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Amour Spaghettis Musique et Cosmoparticules

 

 

 

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Avant de lire

De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

Vendredi 6 juillet 2007
Je ne vous dis pas comment je termine ma semaine ! Lessivé ! Je sature, j’implose, je vaporise, je me nébulise à l’infini, je pixélise, je confine au délire !
 
Je crois que je vais momentanément renoncer aux sites de rencontres et à l’idée de vivre une vie (normale et épanouie j’entends) d’hétéro. Non que j’envisage de devenir gay… Attention ! N’extrapole pas trop vite chère lectrice, je perçois un sourire narquois chez toi, tu penses être débarrassée des mecs dans mon genre ? C’est pas aussi simple. Écoute la suite…
 
« Je m’appelle Claude » ! « Bonjour Claude » ! Naaaan ! Arrêtez de déconner, j’en suis pas là !
 
Mais tout de même, ça va pas fort. Faut dire que depuis ma séparation (ça fait tout de même 6 mois) je n’ai pas connu une seule femme qui me fasse vibrer. Et pourtant, dans ma période « éclate totale post-séparation sur Meetic » j’en ai virtuellement côtoyé pas mal, rencontré (un peu moins) et connu quelques unes (tout de même, j’suis pas encore un boudin) !
 
Mais où sont-elles les vraies femmes ? Les droites, les authentiques, les « sensuelles pas folles de culs », les « qui aiment les câlins sans être nymphos », les « qui aiment ma cuisine sans s’empiffrer », les « qui veulent bien de moi sans me demander tous les jours la future couleur des futurs rideaux de notre futur nid douillet »???
 
Franchement, là je panique un peu ! C’est que je vieillis moi ! Et après plus de 10 ans de vie commune et fidèle avec ça (un petit compliment au passage ça fait pas de mal pour l’ego et puis vous pouvez pas vérifier), ça faisait un bail que j’étais plus sur le marché. Je finis par me demander si le Net est le miroir de la réalité ou pas… Ce doute me trouble… Me taraude… Me perplexe… Si ! Forcément un peu !
 
Les sites de rencontres, j’y vais en ce moment. J’essaie un peu tout entre Meetic et tasvulavierge.com. J’suis idéaliste et pas sectaire ! J’évite tout juste tuveuxvoirmesfesses.net ou whaooouuuulecanon_on baise.com ! J’me mêle pas au vulgaire. J’ai ma fierté après tout !
 
La semaine dernière, je trouve une fille qui sort du lot, belle, du charme, dans les 38/45 ans c’est-à-dire ma tranche d’âge « virtuelle », celle que j’ai déclaré sur Meetic (donc 3 ans de moins que la vraie), des goûts communs pour les N°5 en pâtes chez Barilla et en parfum chez Chanel, un rapport taille/poids correct, sensuelle et pas psychopathe, une aversion commune pour les pigeons, surtout quand ils s’envolent (faudra quand même que je retourne voir la Place St Marc), l’odeur des chiens mouillés et des pizzas froides (le contraire aussi si vous voulez), les lundis matins qui suivent les dimanches soirs…
 
Alors je me dis Claude, c’est mon prénom, Claude, donc me dis-je, là c’est BON. On va pouvoir bâtir. Je me vois déjà en Bouygues de l’amour, des îles partout et plein de ponts à construire pour les relier… Je m’emballe… Je rêve… Je confine au délire, à l’extase… Le soir, je laisse ma voiture sur une place du marché, le lendemain j’la retrouve plus entre le stand de la crémière et les cageots du maraîcher (attention j’ai pas dit le contraire, faut qu’elle continue à me fournir en parmesan et en beurre salé pour mes pâtes), deux heures après je vis une histoire d’amour avec les flics de la fourrière, j’écoute The good The bad and the Queen, Mika, Cold War Kids, Kings of Leon, Muse, Weather report, Razorlight, les White Stripes et The Shins à fond…
 
Pire, je prends des résolutions avant même qu’on me le demande… J’arrête de télécharger de la musique illégalement… Je mets plus les doigts dans le nez au feu rouge et pas plus au feu vert… Je téléphone plus au volant… J’arrête de passer les notes de frais de mes rencards Meetic sur mon activité professionnelle (eh oui quand j’écris pas de conneries, ça m’arrive de travailler)… Je m’intéresse à la campagne présidentielle et je reprends une carte d’électeur… Je vais plus voir de films en japonais sous titrés en anglais en disant que ça ne me gêne pas, alors que c’est juste pour impressionner les filles et surtout pour partager un moment d’intimité dans le noir (vu que dans ces conditions, ça arrive parfois que la fille me trouve plus intéressant que le film, forcément). J’arrête Meetic et le porno du samedi sur Canal+ (progressivement)… Je file plus de coup de pied au chien de la voisine quand il est mouillé… Attention, j’ai rien contre la voisine, c’est juste Kiki qu’est toujours affectueux avec moi que quand il pleut. Faut l’emmener voir un Véto-psy… Qu’il lui fasse une ablation de roustons ou de la vessie, comme ça y sortira plus. Voilà tout !
 
