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De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

 

Lundi 1 septembre 2008
Peut-on concevoir un système qui, à partir d’une seule impulsion initiale, continuerait à fonctionner indéfiniment ? Non répond la physique moderne. Oui, lui rétorque Nicolas Sarkozy, quarante ans après les Shadoks. Démonstration.

Des années après que le lapin Duracell et les Shadoks, ces infatigables défricheurs d’absolu, aient éclairé pour des fous l’étroit chemin menant à l’improbable solution, Nicolas Sarkozy, s’appuyant sur les travaux de ses illustres prédécesseurs, est parvenu au terme de la quête du Graal de la physique : il a découvert le secret du mouvement perpétuel en politique.
 
A la base, le talent de Nicolas Sarkozy, consiste à se faire passer pour l’homme providentiel. Ca lui a valu une élection. Cet homme triomphe à se rendre indispensable. A l’instar du pompier pyromane, il excelle à créer mille désordres qu’il se propose aussitôt de résoudre, à allumer mille feux qu’il se précipite naturellement pour éteindre.
Son art, notre chercheur infatigable l’a rodé de longue date, à l’époque où, minuscule ministre de l’Intérieur, il se faisait déjà la pogne, à grand renfort de condés et de désopilantes métaphores sanitaires, au tréfonds des banlieues contestataires et déshéritées (on se demande bien par qui).
 
Depuis, il a formé ses disciples, concoctant au fil des années un assortiment assez joliment réussi d’hommes et femmes-sandwiches de ses idées, dont émergent, il faut le reconnaître, certains croquignols d’exception qui, par la portée considérable de leurs saillies, s’essayent invariablement à tutoyer le génie du maître et, si possible, à le surpasser.
 
Bien que cet inventaire « à la pervers » n’ait pas la prétention de refléter la richesse du patrimoine spirituel ou comique de nos gouvernants (ambition dont le lecteur comprendra aisément qu’elle dépasse, et de loin, le propos de cet article, la capacité de synthèse de son auteur et le format d’une chronique), on peut songer aux Bernard Kouchner, Rachida Dati, Rama Yade, Christine Lagarde, Christine Boutin, Christine Albanel ou Henri Guaino... Et, plus largement, à ceux qui étant directement entrés en politique par le large portail du palais présidentiel et non par la fente étroite et incertaine des urnes, sont intégralement redevables de leur carrière au chef Shadok, singularité qui leur impose le déploiement d’une ingéniosité de fayotage opiniâtre et féroce pour se maintenir dans la fonction ministérielle et ne pas faire l’expérience du « Goulp », cette brutale nomination consulaire dans un outre-trou atlantique qui a déjà englouti un de leurs porte-parole. Respirez !
 
Mais cet art de Nicolas Sarkozy, fût-il servi par un volontarisme infernal et une énergie formidable, n’aurait pas suffi à l’élever au rang de génie s’il n’avait su l’associer étroitement à la technique du mouvement perpétuel, Graal incontesté des physiciens que seuls quelques Shadoks et leur pompe à cosmogol 999 avaient réussi à approcher dans les années 70.
 
En apparence, le principe de Nicolas est aussi simple que génial : plus il agit, plus il fait de dégâts et plus il fait de dégâts, plus se fait sentir l’impérieuse nécessité d’agir. Toutefois, il faut se méfier de ces apparentes simplicités qui recèlent invariablement des mécaniques beaucoup plus complexes à mettre en œuvre qu’il n’y paraît au commun des mortels. Faire fonctionner correctement la pompe à problèmes impose le respect de deux règles-clés.
 
Première règle : la centralisation absolue des décisions. En effet, selon le postulat formulé par Albert Einstein « On ne peut résoudre un problème avec le même type de pensée qui a créé le problème ». Il est donc impératif, pour entretenir un régime permanent de difficultés, de confier la résolution des problèmes très exactement à ceux qui les ont imaginés et créés. Nicolas Sarkozy l’a bien compris qui préfère éviter la confrontation parlementaire ou (quelle horreur) référendaire, pour s’en remettre exclusivement à lui-même, voire à une garde très rapprochée de conseillers ou, éventuellement, mais c’est plus rare, à un cercle restreint de ministres carpettes évoqués plus haut et sur lesquels il peut copieusement s’essuyer.
 
