâton pour chaque carotte.
 
 
Et le résultat ? Les électeurs de gauche retourneront à Ségo, ceux de droite à Sarko. Et les pauvres indécis ? C’était bien eux les premiers intéressés. Quels enseignements pour eux. Nada ! Qu’ils finissent à l’exode massif. Hop ! Sur les chemins bourbeux de la démagogie ruminante ! Attendre ou s’abstenir. Hères, la voilà votre mirepoix !
 
 
Comme rendre compte de tout cela ? Labourer de telles immensités de conformisme tiède devient bien agonie.... Ni bénis « Oui Oui », ni bénis « Non Non » qu’il a dit François... Pas une lueur nouvelle. Beaucoup de mots, tant de phrases pour dire si peu. Chiffons du cirque électoral ! Aucun engagement. Aucune indication. Pitié, arrêtons les débats. Déserts miragineux ! Sans exception. Même celui du 2 mai, si ça doit virer pareil crépuscule. Prendre parti ? Très peu pour moi. Je fuis l’urne. A l’orange je trépasse et tant pis pour la truite. Thèse, antithèse, mayonnaise... Aux tonneaux ! Tout cloaque !
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Jeudi 26 avril 2007
Plus on avance et plus Ségolène Royal s’identifie à son idole Jeanne d’Arc. Elle est arrivée au second tour de la présidentielle au terme d’une chevauchée ponctuée de victoires brillantes. Insatiable, elle se lance à présent dans un combat de plus en plus personnel, usant de tous moyens, y compris contre l’avis de son roi et de ses chefs de guerre, pour assouvir sa soif de bouter Sarkozy hors de l’Elysée.
 
Pour espérer l’emporter le 6 mai, Ségolène Royal doit se battre sur trois fronts :

- Elle doit consolider le vote de gauche. Des socialistes modérés à la ligne dure du PS jusqu’aux verts et à l’extrême gauche, pas une de ces voix ne doit faire défaut à la candidate. Pas d’abstention et encore moins de fuite à droite. En théorie c’est possible, en pratique cela promet d’être difficile ;

- Elle doit également récolter environ 20% du vote Le Pen. Traditionnellement, ces voix se portent sur la gauche au second tour ;

- Enfin, plus délicat, la candidate socialiste doit récupérer près de 50% du vote Bayrou. Elle y travaille plus qu’activement.

 

Pris individuellement ces trois chantiers ne paraissent pas herculéens. Mme Royal et ses supporters peuvent entretenir l’illusion « arithmétique » d’une addition des voix qui les conduirait à la victoire. La difficulté est de mener ces chantiers de front et de faire en sorte qu’un + un + un égale trois.
 
De nombreuses questions se posent. Comment acquérir les voix de Bayrou sans passer pour une girouette exposée aux vents tourbillonnants de la politique politicienne et du calcul électoraliste ? Comment éviter que des électeurs de l’extrême gauche ne lui tiennent rigueur d’un virage au centre et ne s’abstiennent le 6 mai ?
 
Cependant, la plus grande question risque d’être soulevée au sein de son propre parti. La main tendue de Bayrou au PS avait déclenché des cris d’orfraie. La proposition de Mme Royal d’ouvrir le gouvernement à des ministres UDF a fait sortir de leur orbite fabiusiens et jospinistes avec qui elle n’était déjà plus en odeur de sainteté depuis longtemps, et jusqu’à François Hollande. Vue de son propre parti, Ségolène Royal semble aujourd’hui prête à sacrifier la cohésion socialiste sur l’autel de sa soif personnelle de victoire électorale. Jeanne d’Arc des temps modernes elle clame sa foi au delà du parti. Elle réfute les accusations de compromissions électoralistes échafaudées dans le seul but de l’emporter. Elle préfère s’en tenir aux voix du peuple qui la soutient. On est très loin de l’orthodoxie politique et à des années lumières de celle du PS.
 
Par son attitude, l’entêtement ou la pugnacité (c’est selon) qu’elle déploie dans un combat de plus en plus personnel ou mystique (c’est encore selon), elle prend le risque de pulvériser le PS, comme Bayrou l’a fait pour l’UDF. Et ça personne n’en veut au PS, à commencer par son premier secrétaire de compagnon, François Hollande. Seulement voilà, Jeanne d’Arc est devenue incontrôlable, cornac insensible aux remontrances des éléphants. Elle a ses voix, celles des nombreux français qui, de l’extrême gauche à la gauche modérée et au centre, l’exhortent à poursuivre sur le chemin périlleux de l’alliance avec Bayrou. Les voix de ceux qui rejettent la politique politicienne et la poussent à s’allier au centre.
 