Mais lâchons les clébards et revenons aux moutons ! Comme je vous disais, je m’ébullis, je fusionne, je magmate. Son message disant qu’elle accepte de me voir, c’est l’étincelle qui fait déborder le vase. Je cafouille ! La goutte d’eau qui met le feu aux poudres… Bref, c’est l’amour. Je récupère donc ma voiture à la fourrière et le jour J, l’heure H, je me rend au point… G (au hasard et parce que y’a pas de raison que je fasse de la réclame pour des marchands de pots vu que j’en ai pas moi même).
 
J’avale un petit whisky (le dernier bien sûr), sur la terrasse, en l’attendant. L’espoir me grise, l’alcool gonfle mes veines (à moins que ne ce soit le contraire cette fois). J’attends serein, l’âme poétique :
  Mignonne allons voir sur Meetic Si nous pouvons en quelques clics De nos deux vies faire un triptyque Un bébé, un amour et du fric  
Ahhhargh ! La voila qui arrive ! A l’heure en plus ! Malédiction, elle est encore plus belle que sur ses photos ! Son sourire ! Ses yeux ! Ses mains ! La chaleur de ses lèvres sur mes joues ! Sa main posée sur mon épaule !
 
Je planque la note du whisky et je commande deux cafés crème. On bavarde, je suis tellement nerveux que je parle que de moi… Elle sourit indulgente… Mon ange… Je ne te mérite pas. Je lui dis que je suis content de la voir, que le virtuel à ses limites, qu’elle gagne à être connue et une foule d’autres banalimièvretés qui sont à ce moment les seules que je puisse articuler. Je lui demande si ses enfants vont bien, depuis quand elle est séparée... La routine…
 
Et là, elle me répond qu’elle est toujours mariée, et qu’elle a l’habitude de prendre des amants et d’avoir des relations avec eux dans la complicité, la confiance mutuelle et le respect.
 
Ici, amis lecteurs (les filles on saute le paragraphe), je me permets une petite parenthèse. Pour ceux qui l’ignorent, dans ces circonstances, « Complicité » ça veut dire qu’on s’éclate comme des bêtes au lit, « Confiance » c’est ne pas lui téléphoner à la maison le week-end quand elle est en famille et « Respect » c’est tout simplement… utiliser des capotes. Bon je sais, je décode vulgaire mais c’est déjà assez long à lire en entier alors si je peux faire gagner du temps à certains…
 
Une supernova frôle la terrasse du café, la comète Halley et Armageddon se collisionnent sur le trottoir… Un trou noir s’ouvre sur le néant… Tout juste le temps de rattraper le garçon, d’annuler le café crème et de recommander un autre whisky, double cette fois et je lui réponds : « OK, pas de problème pour moi »…
 
Ça c’est de la réplique ! Non ? Et me v’la reparti dans la banalité, glauque cette fois. Je suis séparé depuis peu, j’ai beaucoup de travail, mes filles à m’occuper, c’est trop tôt pour refaire ma vie, j’hésite, je papillonne… Bref ce genre de relations, j’accepte… A condition que cela reste sain et dans… Etc. Etc. Je ne vous la refais pas !
 
En même temps, je redoute une issue plus rapide que je ne l’avais imaginé et je me demande où trouver un distributeur de capotes en plein jour et si possible un peu à l’écart de la foule. Et surtout comment ça marche un distributeur de capotes ? Combien y faut mettre dedans ? Parce que moi, je mets déjà rien dans les parcmètres… Même la machine à café, j’sais pas m’en servir, j’oublie parfois le gobelet…
 
Mesdames, vous pouvez me maudire, me fustiger. Vous avez raison, je suis misérable. Vous les mecs, fayots s’abstenir, pas un mot, si vous me désavouez je balance tout, je les connais bien moi, vos manies, vos petites menteries, fourberies, bassesses et consorts…
 
Eh oui, un mâle mesdames, ça développe une capacité d’adaptation peu commune dans certaines circonstances. C’est dingue comme ça peut mettre du temps à se décider quand une femme lui propose de coucher toute sa vie avec et aussi peu de temps à réagir quand elle veut le faire qu’une seule fois. Nécessité fait loi… Et puis, le mâle est toujours en prise avec un dilemme cruel… Choisir entre faire des choses toujours différentes avec la même femme et faire toujours la même chose avec des femmes différentes (Wolinski merci).
 