Ainsi, la pompe élyséenne s’auto-alimente-t-elle des réactions suscitées par les désordres qu’elle engendre pour compenser, en permanence, l’énergie dépensée à entretenir un flot ininterrompu de nouvelles solutions inappropriées. Bref, à chaque solution, son problème et ainsi de suite...
Le paquet fiscal ayant mis les finances de l’Etat à sec, ce dernier ne peut plus améliorer le pouvoir d’achat des Français, augmenter les minima, les retraites. Alors la consommation chute et les recettes fiscales de l’Etat diminuent et le déficit se creuse. Pour endiguer le déficit, l’Etat crée de nouvelles taxes (sept depuis le début du quinquennat) qui mettent le Français un peu plus à sec et la consommation rechute et les recettes de l’Etat rediminuent. Il compense alors les moins-values fiscales par des coupes dans le budget au risque de plonger l’économie française dans la récession et de laminer encore un peu plus le pouvoir d’achat et la consommation, etc. J’arrête là parce que c’est pénible et que je n’arrive même pas à me comprendre quand je relis (selon la logique Shadok, ça signifie que ça doit être intelligent).

 

En matière d’économie, Nicolas Sarkozy propose une synthèse raffinée de deux postulat Shadoks selon lesquels « Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir... En d’autres termes... Plus ça rate et plus on a de chances que ça marche » et « Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller... Et le plus vite possible ! ». Il n’y a qu’à constater le nombre ébouriffant de projets de réformes bâclées et de lois approximatives qui déferlent, en ce moment, sur le Parlement comme une nuée de CRS sur un parcours de flamme olympique.
 
Et, en matière de fiscalité et réduction des déficits publics, il est l’inventeur du vase communicant sans eau, ingénieuse robinetterie qui, si elle fait moyennement sourire nos partenaires européens, peut assurément lui valoir le premier prix au concours Lépine (du pied).

 

Seconde règle : ne pas hésiter à dire une chose et son contraire. L’incohérence systématique et la contradiction en boucle procurent en effet un combustible quasi inépuisable pour alimenter le foyer du mouvement perpétuel. De nouveau, cela peut paraître simple. Encore faut-il y mettre la manière. Sur le fond, peu importe que vous ayez tort ou raison. Seule la forme compte.
Il faut absolument éviter le véhément, le surabondamment notifié, mode trop souvent adopté par Rachida Dati ou Rama Yade, sous forme de démentis cinglants et virulents. Exemple : les fameuses « conditions » supposées par la France à la participation de Nicolas Ier lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin.
Position dont, entre parenthèse, l’humanité entière, à commencer par les Chinois qui en forment un bon cinquième, se fout comme de connaître le bruit et l’odeur du string d’un moine tibétain après huit jours de poursuite intense par les troupes gouvernementales chinoises à travers l’Himalaya.
 
Quelle grossière pirouette Rama ! Il valait mieux vous appuyer sur cette autre devise Shadok « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ». Ainsi, vous auriez gagné à utiliser le mode « embrouillamini » privilégié par votre patron de président qui sait si bien nous expliquer (accrochez-vous) qu’il fait ce qu’il a dit qu’il fera et son contraire... aussi... qu’il a pas dit, parce que les Français (nous ?) lui en tiendraient rigueur s’il ne le faisait pas.
Accepter l’entrée de la Turquie dans l’UE, renforcer la présence de la France en Afghanistan, décréter un plan de rigueur, supprimer la carte famille nombreuse, la rétablir. J’en passe des non remboursées par la Sécu et des meilleures. Une chose et son contraire... Faire, défaire mais agir, toujours.

