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Amour Spaghettis Musique et Cosmoparticules

 

 

 

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Avant de lire

De nombreuses années d'études des phénomènes féminin / politique ne m’ayant apporté aucune certitude, pas la moindre connaissance utile ou concrète, je suis bien conscient que la poursuite de mes recherches dans ces domaines n’est probablement plus motivée par l'espoir de faire avancer la science... Au delà de ce seuil, plus rien n'est sérieux. Bon vent !

Ô Dieu ! Accordez-moi la chasteté. Mais pas encore maintenant.
Saint Augustin

Mardi 4 mars 2008
Une fable contemporaine et apocalyptique, une étude qu’on aurait tout aussi bien pu titrer « Rapports de concavité et de convexité dans la société moderne ». Ce soir, j’ai rendez-vous avec Ludmilla, cheveux longs cuivrés et bouclés, quelques tache de rousseur autour de grands yeux d’un vert boréal, agrégée de lettres modernes, bien sous tous rapports. Ma convexe?
 
undefinedJe l’ai rencontrée (virtuellement) en début de semaine, nous avons longuement discuté et finalement décidé de nous voir. Mais, à présent, au seuil de l’inconnu, j’ai un terrible problème : une extinction de voix. Je n’avais jamais réalisé jusqu’à ce jour, combien la perte d’un seul organe peut être, dans certaines circonstances, tout à fait pénalisante. 19 heures, je sors du travail et je l’appelle et j’assèche mon dernier filet de voix éraillée pour la prévenir de mon état. Elle préfère maintenir notre rendez-vous, m’assure que ce n’est pas grave. Dans un dernier souffle rocailleux, je marmonne un « oui » cavernicole et je file la rejoindre.
 
Quand nous arrivons au restaurant, je suis définitivement aphone. Elle, tout à fait charmante. Ayant parfaitement intégré mon infirmité, elle se charge de la commande. Elle choisit les plats, le vin, tout. De temps à autre, le garçon me jette un regard furtif, il épie mon assentiment, un mot... en vain ! Heureusement, Ludmilla n’est pas en peine de discours. Elle aime la littérature et en anime notre repas. Je la laisse hululer aux génies, fioriturer les belles lettres, confiturer les auteurs modernes. Que puis-je faire d’autre dans mon état ? J’acquiesce sporadiquement, un hochement de tête par-ci, un sourire par-là, un signe, parfois. Je picore, mi-Keaton, mi-Marceau. Le temps passe, bon gré mal gré, la cuisine aussi.
 
Comme je jouis encore d’une audition et d’une vue normales, j’en profite pour observer nos voisins et je réalise que les deux couples occupant les tables mitoyennes parlent de moins en moins. Aux conversations animées du début de repas, ont succédé quelques échanges furtifs, des bribes et puis plus rien. C’est incontestable, ils nous observent, s’amusent du drôle de couple que nous formons, elle pulpeuse et volubile, moi abrupt et muet comme une carpe.
 
Progressivement, la situation en devient embarrassante. Devant le flot de paroles déversé par ma partenaire, une subtile réserve eût passé pour de la galanterie, voire de la chevalerie. Mais un tel silence de ma part, profond, entêté, cuirassé... à la longue c’est plutôt gênant, déplacé, honteux, à la limite de l’herpès intellectuel.
Elle le ressent forcément et reste pensive, le temps de quelques bouchées. De mon côté, je n’ai de cesse d’échafauder des plans insensés de guérisons miraculeuses à coup de Pessac Léognan, des délires de rémission forcenée, fût-elle temporaire, entre le café et l’addition.
 
Et puis, elle lève ses yeux vers les miens, me sourit et susurre :
- N’allez pas le prendre mal, ou croire que ce genre de choses soit dans mes habitudes. Mais je réalise le côté... délicat de notre situation et je ne peux pas compter sur vous pour prendre une initiative. Alors, je vous propose, si cela vous dit, de prendre le dessert chez moi. Voilà ! J’ai des fraises.
 
Le temps pour moi d’écarquiller à cette proposition surréaliste et elle ajoute, désinvolte :
- Et ce sont des françaises, pas des espagnoles.
 
