Dimanche 27 mai 2007
7
27
/05
/2007
01:03
Hier à l’hôpital, j’ai prononcé un discours à la cantine pour mes camarades.
« Camarades ! C’est un fait. L’utopie du journalisme a été tuée par l’infernal, gigantesque, odieux capitalisme libéral. Il est tenu en main par Sarkozy, l’archange démoniaco-démocratique et son cercle d’infâmes barons milliardaires : Bouygues, Lagardère, Dassault, Bolloré, patrons de presse et marchands de canons, suppôts du mondialisme et intéressés au plus haut degré à tout ce qui ferait envoyer sur le champ nos viandes laborieuses grésiller au bûcher très purificateur du dieu Dollar. Nos barbaques au barbecue et dare ! C’est là qu'ils nous veulent ! Jambons et bien rôtis à la broche de l’idéologie mystificatrice et salvatrice. Nos sept chakras carbonisés en même temps pour les nobles causes… Le CAC 40, la banque mondiale, le forum de Davos…
Camarades ! Oui, je crois à la fin de la presse indépendante, au retour de la censure, aux infinis complots impérialistes, à « 1984 », à l’invasion de la terre par les extra terrestres et aux sacrées fournaises.
A compter du 6 mai, je suis entré en résistance, je veux être l’agent Mulder du pauvre, le David Vincent des opprimés de Sarkozy, cet envahisseur qui respecte la liberté de la presse autant qu’un livreur de pizza à scooter respecte le code de la route… »
J’en avais encore deux pages comme ça, mais les infirmiers m’ont obligé à prendre une douche (froide) et ramené dans ma chambre. J’ai même pas pu finir ma côte de porc coquillettes. Qu’importe ! J’ai les preuves du complot et de l’assassinat de la liberté de la presse. Je les donne ici, avant que les puissances capitalistes ne fassent fermer ce blog.
Une dépêche de l’AFP (Agence Française de Propagande), affirme que « le photographe officiel de la présidence de la république vient d’être limogé, à la demande de Nicolas 1er ». Ce journaliste était, selon l’AFP, « un brave homme et un professionnel reconnu qui avait servi sous Mitterrand et Chirac sans que personne n’y trouve à redire ».
Je sais, c’est facile mais ça me fait rire. Et comme ils sont pas prêts de m’en faire sortir de l’hôpital, au point où j’en suis, j’en profite.