 

C’est que, de nos jours, l’incohérence est à l’homme politique ce que le carbone est à la plante. Et croyez-moi, ça pousse dru ! Prenez sa sinuosité Nicolas en chef et le dossier chinois. A Pékin, quand on l’entend, en avril, chipoter sur sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux, claquer un abscons « je ne ferme la porte à aucune éventualité », puis la chenille qui redémarre et la clique de ses ministres qui s’emmêlent les baguettes derrière en durcissant le ton avant d’être contredits, on se demande où est passé l’honorable VRP qui, lors de sa visite officielle en novembre, réaffirmait qu’il n’y avait pour Paris qu’une seule Chine, et que l’île de Taiwan en faisait partie.
Il ne faut pas s’étonner si, même en leur déterrant notre armée pour mettre la flamme olympique sous cloche si peu tibétaine, même en transformant Paris en cité interdite, le président Hu Jintao se montre à présent aussi peu jovial à l’idée d’honorer les 20 milliards de contrats qu’à entamer une partie de mah-jong avec un yack népalais.
 
A défaut, vous auriez pu, Rama, tout aussi bien prendre exemple sur Bernard Kouchner, spécialiste incontesté en matière de volte-face et quadruple boucle piquée. Nicolas Sarkozy avait déclaré sur France 2 le 26 avril 2007 qu’il « retirerait nos troupes d’Afghanistan s’il était élu ». Kouchner 2.0 justifie aujourd’hui l’envoi de 700 soldats français supplémentaires en expliquant que « c’est la seule façon que nous aurons, légitime, de nous en aller de cette guerre »... Bignolles ! Le professeur Shadoko n’aurait pas trouvé mieux. A côté de tels sommets, l’Everest passe pour une termitière.
Partir c’est... revenir un peu, aurait pu écrire un autre Bernard : (je précise que la réponse Laporte, en un mot comme en deux, est un contresens). Seulement Kouchner sait y mettre la manière quand il se lance dans une de ces bouleversifiantes et interplanétaires envolées dont il a le secret. A côté de sa mine dpéconfite, la détresse absolue d’un All Black devenu subitement amnésique au moment du Haka, passerait pour de la joie intense. Au final, on hésiterait presque à le plaindre sincèrement.
 
Quant à nous simples citoyens, les données sont simples « À droite du ciel, il y a la planète Sharkodok... Elle n’a pas de forme spéciale, ou plutôt elle change de forme tout le temps. À gauche du ciel, il y a la planète Royal Gibi, mais on ne la voit presque plus. Au centre du ciel, il y a la planète orange qui penche, soit d’un côté, soit de l’autre ». Alors fuir, je veux bien... mais de quel côté ? En moins d’une année, on nous a englués en perplexité, on nous a chamboulé les tangentes !
 
Hélas, mes amis, j’ai bien peur qu’il faille nous résigner à adopter la sage devise Shadok « pomper pour vivre et donc vivre pour pomper ». Et mieux encore si on en croit notre président... pomper plus pour pomper plus !
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Mardi 22 avril 2008
Que de bruit pour rien. La marionnette Ménard ressort de son placard et entraîne quelques citoyens à manifester contre la flamme olympique, une poignée ( à l’échelle de la Chine) de manifestants chinois boycotte en retour des supermarchés français. Liberté et spontanéité ici ? Manipulation et propagande ailleurs ?

Mais la France, ce n’est ni Ménard, ni Mélanchon et la Chine, 1,3 milliards d’âmes, ce n’est pas non plus l’écume de quelques manifestants anti français ou de trois déclarations à l’emporte-pièces.

Prendre le sport en otage, vilipender le CIO pour avoir "osé" accepter la Chine en son sein, alors qu’elle fait partie de l’ONU et qui plus est de son conseil de sécurité, sans que personne n’y trouve à redire... alors que des milliers d’entrepreneurs se battent pour s’y implanter... alors que les chefs d’états de la planète s’y pressent en visite officielle... Ah mais quel infâmes salauds ces membres du CIO !

Tout ça, c’est du vent. Des caricatures. Du bluff candide. Des leçons de morale données au monde entier par les défenseurs de la liberté et de l’ordre, par ceux qui s’octroient le droit de diviser le monde en deux, les bons d’un côté, les méchants de l’autre, définitivement (comme les USA le firent avec l’axe du bien contre l’Irak) et bien souvent sans savoir.