Bigre ! Elle va droit au suc, à la quintessence, au cinquième élément. L’heure n’est plus aux arabesques, aux chinoiseries académiques, aux méandres... L’instinct me commande de lui obéir, il l’hurle (lui), cet impérieux.
Mais, crénom de nom de dieu de... et tous les jurons présidentiels qui vous passent par la tête, elle habite à l’autre bout de la région parisienne et je dois me lever aux aurores demain matin. Et je suis crevé, laminé par l’angine, frissonnant, pas du tout confiant dans mes organes, je veux dire... en général. Remettre... Oui ! C’est la solution, seule et noble.
 
Je me racle la gorge, me concentre, prépare le plus petit moindre muscle de mon pharynx à la production d’une explication que j’ambitionne audible, solide, diplomatique et par-dessus tout... concise. Elle guette ma réponse, les deux couples autour de nous guettent ma réponse. La surface habitée de l’univers guette ma réponse. Un, deux... trois... Je me lance. Et là... une seule syllabe rocailleuse, un seul son, rauque, préhistorique, antédiluvien ! Un « noooon » énormissime et râpeux !
Et puis plus rien. Même pas un « nââân meuuuurci », encore moins le début d’une explication. Nada ! Juste un « noooon » de rogomme. A côté de cette saillie, le bramement guttural du cerf qu’on égorge passerait pour suave, chantant, éthéré... séraphique. Malédiction !
 
Instantanément, les deux couples qui nous entourent partent, à l’unisson, d’un éclat de rire phénoménal. Vexée, ma compagne d’un (seul) soir s’électrise, les irradie brièvement d’un œil noir, reviens vers moi, zébrée d’éclairs. Aïe !
 
Quand le capitaine expérimenté et réaliste découvre l’iceberg dressé à quelques encablures de l’étrave de son navire lancé en avant toute, il sait que l’affaire est mal engagée. De même, il devient évident qu’elle va éclater. Et c’est ce qu’elle fait ! Elle explose, champignonne. D’un bloc, elle se redresse, thermonucléaire, rue dans la table... Vlan ! Harpie force dix... tonitrue... Bing ! Culbute... furie de transes, et finit par se dégager d’un coup de rein. Bang ! Tout valse, valdingue, chavire, couverts, carafons, pain, sel, poivre... Badaboum ! Les lustres Empire en tremblent. Un tsunami de Pessac Léognan déferle en plein sur ma chemise.
 
« Tu es vraiment trop con ! », qu’elle me lance, fulminante, appuyant ostensiblement sur la dernière syllabe dans le même élan qu’elle jette rageusement sa serviette en travers de la table. Pour ma liquette, c’est même plus Blücher, c’est Waterloo et Trafalgar réunis... Trop absorbé à rattraper mon assiette au vol avant que le reste du filet de sole n’atterrisse sur mon jean, je ne peux empêcher le fond de sauce Dugléré d’y rejoindre la vinasse.
 
Il m’est tout à fait impossible de la calmer, plus un son ne passe ma gorge. Elle a déjà tracé, comète rougeoyante, filé en bombe, porte, trottoir... Vroum ! Happée par la nuit, loin, drapée dans sa colère, vers chez elle, l’infini, ses fraises... « Tu es vraiment trop con ! »... Une seconde, j’en suis rétrospectivement ému, pensez ! La première fois qu’elle me tutoie et le dernier témoignage d’un amour définitivement sacrifié et irrémédiablement râpé.
 
J’oscille un moment entre considérations évanescentes sur le fragile équilibre des rapports homme femme et observations désolées des très concrets dégâts matériels que je viens de subir, quand je sens un silence énorme monter de la salle et les paires d’yeux se braquer sur moi. Et quels regards... Misère !
Je me sens lourd, subitement perclus d’adversité, gourd, moulu, liquéfié, fluide comme mille hectolitres de honte. Imagine-toi, cher lecteur, chantant à tue-tête « Sex bomb, sex bomb, you’re my sex bomb  », sur le court central de Roland-Garros, vêtu d’un sobre string léopard et entouré d’une demi-douzaine de mamies en transes et bikini rose censées matérialiser lesdites bombes sexuelles. Toi et... des milliers de personnes dans les tribunes et... toi. Ressens-tu cet étrange et confus sentiment de désarroi qui te gagne alors ? Eh bien, tu es encore loin de ma détresse. Ah comme j’étranglerais volontiers l’idiot qui a dit que le ridicule ne tuait pas...
 