François Bayrou en profite. Un pas en avant, un pas en arrière, il l’attire dans sa toile, avec l’objectif de faire exploser le PS. Les éléphants le savent mais Ségolène Royal ne veut rien entendre. Lors de ce fameux débat Royal/Bayrou (aura lieu ? aura pas lieu ?), il manoeuvrera pour l’amener sur son terrain. Il lui fera miroiter la victoire pour mieux lui faire avouer l’inavouable et la couper définitivement des Fabius, Mélanchon, Emmanuelli, Vaillant, Glavany, Bartolone ou... Hollande. Elle n’aura alors d’autre choix que de ressortir Delors, mettre Strauss Kahn en avant (si ce dernier accepte, ce qui n’est pas encore gagné) et d’approcher Bayrou. Recomposition politique que beaucoup d’électeurs appellent de leurs vœux mais qui horrifie les leaders du PS. Mais quelle idée d’investir un candidat aussi indépendant de la ligne du parti ?
 
Pour les éléphants, à commencer par François Hollande, c’est prendre le risque d’une explosion du PS en plein vol. Et si ils n’arrivent pas à modérer les ardeurs d’éparpillement de Mme Royal, ils en viendront certainement à examiner jusqu’à l’option d’appeler, en sous main, leurs fidèles à voter blanc ou Sarkozy le 6 mai. Ils ne seraient pas les premiers. Dos au mur, certains le feront sans aucun état d’âme.
 
Risque maximum pour Ségolène Royal. Plus les électeurs, essentiellement non socialistes, la rejoignent en nombre, plus le rose pâlit et plus elle s’isole des siens. En cas de sortie de crise par le haut (une victoire hautement improbable), elle n’éviterait pas la crise interne tant les rancoeurs sont terribles. Imaginez le rodéo dès qu’il s’agira de composer un gouvernement. En cas de défaite, elle restera celle qui aura pris le risque de sacrifier la cohésion du PS à son ambition personnelle. Malheur à Jeanne d’Arc et à ceux qui l’auront suivi. Le procès en hérésie les attend et le bûcher leur est promis. Dominique Strauss Kahn le sait bien, et se hâte très lentement de la rejoindre.
 
Tout bénéfice pour Bayrou. Tout d’abord, il réussit le tour de force d’exister après une défaite. Comme si Lyon était convié à disputer une finale bis de coupe des champions ou (plus provocateur diront justement certains) Le Pen invité à débattre entre les deux tours. Ensuite que la gauche l’emporte ou non, il aura efficacement œuvré à accentuer le fossé entre l’aile et le centre gauche du PS. Mme Royal lui aura elle même donné l’occasion de préparer le grand séisme tectonique débouchant sur une séparation des deux plaques du PS, pré requis, pour François Bayrou, à toute formation d’un nouveau continent orange.
 
Et Sarkozy dans tout cela ? Il récupérera les voix droitistes de l’UDF, pas celles de gauche. Il a logiquement refusé le débat avec Bayrou. Ce dernier ne l’aime pas et n’appellera pas à voter pour lui. Aucun débat ne changerait un iota à cette affaire. Il n’a aucun intérêt à se compromettre avec François Bayrou pour grappiller quelques voix d’indécis. Jamais il n’obtiendra la voix de ceux qui l’accusent déjà de violer la démocratie en écartant un tel débat. Accusation assez ubuesque, si on y réfléchit, venant de la part des partisans d’un homme qui refuse d’indiquer son choix de second tour à ses sept millions de supporters. Celui dont le positionnement avait fait dire le 14 mars "C’est une forme d’imposture", à... Ségolène Royal.
 
Paradoxalement, un François Bayrou ostensiblement écarté par l’UMP pourrait très bien être le meilleur allié de Nicolas Sarkozy. Le débat Bayrou / Royal sert ses intérêts, ainsi que tout ce qui est de nature à pousser l’ex candidat centriste dans les bras de la candidate socialiste. Le leader de l’UMP peut miser sur le fait que plus l’union de ces deux là apparaîtra officielle et plus la socialiste se coupera des siens et perdra mécaniquement à sa gauche ce qu’elle gagnera de voix à sa droite. Sans compter, divine surprise, la possibilité d’un big bang simultané du PS et de l’UDF dont il n’aurait qu’à se réjouir. Pour des raisons très différentes, lui et François Bayrou ont certains intérêts communs, si on y regarde de plus près.
 