Par ceux qui combattent la violence avec les armes de la violence, l’exclusion, l’anathème et font ainsi tout pour la perpétuer, en s’affirmant comme les seuls détenteurs de la morale ou de l’ordre, tristes prédicateurs qui ne resteront au fond que des artisans de statu-quo.

Sortirons nous un jour de cette mythologie torrentielle, absurde et contre-productive ?
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Lundi 21 avril 2008
Préambule : Au XVIe siècle, William Shakespeare voyait déjà la vie sociale comme un théâtre. Un billet de politique spectacle, dans une langue légèrement plus contemporaine. Bienvenue chez les j'tés.




Acte I, le seul, où on lâche tous les coms.
 
 
Palais de l'Elysée, salon Murat, salle du Conseil des ministres. Un mercredi. Les membres du gouvernement sont dans la place. Nicolas est dans la place.
 
Nico - Yo les poulpes, dès que j'arrive au boulot, j'ai la rage du cachalot (ma parole ce matin, j'kiffe trop l'alexandrin). J'vous lis dans la presse, j'vous capte sur Youtube. C'est stylé, la vibe est bonne. Y'a pas, ça lacère les rétines... ça claque les tympans... du gros son. Là mes gothiques, j'dis bravo... Rasta fari yeah men, continuez, c'est de la pure joie... Encore six mois comme ça et on se fait tous éjecter de la cité. Bienvenue chez les pschitt.
Ah, j'ai vraiment pas la dore... il part à dreuz ce quinquennat... en distribil... et franchement, ça me fout le seume. Alors à partir d'aujourd'hui, on change le style, on modernise... Après bling-bling, c'est génération wesh-wesh ! Compris ?
Les ministres, en choeur - Wesh wesh yo Nico !
 
Nico - Wesh wesh DJ François. Il fait quoi mon luxuriant premier génie pour endiguer les plantureuses frénésies de son gouvernement ? Portenawaque ! Ah, pour se faire reluire à coup de réformes de ouf, il se la donne... pour caracoler en tête dans mes sondages, il assure grave bogoss... Mais pour le reste... C'est Walou et Futuna ! Keutchi ! Faut changer de skeud.
François - Comment je lui ai niqué sa race à c'bouffon ! (Libre traduction ndlr : Opposé à cet individu qui ne partage pas ma sphère intellectuelle, je sors indéniablement vainqueur en termes d'opinions favorables dans la population, et ceci en toute modestie, et avec la sportivité, la loyauté et la probité qui siéent en pareilles circonstances).
Nico - Pardon Brutus ?
Brutus - Yo Nico !
 
Nico - Je préfère. Haanpaa Michèle, ta rage sur l'affaire de la banderole. Pire old style Mam ! Deux associations rayées du virage dont une qui s'était déjà auto dissoute une semaine avant. Tu ne savais pas ? Sur onze coupables dans un stade truffé de caméras pire qu'une piscine de loft story, trois interpellations seulement. Comment j'ai adoré ! Franchement respect ! Et les huit autres ? Bienvenue chez les sch'mitt. La zonzon, c'est en option ?
Michèle - Ils ont signé à la Star Ac et TF1 veut pas les lâcher de son kop.
Nico - Pardon Lady Macbeth ?
Lady Macbeth - Yo Nico !
 
Nico - Et toi Nathalie. Comme ça, quand je suis à Londres, c'est la chouille chez les Borloo ?  On pichtave de la 8.6 comme des charclos. On a mangé la chiste ? Résultat, le lendemain, on scotche le chef du moove, « langue de bois » Copeaux ! « Concours de lâcheté »... fun à souhait ton couplet de 16 ! Trop de la balle ! J'ai rien contre la teuf, le sky ou l'humour en milieu hostile. Moi-même, avant... Mais là !
Nathalie - Deux trois... En force !
Jean-Louis - Fais tourner la teuillebou kwa !
Nico - Pardon Perdita ? Et toi Polyxène ?
Perdita et Polyxène - Yo Nico !
 