Un temps, je me débats dans un brouhaha hostile suintant l’ironie et le débinage. Du fond des estomacs tirebouchonnés, les biles refoulent, refluent aux goulots, se mêlent aux salives. J’essuie une marée de quolibets réprobateurs sur fond de graillon, relents de travers de porc croustillants, côte du Rhône éventé et vieux marc de café. « Ah le cochon ! », éructe une bourgeoise boursouflée, exaspérée par l’abus de calories qu’elle vient de s’infliger. « Tu l’as dit, Maman », marmonne le mari calciné, sans sortir le nez de sa mirabelle. Tassé contre le bar, hilare, un vieux hibou hulule longuement « houhou-hou, houhou-hou ». L’animal ironise !
De toutes parts, on m’assassine avec cette assurance tranquille que confèrent un relatif anonymat et une écrasante majorité. Je paye pour leurs remords de bombances, leurs digestions acides, les mauvais relents, les plis graisseux et les viandes distendues. On me transperce... Quelle corrida et bientôt... la mise à mort ! Ah mais pardon ! C’est que j’ai déjà perdu la voix, alors si je dois y laisser les deux oreilles et la queue... ça risque de faire beaucoup en une seule soirée !
 
Puis tout le petit monde se met à rire énormément, grossièrement. Je préfère... En un sens, c’est plus humain. Je me contente de leur sourire... péniblement... je vais puiser la poussière de dignité que toute bête, même confrontée à des adversités cataclysmiques, recèle encore au tréfonds de son âme.
 
Le garçon revient, jovial. « Monsieur prendra-t-il un dessert ? ». Veut-il ma mort, ce facétieux pingouin ? Basta ! J’ai déjà eu mon flan. L’instinct me pousse à décamper, mais je me ravise et fais signe pour un café et l’addition. Je ne leur ferai pas ce plaisir de déguerpir calamiteux, de ramer vermineux vers la sortie, cette autre rive de mon Styx.
Dans cette histoire, je suis réellement la seule victime et j’entends le démontrer par une allure d’insouciance glaciale et ironique. Je savoure donc mon café, le temps de me composer une figure d’indifférence, puis je règle l’addition et sort, assez lentement, hautain, indifférent... en un mot, grand !
 
Dehors, il fait froid. A intervalles réguliers, le souffle du vent d’hiver porte à mes narines une exhalation de vinasse à la sauce Dugléré, et plaque un cataplasme glacé sur mon ventre. Ah quel merveilleux bonheur, l’existence ! Voilà pourquoi je ne veux plus faire de rencontres et pourquoi je ne me marierai probablement jamais. Stop ! Plus de bulles, plus de flûtes pétilleuses, plus de champagne, je me contenterai d’une petite bière, de temps à autre, très économe d’amour, parcimonieux à l’extrême, chameau.
 
Harmoniser concave et convexe peut paraître naturel, simple. Eh bien non ! Croyez-moi ! J’ai sillonné tant de voies de traverse... jusqu’à la trame du cosmos, pour l’apprendre. J’ai exploré la femme, cet être prétendument co-égal et consubstantiel à l’homme. Et j’ai trop connu les déboires, la détresse des grands naufrages et, pour être franc, trop abusé des visions anthropomorphiques de l’amour Meeticien pour qu’aujourd’hui, parvenu au seuil de la sagesse, les rapports de concavité et de convexité dans la société moderne ne m’inspirent plus qu’une colossale et reposante indifférence...

par Argo publié dans : Meetic, vos mères et moi
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Vendredi 6 juillet 2007
Je ne vous dis pas comment je termine ma semaine ! Lessivé ! Je sature, j’implose, je vaporise, je me nébulise à l’infini, je pixélise, je confine au délire !
 
Je crois que je vais momentanément renoncer aux sites de rencontres et à l’idée de vivre une vie (normale et épanouie j’entends) d’hétéro. Non que j’envisage de devenir gay… Attention ! N’extrapole pas trop vite chère lectrice, je perçois un sourire narquois chez toi, tu penses être débarrassée des mecs dans mon genre ? C’est pas aussi simple. Écoute la suite…
 
« Je m’appelle Claude » ! « Bonjour Claude » ! Naaaan ! Arrêtez de déconner, j’en suis pas là !
 
Mais tout de même, ça va pas fort. Faut dire que depuis ma séparation (ça fait tout de même 6 mois) je n’ai pas connu une seule femme qui me fasse vibrer. Et pourtant, dans ma période « éclate totale post-séparation sur Meetic » j’en ai virtuellement côtoyé pas mal, rencontré (un peu moins) et connu quelques unes (tout de même, j’suis pas encore un boudin) !
 
