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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

Jeudi 21 juin 2007
Il y a des semaines comme ça. Des semaines de ruptures. Avant le second tour des élections, c’était calme. Et puis ça a commencé brutalement, dimanche, un orage médiatique qui craque, puis lundi, un ministre qui démissionne, un premier secrétaire qui s’accroche, et un livre, mercredi. Jusqu’où ?
 
Dimanche, on a eu droit à une soirée exaltante. Le résultat des législatives ? Meuh non ! La composition de la chambre des 577 députés qui nous gouverneront 5 années ? Non plus ! Ca, tout le monde s’en fout énormément. La composition de la chambre conjugale du couple Royal-Hollande. La voilà l’info de la soirée, la bombe, le champignon vénéneux en intraveineuse, plein débat électoral, Hiroshima sur la une, le désordre injuste, la salmonelle en direct sur tous plateaux télé. Vous me direz : tant que ça reste des histoires de chambre.
 
Dimanche donc, peu avant 22H30, la nouvelle de la séparation des amants du PS tombe. Jeanne d’Arc est aux manettes, elle a tout organisé, prévu, planifié. Soit disant, il y avait des fuites, ça pouvait pas attendre le lendemain. On a pensé à protéger les enfants. Ben voyons ! Alors elle tranche, elle largue à Melle. Ca tombe bien, en pic d’audience. On parlait plus trop d’elle sur les plateaux télé et la vengeance est un plat qui se mange… médiatique. Marie Ségolène, c’est la France qui persévère, un peu comme Dominique Voynet (oui je sais, c’est un peu ardu). On la jette par l’urne, elle revient par la lucarne. Le bouté, François, est aux abris, vasistas clos, prudent. Ses collègues moins… En première ligne, sur toutes les chaînes, pris au dépourvu, ils ont pas vu le grain venir, même pas le temps de prendre un riz, ébaubis puis encalminés en eaux grasses, butés dans la motte à purin, refroidis à fond de remblai. Quelle rigolade en direct… Merci Ségo Marx !
 
Certes, c’est formulé en termes édulcorés, on croirait de la rancœur de synthèse, de l’aspartame de dépit amoureux « J'ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d'être heureux ». L’édit de Melle, version Flaubert, pas Zola. On connaissait l’appel du 18 juin, à présent on a le râteau du 17. Quand la littérature croise la grande Histoire…
 
Au passage, on peut apprécier le « désormais étalée dans les livres et les journaux ». On comprend pas bien si elle parle de l’« histoire » ou d’elle. Surtout quand on sait que Ségolène Royal avait réservé la primeur de ses déclarations aux journalistes de l’AFP, Christine Courcol et Thierry Masure, pour leur livre « Les coulisses d’une défaite », dans lequel elle impute une liaison à son premier secrétaire de compagnon. Alors que dans le même temps, elle et François Hollande ont réclamé par voie de justice 150.000 euros aux auteurs du livre « La femme fatale », évoquant, entre autres joyeusetés… la même supposée relation extraconjugale. En France, l’important c’est pas ce qu’on publie mais où et quand c’est publié. Tout est dans la discrétion d’approche, la malveillance monnayée, organisée, estampillée AFP, la délation sincère avec fifres légers, sourires de classe, tailleur Chanel et brushings soyeux. Les frasques on en fait des fresques. Et bien sûr du frisque ! Parce que jouer avec les droits d’auteure de la madone, divulguer ses auto-ragotages avant l’heure, laminer ses sublimes tirages, c’est proprement impensable, pire staphylocoque doré que cocufiage mondain, impétigo social, anthrax même pas imaginable…
 
Le premier secrétaire du PS et plus vite néo SDF n’a pas voulu s’étendre sur le sujet. En avait-il perdu l’habitude ? Comme il l’a confié aux journalistes « J’ai toujours veillé à séparer la vie privée de la vie politique. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire ». C’est vrai qu’il séparait la vie privée de la vie politique. La preuve ? Il aurait délaissé Ségolène pour une journaliste. Quel tact ! Si c’est pas des façons de gentleman, des paraboliques infinies de savoir-vivre, de la fine arabesque…
 
Mais quel grand seigneur ce François. Crucifié lisse, raide à sa croix, sans la moindre rebuffade… Maginot sur toute la ligne ! A croire qu’il était vraiment soulagé et/ou pressé d’aller revoir sa Normandie (pour le vrai prénom, je vous recommande les hautes lectures dictées par Marie Ségolène ; je fournis que les rimes, et bien pauvres). Elle le châtie… Lui châtie sa langue ! Moi à sa place, j’aurais pas hésité une seconde. Je me connais ! Véhément comme je suis, j’y aurais missilé recta une dépêche AFP à la madone, par retour de service gagnant le long de la ligne de flottaison, voire un peu dessous, façon Roger Federer, un parpaing du style « J'ai demandé à Ségolène Royal de quitter le PS, de vivre sa carrière politique de son côté, désormais étalée dans les instituts de sondages, et je lui ai souhaité d'être élue ». 15A, balles neuves !
 