Nico - Et toi Fadéla. Depuis que l'intégrale du plan « Espoir banlieue » a été publiée dans le Figaro Madame, on en est où ? T'as envisagé un budget avec Shylock, une loi, le parlement ?  Le genre de taf qu'on fait quand on est ministre, tu vois ? Parce qu'entre Modes et Travaux et le Journal Officiel, je m'excuse Fadéla, mais c'est mon cul et tarte aux mirabelles. Si j'avais su, j'aurais nommé l'autre roloto, Begag à ta place, ou Joey Starr, ou Estrosi... après tout le neuf cube c'est un département français d'Outre-mer, non ? Mais réponds Fadé ! On l'entend plus ? Elle est où Fadéla ? Elle s'est fait rodave par les keufs en arrivant ?
Les ministres (ensemble) - Dans la cage d'escalier.
Nico - Pardon Lavinia ?
La voix de Lavinia, sous l'ascenseur - Yo Nico !
 
Nico - Et toi Rachida, j'avais dit halte au bling-bling. Même moi j'ai changé, je vis en scred avec Lacar, plus de yachts, à peine de Rolex. Y'a plus une tune dans les caisses, j'envisage mes futurs mouves, casquette sur bandana, à cinq dans une Ami 6 pourave. Je vais peut-être organiser la prochaine garden-party de l'Elysée dans le stade municipal de Villiers le Bel. Et toi tu fais exploser le budget de fonctionnement du ministère... trankil... 270 000 euros en restos et frais de maquillage. Qu'est ce qu'on va faire de toi ? Qu'est ce que t'as dans la tête ?
Rachida - Des romances nerveuses ! Des romances nerveuses !
Nico - Pardon Ariel ?
Ariel - Yo Nico !
 
Nico - Nadine, total respect. Comment que t'as assuré sur la simplification du versement des allocs. Comment que tu les as choucrouté, les naves. De la bombe ! Toi qui tâtes en règle de trois, tu veux bien l'expliquer à Darcos. C'est une misère en calcul le gros. Pour les effectifs de l'éducation nationale, ça pourrait lui servir.
Nadine - Il peut aller se faire... sa race.
Nico - Pardon Desdémone
Desdémone - Yo Nico !
 
Nico - Et toi Christine ? C'est quoi ces histoires de restrictions, les plans vélo ? Tu veux pas créer une carte famille nombreuse pour les vélibs, tant qu'on y est ? Ca serait de la vraie beubom atomique. Et pourquoi pas des fiacres ? Wesh, t'es restée coincée au XIXe siècle ? Moi qui croyais trop que ton style tip-top la classe allait plaire à la blogeoisie, aux babylons qu'ont du flesh. T'entraves keud de ta race. Ah j'ai la rage !
Christine - Lol noble seigneur.
Nico - Pardon Catharina ?
Catharina - Yo Nico !
 
Nico - Ah toi Rama, mon bounty, faut que t'arrêtes les interviews dans le Monde. Dans la presse, t'as fait couler trop de jus sur les citrons. A Pékin, le mercure est monté en flèche et j'ai plus de biafine. Sérieux, boycotter la cérémonie d'ouverture pour trois tibétains qu'ont fini en brochettes sept parfums... T'as fumé du chichon ? Et pourquoi pas boycotter les rouleaux de printemps, tant qu'on y est ? Tu veux qu'ils me jouent « Bienvenue chez les yétis » en grand écran, les chinagos ? Sérieux, tu proposes quoi maintenant comme bruit pour rien ?
Rama - Décompresse le stress, rude boy, y'a pas de timinik, on leur envoie Sylvester Staline.
Nico - Pardon Béatrice
Béatrice - Yo Nico !
 
Nico - Et Jean-Pierre, mon secrétaire chargé des affaires européennes, ça lui gratte pas l'ADN, ce narvalo, quand il lit les tags relous qu'on s'échange entre diplomates britanniques pour décaler la signature du Traité de Lisbonne par l'Irlande ? « le risque que des évènements contre-productifs surviennent au cours de la présidence française est beaucoup trop élevé. Nicolas Sarkozy est complètement imprévisible » ? Spassiba, elle défonce cette track ! Je fais quoi moi, le 1er juillet à la tête de l'Europe ? Tombola ? Concours de boules ? Méchoui de varan ? J'leur mets une disquette ? Vraiment, j'ai pas la gouache.
Jean-Pierre - Completely unpredictable.
Nico - Pardon Malvolio ?
Malvolio - Yo Nico !
 