Mais j’ai beau être un gentleman, je sais rester pragmatique. Donc je lui demande tout de go et à brûle pourpoint (whisky aidant) comment elle envisage la suite. Elle se déballonne (des Ternes pour ceux qui connaissent le lieu, m’en fous j’y vais plus) pas du tout et me répond, la coquine, qu’elle connaît un petit club discret, pas trop loin où on pourra faire nos galipettes en toute absence d’intimité et de discrétion.
 
Morbleu, la première fois ? Je voyais un hôtel, moi ? Devant tout le monde, à plusieurs, en plein après midi… L’après midi, c’est bon pour les vacances et les relations extraconjugales et moi pendant 10 ans j’étais très pris par mon travail et fidèle… Sans compter que j’en suis déjà à mon troisième whisky, et pas le dernier… Et si j’y arrive pas, bordel ???
 
Ma vaillance à ses limites, les mêmes que celles de mon abnégation. La mort dans l’âme, même si c'est plus par peur du ridicule que par principe moral, je décline. Un peu honteux et très contrit, je la quitte...
 
Et depuis, me r’voila seul, déprimé après la meilleure bonne après midi de merde passée par un mec dans toute la galaxie et sur toute la décennie… J'suis ni maso, ni gogo, ni homo, toujours solo. Et je me demande si je ne vais pas tout arrêter ! Me ressourcer sur ma petite personne, ma famille, mes amis, mes projets, centrer sur MOI, cibler sur bibi.
 
En rentrant chez moi il pleuvait… J’ai refilé un coup de pied à Kiki… Décidément Kiki je le ki-kiff pas… J’avais plus de moral, plus trop l’âme d’un poète :
  Mignonne allons voir sur Meetic Si nous pouvons en quelques clics Décider où et quand on nique Avant d’finir à la clinique  
Mais ne vous faites pas de tracas pour moi. Je vais me rétablir tout seul. Ça commence déjà à passer en écrivant. Au fait, c’est quoi mon pseudo et mon mot de passe déjà ? Malédiction une semaine sans Meetic et j’ai déjà oublié… Les seuls dont je me souvienne, c’est ceux… d’Ebay ! Horreur ! Cancer du manche ! Cosmologie et astro-particules… Je reconfine au délire, je tutoie les précipices insondables, je funambulise au dessus des gouffres amers, j’arpente transi les steppes glacées de l’Asie centrale de mon inconscient…
 
Ebay ! J’vais pas finir aux enchères de l’occase tout de même !!!!
Par Argo - Publié dans : Meetic, vos mères et moi
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Jeudi 5 juillet 2007

Hier, j’ai été manger des spaghettis aux vongoles chez Denise. J'aime Denise et en plus elle est sympa ! Quand elle fait la cuisine elle écoute « Mika », « The good, The Bad and The queen » et « The shins ».

Dans un grand wok, elle fait dorer l'ail, une échalote ciselée et le persil dans un fond d’huile d’olive, elle ajoute quelques tomates concassées, un peu de vin blanc et les vongoles. Au fur et à mesure qu’elles s’ouvrent, je l’aide à débarrasser les vongoles de leurs coquilles et on les met avec leur jus dans une assiette creuse. On n’en laisse que quelques unes entières dans le wok.

Elle me sourit. On boit un verre de Viognier en apéro. Une buée parfumée monte de la cuisine. Je regarde ses grands yeux verts. Dehors il pleut. Elle est belle …

Elle jette les spaghettis dans la grande casserole d’eau bouillante (les pâtes, c'est comme Denise et moi, ça a besoin d’espace). J’aime la regarder quand son corps se tend au dessus de la casserole pour libérer délicatement les pâtes avec une spatule de bois. J’aime sa nuque, son dos, ses reins, ses fesses et ses jambes… Et les Shins…

On termine notre verre. Je lui dis qu’un jour il faudrait qu’elle refasse sa vie. Les pâtes sont prêtes, "al dente", elles les passe sous l’eau claire (ça élimine l’amidon) et les égoutte rapidement, puis elle les verse dans le wok avec la sauce.

