Mercredi 13 février 2008
D’ordinaire, dans la profession de « top gun », le parachutage suit l’éjection
en plein vol. C’est cependant l’inverse qui s’est produit, à Neuilly sur scène,
pour un David Martinon aux faux airs de Val Kilmer. Prélude original à une chronique iconoclaste de la France contemporaine.
en plein vol. C’est cependant l’inverse qui s’est produit, à Neuilly sur scène,
pour un David Martinon aux faux airs de Val Kilmer. Prélude original à une chronique iconoclaste de la France contemporaine.
Quel embrouillamini sur Seine ! Tel son père, lâchant jadis Chirac pour Balladur puis Balladur pour Chirac et plus récemment les français pour les
hautes sphères des puissants, des riches et autres mélomanes, Jean Sarkozy aiguise son sens politique dans le rôle, certes modeste, du félon municipal de Sarkoville.
Sans le moindre grincement de pêne, Jean Sarkozy fait sauter le petit loquet Martinon. Tel Judas, il le met à la porte (pardonnez moi si parfois j’ai
l’ironie un peu… lourde). Le fils présidentiel débine le chouchou de l’ex première dame, candidat aussi putatif qu’empirique à la mairie de Neuilly, frappé de la double tare d’avoir jadis été
favori de Cécilia côté cour et d’être, dans l’instant et côté jardin, médiocrement perçu dans les sondages.
Oh quelle fine leçon de politique ! Quelle promptitude ! Quelle spontanéité dans la trahison ! Girouette, pirouette et pour des
cacahuètes ! A ce niveau, on confine à l’art. Et quel cruel sacrifice… l'anéantissement d’un ami. Pensez donc !
Saura-t-on jamais si cette décision fut inspirée par un « Quelqu'un m'a dit » soufflé à l’oreille d’un fils indécis et trop scrupuleux à
l’orée de sa vie politique ? Ou bien si elle est déjà la manifestation d’un penchant atavique pour cette forme absolue et héroïque de partage et d’abnégation du moi qui tient lieu, au sein
du clan Sarkozy, d’engrais pour le développement régulier d’une stature politique de premier plan ? Après tout, si comme le père l’affirme on peut « naître pédophile », alors
pourquoi, oserai-je vous demander, ne naîtrait-on pas félon ? Hein ! Pourquoi ? Quand il y a des gênes…
Ah Neuilly sur scène… Son univers impitoyable ! Ce matin, une folle excitation règnait parmi les habitants de ce quartier sensible, plus habitués au
subtil parfum du patchouli qu’au nauséabond remugle des latrines électorales. Dans le ghetto du neuf carré, pré carré des Sarkozy, de zibelines en visons ce n’était plus que forts frissons, longs
frémissements de frou-frous et demis soupirs sous mantilles et manteaux de cachemires. Bref, ça gloussait dur.
Imaginez un peu les têtes de Neuilléens (je ne suis pas sûr de l’orthographe de la fin du mot) ! C’est que dans leur royaume, depuis fort fort lointain,
elles sont rares les franches occasions de frivolité électorale. Autant que les opportunités de s’élever au-dessus de la morne banalité d’un monde de nantis. Ah que l’on doit se sentir exalté, le
coeur à la renverse et l’âme comme projetée à des années-lumière de la pénibilité d’un marché Windsor où on avait finit par se résigner à ce que le prix du kilo de poireaux rivalise sans fard
avec une perte de trading de la Société Générale. J’en tressaille…
Et que dire de cette lettre de Jean Sarkozy adressée aux Neuilléens et dont je ne peux résister à vous citer un passage « Guidés par le sens de nos
responsabilités à votre égard, nous avons considéré, en notre âme et conscience, que nous devions vous proposer un large rassemblement, ouvert à toutes les sensibilités ». Un large
rassemblement qui commence tout de même… par un petit démembrement. Quoi de plus naturel !
Mais prends garde, candidat ! Car un pastis à Neuilly, en terre séculaire du charme discret de la bourgeoisie et de l’UMP, ça fait bastringue… Comment
le président, fin renard de la politique n’a-t-il pu voir venir et régler la chicane qui couvait depuis un moment entre son porte-parole et… son propre fils. Bizarre, sur ce coup, il est
singulièrement aux abonnés absents, Nicolas.