Au lieu de ça, il fait profil bas, il s’hermétise, s’occulte, coagule sa rage. Elle, au contraire, s’épanche, fielleuse, pousse les feux, attise tous les incendies. Il n’est même pas cicatrisé qu’elle l’entreprend sous toutes coutures, le dépèce à vif, sans anesthésie, sanguinolent, membre après membre. Elle le propulse Titanic sur d’atroces icebergs ! Elle veut l’envoyer congeler vingt mille lieux sous les glaces. Pas moins ! Elle se perd en ordonnances royales (de juillet ?). En plus de le bouter hors domicile conjugal, dans la foulée, elle veut prendre sa place de premier secrétaire du PS ! Qu’il redevienne militant de base quai de Valmy, cheville ouvrière, en coutil rugueux, grelot sous la tente. Séparé du pouvoir, de l’état et privé d’oxygène, aujourd’hui, demain, puis demain et puis encore demain, jusqu'à la dernière syllabe du registre des temps… Lady Macbeth réincarnée !
 
Mais là où ça risque d’être coton, c’est que François, c’est pas une chenille politique, c’est ni la moitié d’un cocon ni Duncan, c’est féroce animal, et bien bourrique quand nécessaire. On lui impose la rénovation du PS ? Lui répond « Je maintiendrai ». Sous entendu « moi ». Devise royale et de Hollande ! Vous pouvez vérifier, c’est gravé en toutes lettres sur les armoiries du royaume des Coups Pays-Bas. D’ici à ce qu’il négocie la présidence de la commission des finances avec l’homme qui dit qu’il va faire ce qu’il a dit qu’il allait faire (on peut continuer à l’infini pour ceux que ça amuse)… Parce que question ruptures tranquilles, ces deux là, il est incontestable que les événements les ont rapprochés. De là à organiser un échange Cécilia Ségolène, un Grenelle de la désintégration conjugale visant à envoyer les deux reines en congé sabbatique sur le Paloma…
 
Et pendant ce temps, autre rupture, on perd Alain « meilleur d'entre nous », notre Cyrano de pas très loin de Bergerac, ex ministre d’état, dépité à vie et maire pour plus très longtemps. Il est muté au ministère de la défaite électorale durable. A présent, plus Vert que lui, on peut pas trouver ! Le pauvre, il va de Carignon (alias « prison break ») en Scylla. Pour s’occuper, il va finir par faire des courses de côtes avec le paysan du Béarn, 4X4 contre tracteur.
 
Quant au Grenelle de l’envie de ronronnement, il attendra octobre. Le temps que Nicolas Hulot finisse son tournage pour TF1, que Bernard Laporte termine sa coupe du monde pour la Société Générale et que Jean Louis La Gaffe déménage de Bercy à Grenelle, si possible en abandonnant ses idées de planter de l’hévéa social à tout bout de champ politique. En octobre, Nicolas et Pimprenelle s’occuperont de l’environnement. On va pas s’endormir... Juré ! Croix de bois, croix de fer, si je mens qu’on me déferre au tribunal de Nanterre. On négociera ni le nucléaire, ni les OGM, ni les acides de Rhône Poulenc. Et pour le reste on cultivera tout tiède, sous serre MEDEF et ses effets, après les canicules médiatiques, à l’ombre de la rentrée sociale. Y va y avoir du sport… Mais tout le monde doit rester tranquille.
 
Que voulez vous ? C’est la saison des ruptures. Cette année, même Airbus a vendu des avions au Bourget. C’est dire ! Certes, il reste encore à les fabriquer et à les livrer… Et c’est une autre paire de manches (à air). Mais on peut toujours rêver. Croisons les doigts. Aide toi Airbus, l’aiguilleur du ciel t’aidera !
 
Bon, je dois vous laisser. C’est que moi aussi j’ai des anévrismes et une semaine sexuelle, sentimentale, politique et aérienne à assumer. C’est pas simple... Et quand on voit toutes ces ruptures, tranquilles ou pas, c’en est même effrayant.
par Argo publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Commentaires

Normal il me semble... Meetic est passé par là. Aujourd'hui, on zappe l'amour au premier accroc. Plus personne ne se souvient que l'amour commence quand les trois années fusionnelles s'estompent. Encore que nos couples politiques n'ont jamais du les vivre, ces années là, si utiles à l'attachement.


Décidément, nous ne somme que de sombres brutes. J'aime beaucoup tes notes.


Bises. Penny

commentaire n° : 1 posté par : Pénélope (site web) le: 23/06/2007 19:29:18

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