L’avenir, y compris ce qui adviendra bien au-delà du 6 mai, dépend essentiellement de la capacité des éléphants du PS à freiner, voire stopper une locomotive Ségolène Royal, lancée plein pot sur les rails de son destin personnel, au mépris de  la signalétique ferroviaire déployée par son propre parti. Dans les prés, le long de la voie, les spectateurs applaudissent et l’encouragent à pousser les feux au vif orange. Dans les wagons, on s’inquiète de plus en plus. Au point que certains envisagent jusqu’au déraillement volontaire. Le bonheur est dans le pré ? Peut être. Mais il n’est plus dans le train.
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Mercredi 25 avril 2007
La France profonde… C’est fait de gens comme vous et moi, assez contradicteurs, bien susceptibles. Ca n’aime pas beaucoup recevoir de leçons de la part de l'intelligentsia et de la classe politique. Ca n’aime pas qu’on lui dise pour qui elle doit voter. C’est turlupin et jacasseur la France profonde, facile à manœuvrer en somme.
 
En 2007, Sarkozy s'est délibérément offert à la vindicte de l’intelligentsia. Non qu’il soit tombé de la dernière ondée médiatique le petit Nicolas. Il voulait y monter sur sa croix. Et dare ! Toutes ses petites phrases, la racaille, l’eugénisme, il les a prononcées exprès. Il avait bien étudié les recettes de Jean Marie avant lui (le détail, etc).
Du coup, il lui a piqué son fond de commerce, sa tambouille, son « style ». Pas ses idées. En France, on s’en fout du jus de cervelle des politiciens. Les idées, c’en est plein les livres… Jusqu'à Saturne on les empile. Son style à Jean marie c’était la haine, sa musique l’injure. Et le style en politique c’est clé. Prenez n’importe quelle idée fixe. Donnez lui du style et vous irez loin. Demandez aux Khan, Attila, Robespierre, Bonaparte, Staline, Hitler… Plus près, demandez à Tonton. Ils vous le diront tous. Les Français ils voulaient du Hulot pas du Voynet. Du style ! Besancenot, pas Buffet. De la petite musique parlementaire ! Royal, pas Fabius. Luchini ? Filez lui l’obsession d’être élu président et il le sera ! Ségolène a son image, Nicolas son style. Les deux farandolent au second tour.
 
Le Pen, plus ça passait, moins il mordait, plus il devenait correct. Sans son jus, il ne lui restait que sa peau de notable. Aussi sec, crocodile aux yeux mi-clos, il avait perdu les crocs et le virus. Et million de voix avec !
 
Elle était pourtant grosse la ficelle de Nicolas. Et comment qu’on l’y a aidé à monter sur sa croix ! L’extrême gauche dit que je suis facho. Surenchère de menottes ? Vlan, 300 000 voix en plus ! Tiens si vous pouviez me rajouter un clou ici, ça m’arrangerait… Eugénisme ? On mobilise les collectifs… le banc et l’arrière banc génétique. Banco, 300 000 à la banque ! Pour le personnel ! L’establishment crie à la suppression de la liberté de la presse ? Mais comment donc ! Martyrisez moi, j’engrange ! Cécilia cavale ? Je suis petit ? Colérique ? Je dis des gros mots ? Bouh… 300 000 voix dans le nourrain ! Vous gênez pas, hurlez avec les loups et par ici la bonne soupe ! Que du foin à ma meule. Il nous l’a dit lui même… Il cicatrise bien.
Quand on y pense... La même émulsion qui avait fait mousser Le Pen. C'est vraiment con l'intelligentsia ! Tonton il était beaucoup plus malin, il avait bien compris que pour tuer un adversaire politique, fallait surtout pas le marginaliser. Demandez aux communistes… Le vase de 81. La gauche plurielle. Comment il leur a fait boire le calice à la lie de la terre.
 