Je mets le couvert. Les Shins susurrent doucement sur la chaîne hi fi. J’ouvre une bouteille de Chardonnay Trentino « I Piovi ».

Elle fait sauter le tout à feu vif quelques instants, puis hors du feu elle ajoute un trait d’huile d’olive, du persil plat, un petit piment haché fin et les vongoles décortiquées, le sel, le poivre.

Elle me sourit toujours. On passe à table. Elle s’assied, je la sert, le vin … Les pâtes. A la pendule de mon désir, il est midi …

On mange, c’est délicieux. On parle de tout et de rien. Je lui demande si elle a entendu parler de ce complot fomenté par des extra-terrestres qui auraient pris contact avec la CIA, par l’intermédiaire de Roch Voisine… Elle me dit que non. Je lui réponds que c’est normal que personne soit au courant, et que c’est précisément la preuve qu’il y a bien un complot…

Ça la fait rire. Moi j'aime voir ses dents blanches sous ses lèvres encore humides du Chardonnay… Un ange... Pour un peu j’avale les coquilles. On écoute Mika, "Relax, take it easy"...

Le repas se termine … Avec un bout de pain, on se bat pour les dernières gouttes de jus au fond du wok. Nos mains se frôlent au bout des mouillettes. Un café. Un dernier verre de vin sur les papilles encore tièdies par le café sucré. La mémoire du bonheur…

Elle me dit qu’elle doit repartir au travail. On s’embrasse. On se dit à la prochaine. Je lui ai rien avoué de mon amour …

Comme hier, comme avant hier … Un jour, peut être... Alors demain, et puis demain et puis encore demain, je reviendrai goûter les vongoles à Denise !

Relax ! Take it easy ... 

Par Argo - Publié dans : Amour, gloire et spaghettis
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Mardi 3 juillet 2007
Les « réseaux sociaux », ou plus simplement les communautés d'internautes ont le choix entre deux modèles économiques, soit ils répondent à un véritable besoin et ils sont payants, soit ils sont financés par la publicité. Avec plus de 94% de ses revenus issus des abonnements et un parcours financier brillant, Meetic, leader européen de la rencontre en ligne le prouve : le désordre amoureux est une frustration solvable.
 
 
 
En parcourant la presse financière, je lis que « le site de rencontre en ligne Meetic (FR0004063097 – code MEET) enregistre une progression soutenue de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2007 (+ 59%), après une excellente année 2006 qui a vu ses revenus croître de 83% et le nombre de ses abonnés de 90%. La communauté financière conseille d’acheter la valeur ».
 
 
Bigre ! Un chiffre d’affaires qui fait boum ! Un résultat qui vire au rose bonbon et des actionnaires qui grimpent au septième ciel.
 
D’autant plus incongru que depuis cette année le nouveau Meetic version Web 2.0 oblige les femmes à payer pour courtiser et se faire courtiser en ligne. Une rupture avec le modèle économique originel qui laissait la gent féminine participer librement et gracieusement à l’aventure et ainsi servir d'appât aux hordes de mâles avides d’accouplements fougueux qui, submergés d'effluves de phéromones numériques, n'avaient d'autre choix que sortir leur carte bleue et s'abonner. Que n’avait-on pas entendu à ce sujet ! Que de Cassandres unanimes à prédire une vague de désertion féminine ne laissant sous le pavé numérique de nos claviers qu’une plage de « sumos, moches, désespérées, mal baisées et/ou déséquilibrées », provoquant la panique des crabes de cocotiers et l’effondrement des profits. Cataractes d’inepties et de jugements hâtifs !
 
Le nouveau slogan de Meetic le clame : « Les règles du jeu ont changé ». Fini le temps où le mâle en rut coursait la fragile créature de ses vœux, fourche en main, jusqu’à la première meule de foin. Les femmes ont pris le pouvoir. Meetic, c’est la revanche d’Eve, offrant à Adam l’Apple qui lui permettra de la retrouver au paradis des galipettes à haut débit. Au risque de l’effrayer ? N’ayez crainte Mesdames, chassez le naturel, il reviendra en mode payant et en vidéo (au format « bête à cam » ?) dans une version 2.0 de l’éternelle parade amoureuse. Un philtre ADSL en prélude à toutes les ivresses ! L’amour en Open Source… Quand le « chat » fonctionne, les souris dansent. L’égalité des sexes ? Pas sûr… Tout au plus la possibilité pour les femmes de se comporter… aussi lourdement que certains rustauds.
 