Mais où sont-elles les vraies femmes ? Les droites, les authentiques, les « sensuelles pas folles de culs », les « qui aiment les câlins sans être nymphos », les « qui aiment ma cuisine sans s’empiffrer », les « qui veulent bien de moi sans me demander tous les jours la future couleur des futurs rideaux de notre futur nid douillet »???
 
Franchement, là je panique un peu ! C’est que je vieillis moi ! Et après plus de 10 ans de vie commune et fidèle avec ça (un petit compliment au passage ça fait pas de mal pour l’ego et puis vous pouvez pas vérifier), ça faisait un bail que j’étais plus sur le marché. Je finis par me demander si le Net est le miroir de la réalité ou pas… Ce doute me trouble… Me taraude… Me perplexe… Si ! Forcément un peu !
 
Les sites de rencontres, j’y vais en ce moment. J’essaie un peu tout entre Meetic et tasvulavierge.com. J’suis idéaliste et pas sectaire ! J’évite tout juste tuveuxvoirmesfesses.net ou whaooouuuulecanon_on baise.com ! J’me mêle pas au vulgaire. J’ai ma fierté après tout !
 
La semaine dernière, je trouve une fille qui sort du lot, belle, du charme, dans les 38/45 ans c’est-à-dire ma tranche d’âge « virtuelle », celle que j’ai déclaré sur Meetic (donc 3 ans de moins que la vraie), des goûts communs pour les N°5 en pâtes chez Barilla et en parfum chez Chanel, un rapport taille/poids correct, sensuelle et pas psychopathe, une aversion commune pour les pigeons, surtout quand ils s’envolent (faudra quand même que je retourne voir la Place St Marc), l’odeur des chiens mouillés et des pizzas froides (le contraire aussi si vous voulez), les lundis matins qui suivent les dimanches soirs…
 
Alors je me dis Claude, c’est mon prénom, Claude, donc me dis-je, là c’est BON. On va pouvoir bâtir. Je me vois déjà en Bouygues de l’amour, des îles partout et plein de ponts à construire pour les relier… Je m’emballe… Je rêve… Je confine au délire, à l’extase… Le soir, je laisse ma voiture sur une place du marché, le lendemain j’la retrouve plus entre le stand de la crémière et les cageots du maraîcher (attention j’ai pas dit le contraire, faut qu’elle continue à me fournir en parmesan et en beurre salé pour mes pâtes), deux heures après je vis une histoire d’amour avec les flics de la fourrière, j’écoute The good The bad and the Queen, Mika, Cold War Kids, Kings of Leon, Muse, Weather report, Razorlight, les White Stripes et The Shins à fond…
 
Pire, je prends des résolutions avant même qu’on me le demande… J’arrête de télécharger de la musique illégalement… Je mets plus les doigts dans le nez au feu rouge et pas plus au feu vert… Je téléphone plus au volant… J’arrête de passer les notes de frais de mes rencards Meetic sur mon activité professionnelle (eh oui quand j’écris pas de conneries, ça m’arrive de travailler)… Je m’intéresse à la campagne présidentielle et je reprends une carte d’électeur… Je vais plus voir de films en japonais sous titrés en anglais en disant que ça ne me gêne pas, alors que c’est juste pour impressionner les filles et surtout pour partager un moment d’intimité dans le noir (vu que dans ces conditions, ça arrive parfois que la fille me trouve plus intéressant que le film, forcément). J’arrête Meetic et le porno du samedi sur Canal+ (progressivement)… Je file plus de coup de pied au chien de la voisine quand il est mouillé… Attention, j’ai rien contre la voisine, c’est juste Kiki qu’est toujours affectueux avec moi que quand il pleut. Faut l’emmener voir un Véto-psy… Qu’il lui fasse une ablation de roustons ou de la vessie, comme ça y sortira plus. Voilà tout !
 
Mais lâchons les clébards et revenons aux moutons ! Comme je vous disais, je m’ébullis, je fusionne, je magmate. Son message disant qu’elle accepte de me voir, c’est l’étincelle qui fait déborder le vase. Je cafouille ! La goutte d’eau qui met le feu aux poudres… Bref, c’est l’amour. Je récupère donc ma voiture à la fourrière et le jour J, l’heure H, je me rend au point… G (au hasard et parce que y’a pas de raison que je fasse de la réclame pour des marchands de pots vu que j’en ai pas moi même).
 