Tiens, ça me rappelle le référendum sur l’Europe. Les élites nous ont ressassé des « Mon pov’Monsieur, vous n’avez pas bien compris », « Je vais vous l’expliquer l’Europe et pourquoi c’est bon pour vos artères ». Pas un jour, sans qu’ils nous expliquent qu’on était bien couillons, ces trompettes. Qu’on était bien trop tassés de rillettes pour entraver le sublime de la chose Européenne. Une majorité en est devenue méfiante, rétive. Elle a voté « non ». Quand bien même « oui » c'était mieux pour elle. Ainsi va la France. Contradicteurs et carambouilles ! Et bien susceptibles avec ça.
 
Faut savoir faire la part des choses en politique. En France, il y a «opinion publique », le sentiment de l’ensemble de la population. Et il y a « expression publique ». Faut surtout pas confondre !
L’opinion publique, c’est une écrasante majorité qui n’a que le vote et la composition de l’équipe de France pour se faire entendre. Tous Domenech ! L’expression publique, le jugement public si vous préférez, c’est une infime minorité de votants (politiques, intellectuels, journalistes, « people ») qui ont tout ce qui faut d’entrées dans les médias pour se faire entendre à longueur d’année. Ce sont, comme disait Coluche, les « milieux autorisés ». Ils s’autorisent à penser et à bien le faire savoir. C’est un petit cercle prodigue à distribuer de la considération, à nous dire ce qui est bien et ce qui est mal, à donner des leçons à la plèbe. Plus ça va et moins il les piffe, le bon peuple. Les jugements publics des autorisés, ça l’hérisse à présent.
 
A gauche, on a pas encore bien réalisé que le développement du « Tout sauf Sarko » pour lui c’est tout bénéf électoral. A l’extrême gauche, c’est normal. Il reste que ça. L’option « rapprochement avec le centre » ça défrise carrément. Mais de la part de la gauche modérée et du centre, vaudrait mieux abandonner cette idée stupide de référendum « Anti Sarko ». Même Hollande le dit (si on décode un peu).
Parce que ça le pose en candidat du peuple, le Nicolas. En ami de la France profonde. Celle qui forme des gaz quand elle entend la « pseudo intelligentsia parisianiste » et les « politicards droite/gauche tous pourris » lui expliquer comment il est dangereux, qu’il va envoyer la France contestataire wagonner dans la station Mir. Et qu’on pourra même plus trouver Ouest France pour emballer les saucisses du pique nique.
Sarko, croulant sous l’opprobre, c’est l’ennemi de leurs ennemis. Il passe de l’autre côté de la médaille, l’ami contre envieux. Avant qu’on les renvoie coaguler à la niche pour cinq ans. Ils l’hurlent à l’urne… C’est fatal !
 
C’est comme ça qu’il a déjà soustrait un million de voix à Jean Marie. Certes, ces voix se seraient reportées sur lui au second tour. Mais avec elles dès le 21 avril, il a vaporisé l’opposition d’un parfum de mouise et il s’est réservé le lilas. Et les voix de Bayrou ? Un tiers, celles de droite, il les a déjà. Un tiers, celles de gauche, il peut toujours flûter. Mais le tiers des « anti-système », lapins agiles du rejet de la droite et de la gauche, ceux qui devraient normalement pas s’approcher du chapeau le 6 mai, il en pompera une partie avec la même petite combine. Majax ! Ça c’est prestidigitateur.
 
A la France profonde, pouilleux comme moi, on peut toujours lui recommander les hautes lectures, les éminentes leçons du passé, la sublimation de ses tracas par la politique, la fréquentation assidue des philosophes et les pensées d’élite, elle s’en fout comme de la circonférence du kiwi ou de la température de l’eau tiède. Colifichets et entourloupes ! Elle envoie rebondir. Au panier ! Ses voix sont silencieuses. Parfois impénétrables aux sondeurs. Fifres ! C’est qu’elles sont aussi les plus nombreuses.
 
Moi, je ne vais pas vous dire ce que vous devez faire. Je suis pas assez politologue ou brun pour ça. Et j’en sais rien moi-même. Je vais encore moins me présenter. Mon style sent trop le goudron. Je vois juste que la vague de l’égalité fraternité chère à la masse, Sarkozy la surfe bien. Et en plus ses adversaires l’aident. Au lieu de lui savonner la planche, ils la fartent. C'est pas de ce côté qu'il faut astiquer. Ah, comme il doit l’applaudir Tonton. De l’au-delà, à s’en déboulonner le couvercle. C'est un métier la politique... Sarkozy le fait.
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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