Entendant hier Nicolas Sarkozy en appeler pour la énième fois au « bon sens populaire », je me suis posé la question suivante : Mais qu’est ce au juste que ce fameux «
bon sens populaire » ou «
collectif » que les hommes politiques nous présentent continuellement comme une vérité absolue, à propos d’écologie, d’économie, de traité et mini traité constitutionnel Européen, d’OGM, de mondialisation, en somme de tout et de pas grand chose ?
Pour illustrer la valeur et la pertinence du concept de « bon sens » populaire ou collectif, quoi de mieux que de partir de l'analyse d’un proverbe, défini par le Larousse (2000) comme un « court énoncé exprimant un conseil populaire, une vérité de bon sens ou d’expérience... » ?
J'ai donc décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique sur ce blog : « Un jour, un proverbe ». Et pour débuter, ce fleuron : « Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ».
« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles » ! J’ai longtemps cru, dans mon innocente adolescence, que ce proverbe s’appliquait à ces états mélancoliques où l’absence de nouvelles conquêtes féminines me poussait, par une sorte de mécanisme naturel de compensation affective, à revenir invariablement vers l’avenante et rousse employée de maison de mes parents, « Frida » pour les intimes dont j'eus le bonheur d'être et, de façon plus générique, « La bonne » pour les autres.
Las, j’ai du me résigner à une explication moins romantique, acquise le jour où, contraint de voler de mes propres ailes, la crise du personnel associée à une diminution sensible de mon pouvoir d’achat mirent un terme définitif à des fantasmes de soubrette échafaudés dans le confort petit bourgeois des trente glorieuses.
Aujourd’hui, j’ai du mal à souscrire à la part de vérité universelle que ce proverbe est censé contenir.
Prenons ce blog en exemple. Sans nouvelles de ma part, vous devriez nécessairement conclure que tout va bien pour moi. Alors que je pourrais être mort... Et à contrario, tout billet, toute nouvelle, fût-elle excellente, devrait nécessairement vous inciter à penser que je vais mal. Et l’accumulation d’un trop grand nombre de contributions serait pour vous le signe irréfutable qu’un désastre imminent plane au dessus de ma tête.
Au terme de ce raisonnement limpide, j’aurais tendance à me méfier des proverbes, du « bon sens populaire », des majorités en général et des hommes politiques, en particulier. D’un autre côté, je verrais comme une très « bonne nouvelle » le fait de n’avoir « pas de nouvelles » de certains hommes politiques un peu trop en vue ces derniers temps. C’est toute l’ambiguïté ! Le doute qui m’assaille ! Cette crainte sournoise que les fruits d’une pénétrante lucidité ne gâchent ceux d’une imagination trop fertile. Et réciproquement.
Et pour ceux que mon raisonnement aurait pu égarer, j’ajouterai par souci de simplification et de clarté que si la parole est d’argent, le silence est d’or et que toute vérité n’est pas bonne à dire à un homme averti qui en vaut deux et dont l’habit ne fait pas le moine. Chacun se fera son opinion et au plaisir d’avoir de vos... Mais ceci est une autre histoire...
Vos délires