Reste pour moi une énigme absolue, un des secrets les plus arcanes de notre société. Baba j’en suis… Avec une question qui me lamine jusqu’au tréfonds du dernier neurone : Comment Meetic fait-il pour augmenter continûment le nombre de ses abonnés, alors que son unique et noble vocation (celle qu’il affiche) est d’aider de purs célibataires à trouver l’âme soeur ? Ce qui devrait logiquement éroder chaque jour un peu plus le nombre de membres de sa communauté…
 
Mais vous me connaissez, et ces urbains mystères sont bientôt profanés par d’ardents reporters. Sans trembler ils prendront, des clichés explicites, de manifestations agencées par ce site.
 
Le premier a été réalisé lors de la réunion à Bercy de stéréotypes Meeticiens, hommes frustes se nourrissant de menus mensonges et de sexe (ou vice versa). Ndlr : l’affluence du palais Omnisports rendant l’accès difficile à nos équipes, la photo a été prise à l’extérieur.
 
 
 
 
La seconde photo a été prise en plein congrès des Meeticiennes intelligentes, belles, drôles, douces, compréhensives et sensuelles.
 
 
 
 
 
Les clichés ont l’avis dur ! Quel contraste éclairant ! Un doute m’assaille… Meetic serait-t-il donc devenu un nid d’abonnés caractérisés par une quête frénétique de relations furtives et par une tendance névrotique à se dépeindre (âge, taille, poids, situation familiale, revenus ou profession, objectifs de vie) sous un jour sensiblement plus avantageux que la (cruelle) réalité ne les y autoriserait ?
 
Moi qui fus jadis pion de cet échiquier, fou de ses moindres diagonales et le temps de quelques joyeuses Netscapades… l’amant de Lady Firefox, j’abomine à la vue des images, je me flagelle ! L’émotion me submerge et la cataplexie me guette ! Mamelouks et Bachi-bouzouks ! Si je ne me repentis pas séant d’avoir séduit quelque odalisque, je veux bien que le grand turc m’enterre candide… Mille cimeterres ! Qu’il m’enturbanne sultan et bien con dans les plis de l’indignation des masses bien pensantes… Vaurien libertin !
 
Sérieux ! Sûr qu’à ce rythme, le fonds de commerce n’est pas prêt de se tarir. En deux flashes l’abcès est percé… A présent, le jus de l’évidence coule, un glaire épais… Deux mille huîtres ! Je comprends subitement les recommandations hautement favorables d’éminents analystes financiers, unanimes à placer l’action Meetic au firmament des étoiles boursières et à lui conférer une place privilégiée, à la droite de L’Oréal et d’Air Liquide, au panthéon des valeurs dites de « fonds de portefeuille » ou si vous préférez… de « pères de famille ». Du parfait nougat ! Aucun souci… Y a encore montagnes de talbins à glaner dans cette aventure.
 
Mais ne craignez rien, l’être romantique que je suis, ne vous abandonnera pas pantelant(e) au seuil lugubre et glacé de ce billet, perverti(e) par d’abjectes considérations financières… Livré(e) transi(e) aux ravages d’un impérialisme capitaliste aussi libidineux que cynique.
 
Pour preuve, je vous laisse avec Baudelaire et Bossuet. Baudelaire qui évoquait déjà Meetic en ces termes fort prémonitoires « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxure, calme et volupté ». Et Bossuet qui écrivait plus de 3 siècles avant l’invention du téléphone portable, de la photographie numérique et des sites de rencontres « C'est dans la vocation qui nous prévient et dans la persévérance finale qui nous couronne, que la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et toute pure ». Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans (1670).
 
La voilà bien la rédemption de nos âmes Meeticiennes repues de luxure et de stupre…Alléluia ! Les temps sont venus pour chacun d’entre nous d’emprunter les voies jésuites de la licence globale… On aime et sème sur les messageries instantanées du désir et on s’unit pour le meilleur et pour le… PireToPire. Mais qu’il est doux de relire Bossuet, l’évêque de Meaux (sans « dem » celui là) à une époque où un accès ralenti à Internet est aussi pénalisant qu’un abcès dentaire en Transylvanie au XVème siècle. « Madame se meurt, Madame est morte... »… Sacré Bossuet… Il ne possédait pas la clé USB du paradis mais quelle modernité !
Par Argo - Publié dans : Meetic, vos mères et moi
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