Nico - Wesh, j'suis votre manivelle cousins, mais plus je vous remonte et plus je descends dans les sondages. Ta mère ! A force de prendre des toises, j'suis venair ! Alors croyez moi, si je vous parle avec ma bouche aujourd'hui, c'est pour que les choses changent. Ca me ferait bien yèche de partir en live au bout d'un an. Je veux de la solidarité asmeuk... de la pédagogie comass ! Depuis que j'ai remisé Puck aux astibloches, avec sa civilisation et ses résurrections du Christ et que j'ai nommé Falstaff, c'est plus hype, non ?
Deux voix, Chirac et Villepin, sous la fenêtre, hélant Michèle Alliot-Marie - Zyva Mam, tu descends ?
Nico - Ouèche keskya ? (Ndlr : Les experts en langues orientales auront remarqué qu'ici « ouèche » s'entend comme l'expression tardive et fautive de la forme classique « wesh »). Ils zonent encore par là Spirou et Fantasio ? Y a que la rue du Faubourg St Honoré pour faire pisser marsupilami ? Jusqu'ici, je les épargnés par respect des institutions. Mais maintenant, ça suffit. Y connaissent pas Raoul. J'vais les travailler en férocité. Niker leur race, leur reup, leur reum, leur reufr, leur reuss, leur bénèf, tout wesh ! J'vais les bolosser, les maraver chez les Farcs. Par petits bouts. Façon puzzle !
Caliban et Iago, morts de rire sous la fenêtre - Yo Nico !
 
Nico - Et vos otros, j'vous mets au jus. Comptez pas taper l'incruste à vie. Le prochain qui bouge sa crête, il termine le conte de fées chez Chavez au pays des merguez. Ou en mission à Pétaouchnock payé au lance-caillasse. Ou bien il trace sa race consul de France à Kartoum. S'il kiffe moyen le Soudan, il peut toujours s'embarquer sur l'arche Delanoé. Wallah ! Et pour les meufs, fessée le boul à l'air place Beauvau. Trique de Brice. Vu ?
Tous sauf Roselyne - Yo Nico !
Roselyne - Trop cool ! Ndlr : comme dit le proverbe « femme à lunettes (même non remboursées par la Sécu), femme à... »
Nico - Pardon Titania ?
Titania - Yo Nico!
 
Nico - Z'y va ... on bouge son tarfion... jump... jump... go... go! Cassos. On trace au taf !
Tous - Wesh wesh, yo Nico !
 
Ils quittent tous la place sauf Fadéla, toujours sous l'ascenseur, et Nico.
 
Richard, duc de Gloucester (aka Nico, resté seul) - Ma conscience a mille langues différentes, et chaque langue raconte une histoire différente. (My conscience hath a thousand several tongues, and every tongue brings in a several tale). Depuis que j'ai viré Cordélia, plus rien ne va. S'il y avait un hit parade des grands moments de solitude, je placerais celui-ci tout en haut du classement. Wesh wesh yo !
 
PS : Merci à William Shakespeare et au dico de la zone pour les emprunts.
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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Mercredi 9 avril 2008
Avant de vaporiser notre armée en croisades planétaires, grenouille aux talons du bœuf américain lancé aux trousses d'une prétendue barbarie censée menacer la civilisation du bien (celle qui entretient Guantanamo sans piper ?), pourrait-on envisager de recentrer ses missions sur la protection de ressortissants et d'intérêts français qui semblent de plus en plus visés ?

 


 

 

Le Ponant capturé en haute mer... Pschitt ! Le plan « pirate mer » aussitôt déclenché. On s'indigne, on typhone à tous les étages, on s'alliotmarise... La France fera tout pour récupérer l'équipage du navire subtilisé par une poignée de gueux au nez et à la barbe de l'armada chargée de la sécurité de la navigation commerciale dans le nord de l'océan Indien. Pensez !