J’avale un petit whisky (le dernier bien sûr), sur la terrasse, en l’attendant. L’espoir me grise, l’alcool gonfle mes veines (à moins que ne ce soit le contraire cette fois). J’attends serein, l’âme poétique :
 
Mignonne allons voir sur Meetic
Si nous pouvons en quelques clics
De nos deux vies faire un triptyque
Un bébé, un amour et du fric
 
Ahhhargh ! La voila qui arrive ! A l’heure en plus ! Malédiction, elle est encore plus belle que sur ses photos ! Son sourire ! Ses yeux ! Ses mains ! La chaleur de ses lèvres sur mes joues ! Sa main posée sur mon épaule !
 
Je planque la note du whisky et je commande deux cafés crème. On bavarde, je suis tellement nerveux que je parle que de moi… Elle sourit indulgente… Mon ange… Je ne te mérite pas. Je lui dis que je suis content de la voir, que le virtuel à ses limites, qu’elle gagne à être connue et une foule d’autres banalimièvretés qui sont à ce moment les seules que je puisse articuler. Je lui demande si ses enfants vont bien, depuis quand elle est séparée... La routine…
 
Et là, elle me répond qu’elle est toujours mariée, et qu’elle a l’habitude de prendre des amants et d’avoir des relations avec eux dans la complicité, la confiance mutuelle et le respect.
 
Ici, amis lecteurs (les filles on saute le paragraphe), je me permets une petite parenthèse. Pour ceux qui l’ignorent, dans ces circonstances, « Complicité » ça veut dire qu’on s’éclate comme des bêtes au lit, « Confiance » c’est ne pas lui téléphoner à la maison le week-end quand elle est en famille et « Respect » c’est tout simplement… utiliser des capotes. Bon je sais, je décode vulgaire mais c’est déjà assez long à lire en entier alors si je peux faire gagner du temps à certains…
 
Une supernova frôle la terrasse du café, la comète Halley et Armageddon se collisionnent sur le trottoir… Un trou noir s’ouvre sur le néant… Tout juste le temps de rattraper le garçon, d’annuler le café crème et de recommander un autre whisky, double cette fois et je lui réponds : « OK, pas de problème pour moi »…
 
Ça c’est de la réplique ! Non ? Et me v’la reparti dans la banalité, glauque cette fois. Je suis séparé depuis peu, j’ai beaucoup de travail, mes filles à m’occuper, c’est trop tôt pour refaire ma vie, j’hésite, je papillonne… Bref ce genre de relations, j’accepte… A condition que cela reste sain et dans… Etc. Etc. Je ne vous la refais pas !
 
En même temps, je redoute une issue plus rapide que je ne l’avais imaginé et je me demande où trouver un distributeur de capotes en plein jour et si possible un peu à l’écart de la foule. Et surtout comment ça marche un distributeur de capotes ? Combien y faut mettre dedans ? Parce que moi, je mets déjà rien dans les parcmètres… Même la machine à café, j’sais pas m’en servir, j’oublie parfois le gobelet…
 
Mesdames, vous pouvez me maudire, me fustiger. Vous avez raison, je suis misérable. Vous les mecs, fayots s’abstenir, pas un mot, si vous me désavouez je balance tout, je les connais bien moi, vos manies, vos petites menteries, fourberies, bassesses et consorts…
 
Eh oui, un mâle mesdames, ça développe une capacité d’adaptation peu commune dans certaines circonstances. C’est dingue comme ça peut mettre du temps à se décider quand une femme lui propose de coucher toute sa vie avec et aussi peu de temps à réagir quand elle veut le faire qu’une seule fois. Nécessité fait loi… Et puis, le mâle est toujours en prise avec un dilemme cruel… Choisir entre faire des choses toujours différentes avec la même femme et faire toujours la même chose avec des femmes différentes (Wolinski merci).
 
Mais j’ai beau être un gentleman, je sais rester pragmatique. Donc je lui demande tout de go et à brûle pourpoint (whisky aidant) comment elle envisage la suite. Elle se déballonne (des Ternes pour ceux qui connaissent le lieu, m’en fous j’y vais plus) pas du tout et me répond, la coquine, qu’elle connaît un petit club discret, pas trop loin où on pourra faire nos galipettes en toute absence d’intimité et de discrétion.
 