Parce que c’est fatras cette affaire… C’est Clash pire que cent dix mille « Rock the Casbah »… Et puis, imaginez que ça donne des idées à d’autres. Tiens, François Lebel (l’homme qui a uni le couple
présidentiel), maire sortant du VIIIe arrondissement et candidat dissident face à Pierre Lellouche, a demandé à l’UMP de lui restituer l’investiture, dans la foulée de « l'affaire de
Neuilly ». Grosse colère de Lellouche qui reçoit aussitôt le soutien inconditionnel de Patrick Devedjian. Et à Neuilly, le dissident non UMP Fromentin reçoit le soutien de l’UMP alors
que l’UMP Teullé, ex colistier investi UMP et traître à Martinon, crée sa propre liste dissidente. Gros désordre dans la maison bleue. A quand la débandade générale ?
Suite à « l’affaire de Neuilly », Nicolas Sarkozy, lui même crédité de sondages aussi catafalqueux que la tête de l’immam Kerviel surpris
en train de dévorer le petit cochon dans la Mosquée Générale, est ressorti berzingue de sa boite de Pandorre. Délaissant sa dulcinée, il a surgi du (chapeau) claque à la vitesse d’un lapin
Duracell shooté aux amphétamines pour, une fois de plus, enfourcher son plus fidèle destrier : le JT de 20 heures.
Tiens ça me rappelle ma jeunesse, quand on chantait : « Un cavalier, qui surgit hors de la nuit et court vers la mésaventure au galop. Son nom,
il le signe à la pointe de l'épais, d'un Z qui veut dire Zéro ». Pardonnez si la mémoire me fait parfois des faux.
Dimanche soir, la cravate un peu de travers tout de même, il s’est fendu d’un discours magistral pour dégoiser à une majorité de
couillons s’étant opposés au traité Européen, fut-il bénéfique, mini ou de Lisbonne, qu’il avait gagné… son pari de passage en force. Je sais bien que la mode n’est pas aux SOS, et encore moins
aux SMS, mais j’ai du mal à comprendre l’intérêt de jeter ce kokorikesque message à nos faces plutôt qu’à celles des collègues chefs d’états européens avec lesquels il avait parié ?
Serait-ce un autre écran de fumée ?
A force de chercher à reprendre la main par des contre-pieds dignes de son compatriote Puskas (dit le major galopant), Little Miss Sunshine va
finir par se prendre les nougats dans la descente de lit. Parfois, on a le sentiment qu’il vaudrait mieux qu’il reste à explorer la carte du tendre.
A moins que ce ne soit déjà le premier effet du plan « Espoir banlieue », l’illustration du fameux « busing » par exfiltration du candidat Martinon depuis
la banlieue déshéritée de Neuilly vers un poste de soixante treizième colistier sur la circonscription du Val Fourré à Mantes la Jolie. Quel bel exemple de discrimination positive ça
ferait ! Et quelle victoire pour Fadela !
Je sais bien que dans ce quartier sensible du 92 on se consolera vite de la perte d’un David Martinon affublé d’une tête de « ouinneur » qui lui
aurait valu à la scène une invitation enthousiaste à un fameux dîner de la part de Thierry Lermite.
Mais il a quand même bien droit à une petite oraison funèbre, le malheureux. Et qui pour la faire à l’Elysée ? Le porte-parole sursitaire ? Vous
n’y pensez pas ! Allez tiens, ma bonté me perdra, je m’y colle et sans épargner mes oxymorons.
« Adieu donc, chants de la sirène Martinon dans la fraîcheur matinale d’un marché populaire de Neuilly (là ça va peut-être un peu loin comme
oxymoron). Adieu bientôt, ténus trilles de petite flûte déversés aux avides et multicolores micros tendus sur le perron de l’Elysée ! Adieu bûcher des vanités. Adieu délices ministériels,
vous qui n’avez fait que sonner le glas d’un cœur sombre et morose ».
Une dernière question avant de m’effondrer en pleurs… Au sein d’un cercle Elyséen qui se fonde de plus en plus sur l'idée (saugrenue ?) que la France
serait envahie par d’occultes et noires puissances, hostiles au Président transcendant et néfastes à ses fastes, est-on en train, à l’UMP, d’ériger la trahison en bonne pratique politique ?
Certes, vous me direz que c’est déjà fait ailleurs, et notamment au PS et au Modem qui compteront bientôt dans leurs rangs plus de déserteurs qu’il ne reste en Méditerranée de thons rouges, ces
grands pélagiques avec qui ils partagent un don certain pour la nage rapide entre deux eaux.
Alors ? A chaque César UMP son Brutus ? On se prend à rêver. Guéant et Guaino déserteurs… Le petit salé abandonné, seul… sans ses lentilles.
Fièvres et délires ! Un président moribond finalement lâché par son premier ministre, éructant, dans un dernier râle, « Tu quoque mon Fillon ». Divagations… Mais quel
pied ! Et pour le coup, quelle teuf à Neu-Neu !
par Argo
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3615 code j'en peux plus
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