Je plains les malheureux marins du Ponant et leurs familles... Mes amis, à vos amulettes, aux trèfles ! Et vous, pirates, tremblez ! En haut lieu, on étudie toutes les options, envoyer nos commandos de marine, le GIGN, Rambo et Steven Seagal si ça ne suffit pas... Et pourquoi pas le Kop Boulogne du PSG, le groupe Indochine (Nicola Sirkis jle kif grav il me fé tro tripé ptdr) ou Tokio Hotel (Danke das war mal wieder echt'n geiler tag). De grâce ! N'en jetez plus !

Bien que des vies humaines soient exposées, la tentation est forte de redorer le blason militaire français à bon compte, sur le dos d'une poignée de brigands. Et ainsi de régler par l'épée ce que nous avons été parfaitement incapables de prévenir par l'épée. Ah quel formidable coup médiatique cela ferait, dans un contexte où l'emploi de notre armée fait débat. N'y cédons surtout pas et prions pour que cette affaire finisse par une grosse valise de billets livrée par la DGSE à l'adresse indiquée par les pirates. Dans l'intérêt des otages, ce serait infiniment préférable.

Petit retour sur les faits et autres maritimes précisions (j'ai fait ce métier un temps). Au printemps, le Ponant, navire de croisière de l'armement français CMA-CGM, rallie sa base estivale de Méditerranée depuis celle, hivernale, des Seychelles, selon un rite aussi immuable que la migration de l'hirondelle. Lors de ce convoyage, il ne porte qu'un équipage réduit, aucun passager (ce n'est pas une croisière). La route normale depuis les Seychelles (un peu plus de 3 200 milles) le fait croiser au large des côtes somaliennes, traverser le golfe d'Aden puis remonter la mer Rouge avant d'embouquer le canal de Suez et atteindre Alexandrie où la première croisière commerciale débute le 21 avril (ceux qui en sont peuvent décommander).

 

Cependant, bien incapable, lui, de voler comme l'hirondelle, il est bien forcé de naviguer dans une zone où les attaques de piraterie sont fréquentes. Une zone sous contrôle de la Task Force 150. Ta Ta Ta ! Déployée dans le cadre du dispositif « Enduring Freedom » cette force maritime d'environ une douzaine de navires, hélicoptères et avions de patrouille maritime (Atlantique 2) a pour mission la surveillance et le contrôle de la navigation commerciale dans le golfe d'Aden et le nord de l'océan Indien.
Son commandement est assuré par le contre-amiral français Jean-Louis Kérignard qui a succédé, le 25 février 2008, au commodore pakistanais Khan Hasham Bin Saddique. Pour son baptême, il est servi.

Dans cette région, comme dans le détroit de Malacca, les navires français bénéficient du contrôle naval volontaire (ou CNV). Selon les recommandations du Quai-d'Orsay, ils doivent « éviter la trop grande proximité des côtes somaliennes » (au passage notons que les assurances maritimes ne couvrent pas le risque si le navire est attaqué à moins de 75 milles du littoral). Sur un plan pratique, tout navire français doit s'identifier auprès du dispositif de contrôle naval volontaire, communiquer sa position toutes les 12 heures et, en cas de besoin, faire immédiatement appel aux marines nationales de la TF 150.

 

Dans ces conditions, on peut s'étonner que de misérables pirates somaliens se risquent à aller chercher leur proie jusqu'à plus de 200 milles de leurs côtes. Certes, la zone est vaste et nécessité fait loi, mais tout de même... Rejoindre discrètement un navire comme le Ponant, y prendre pied, s'en assurer la maîtrise, puis le « rapatrier » sur plus de 150 milles jusqu'en eaux territoriales somaliennes... En dépit des patrouilles aériennes, des navires de guerre qui sillonnent la zone en permanence et des moyens de surveillance hyper-sophistiqués dont dispose la coalition alliée. C'est prestidigitateur... Lupinesque ! J'en vacille.

 

Peut-on seulement poser la question de la responsabilité de la Task Force 150 et de son commandement français dans cette affaire ? Où était-elle donc la cavalerie censée prévenir ce genre d'attaque ? C'était concours de boules, merguez et anisettes à gogo, le 4 avril, au camping de la TF 150 ? On repassait Pirates des Caraïbes sur écran géant ? Jack Sparrow contre le capitaine Nicolas Barbossa ?
Et où est-elle aujourd'hui ? Le Ponant est mouillé le long des côtes au sud du Puntland. Selon Hervé Morin « Il est suivi dans les eaux somaliennes par le commandant Bouan, un aviso de la marine nationale, membre de la Task Force 150 ». Il avait été « survolé vendredi par un hélicoptère militaire français pour s'assurer que des pirates étaient bien à bord, après avoir lancé son appel de détresse ». Soyons rassurés : les pirates étaient bien à bord. Et ils y sont toujours. On en est sûrs. La situation est donc sous contrôle. Ouf !

Mais à quoi servent donc nos frégates, nos hélicoptères survoleurs, nos avisos suiveurs, tous ces épais blindages, avec d'énormes hélices dehors et plein de missiles dedans, si cette gigantesque quincaillerie est incapable de bloquer une poignée de pirates avant qu'ils ne passent à l'acte ?

Petit rappel : le coût des opérations extérieures (Opex) de la France battra cette année un record, selon le ministère de la Défense : 850 millions d'euros, soit 390 millions de plus que les 460 millions prévus et inscrits au budget 2008 voté par les parlementaires.
Et, dans le même temps, notre déficit annoncé à 2,5 % du PIB (ce qui fait de la France le cancre de la classe euro) pourrait, selon les experts financiers, dépasser la barre fatidique des 3 % du PIB.

Alors peut-on poser la question : elle file où notre caillasse militaire  ? En bruits de belotes et rideaux de fumée atlantistes ! Et notre armée ? Réintégrée en catimini au commandement intégré de l'Otan, postée aux intersections de l'infini, en Afghanistan, au Kosovo, au Tchad... Au Darfour et au moulin ! Dévouée à lubrifier chaque rouage de l'axe du bien.
Ah scolopendres, vous voudriez la voir où elle serait plus utile à la protection des intérêts ou des ressortissants Français ? Niet ! Pour ça, faut plus compter sur elle. On organisera une distribution de talismans à l'entrée du golfe d'Aden. Une patte de lapin par-ci, une racine de mandragore par-là... Question efficacité ça sera idem, en plus économe.

 

Aujourd'hui, la barbarie semble évoluer proportionnellement au nombre de militaires de l'« axe du bien » déployés pour la combattre.
L'Irak trempe dans un bain de sang permanent, en Afghanistan le taliban règne et le commerce de la drogue n'a jamais été aussi prospère, le terrorisme est toujours bien présent, Ben Laden et mollah Omar aussi et dans le golfe d'Aden la piraterie progresse (selon le Centre d'information sur la piraterie du Bureau maritime, en 2007, 154 personnes ont été prises en otages et 31 attaques recensées contre 10 l'année précédente). Mais à quoi donc, au fond, servent les militaires si la situation doit empirer dès qu'ils interviennent ?

 

Dans ces conditions, on peut s'inquiéter quand on voit notre épée nationale prête à engager nos soldats aux quatre coins de l'univers habité, quand on l'entend apostropher les barbares, plus tutti frutti que jamais, laïusseur émérite d'un pays qui peut se vanter d'en posséder de fameux, bien engagé derrière les oreilles, œil de basilic et naseau fumant du dragon au saut du nid.

Mais à force de la brumiser en pet du cul amerloque, il en fera quoi de notre armée ? A quel prix et pour quels résultats ? Ruineuses déconfitures et piteux naufrages ? Des mètres cubes de vent... l'énergie dérisoire d'un tractopelle brassant le vide intersidéral nulle part entre la Grande Ourse et Sirius.

On en viendrait à regretter l'époque bling-bling et croisière sur le Nil, son lot de comédies mineures, de petites pitreries, aimables, bénignes, genre mondain, qui nous occupaient un temps, à moindres frais, et nous amusaient même, parfois. Pour l'heure, il ne nous reste plus qu'à être solidaires des marins du Ponant, jusqu'au bout du monde, en espérant un dénouement heureux à cette couillonnade en haute mer.
Par Argo - Publié dans : 3615 code j'en peux plus
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