Morbleu, la première fois ? Je voyais un hôtel, moi ? Devant tout le monde, à plusieurs, en plein après midi… L’après midi, c’est bon pour les vacances et les relations extraconjugales et moi pendant 10 ans j’étais très pris par mon travail et fidèle… Sans compter que j’en suis déjà à mon troisième whisky, et pas le dernier… Et si j’y arrive pas, bordel ???
 
Ma vaillance à ses limites, les mêmes que celles de mon abnégation. La mort dans l’âme, même si c'est plus par peur du ridicule que par principe moral, je décline. Un peu honteux et très contrit, je la quitte...
 
Et depuis, me r’voila seul, déprimé après la meilleure bonne après midi de merde passée par un mec dans toute la galaxie et sur toute la décennie… J'suis ni maso, ni gogo, ni homo, toujours solo. Et je me demande si je ne vais pas tout arrêter ! Me ressourcer sur ma petite personne, ma famille, mes amis, mes projets, centrer sur MOI, cibler sur bibi.
 
En rentrant chez moi il pleuvait… J’ai refilé un coup de pied à Kiki… Décidément Kiki je le ki-kiff pas… J’avais plus de moral, plus trop l’âme d’un poète :
 
Mignonne allons voir sur Meetic
Si nous pouvons en quelques clics
Décider où et quand on nique
Avant d’finir à la clinique
 
Mais ne vous faites pas de tracas pour moi. Je vais me rétablir tout seul. Ça commence déjà à passer en écrivant. Au fait, c’est quoi mon pseudo et mon mot de passe déjà ? Malédiction une semaine sans Meetic et j’ai déjà oublié… Les seuls dont je me souvienne, c’est ceux… d’Ebay ! Horreur ! Cancer du manche ! Cosmologie et astro-particules… Je reconfine au délire, je tutoie les précipices insondables, je funambulise au dessus des gouffres amers, j’arpente transi les steppes glacées de l’Asie centrale de mon inconscient…
 
Ebay ! J’vais pas finir aux enchères de l’occase tout de même !!!!
par Argo publié dans : Meetic, vos mères et moi
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Mardi 3 juillet 2007
Les « réseaux sociaux », ou plus simplement les communautés d'internautes ont le choix entre deux modèles économiques, soit ils répondent à un véritable besoin et ils sont payants, soit ils sont financés par la publicité. Avec plus de 94% de ses revenus issus des abonnements et un parcours financier brillant, Meetic, leader européen de la rencontre en ligne le prouve : le désordre amoureux est une frustration solvable.
 
 
 
En parcourant la presse financière, je lis que « le site de rencontre en ligne Meetic (FR0004063097 – code MEET) enregistre une progression soutenue de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2007 (+ 59%), après une excellente année 2006 qui a vu ses revenus croître de 83% et le nombre de ses abonnés de 90%. La communauté financière conseille d’acheter la valeur ».
 
 
Bigre ! Un chiffre d’affaires qui fait boum ! Un résultat qui vire au rose bonbon et des actionnaires qui grimpent au septième ciel.
 
D’autant plus incongru que depuis cette année le nouveau Meetic version Web 2.0 oblige les femmes à payer pour courtiser et se faire courtiser en ligne. Une rupture avec le modèle économique originel qui laissait la gent féminine participer librement et gracieusement à l’aventure et ainsi servir d'appât aux hordes de mâles avides d’accouplements fougueux qui, submergés d'effluves de phéromones numériques, n'avaient d'autre choix que sortir leur carte bleue et s'abonner. Que n’avait-on pas entendu à ce sujet ! Que de Cassandres unanimes à prédire une vague de désertion féminine ne laissant sous le pavé numérique de nos claviers qu’une plage de « sumos, moches, désespérées, mal baisées et/ou déséquilibrées », provoquant la panique des crabes de cocotiers et l’effondrement des profits. Cataractes d’inepties et de jugements hâtifs !
 
Le nouveau slogan de Meetic le clame : « Les règles du jeu ont changé ». Fini le temps où le mâle en rut coursait la fragile créature de ses vœux, fourche en main, jusqu’à la première meule de foin. Les femmes ont pris le pouvoir. Meetic, c’est la revanche d’Eve, offrant à Adam l’Apple qui lui permettra de la retrouver au paradis des galipettes à haut débit. Au risque de l’effrayer ? N’ayez crainte Mesdames, chassez le naturel, il reviendra en mode payant et en vidéo (au format « bête à cam » ?) dans une version 2.0 de l’éternelle parade amoureuse. Un philtre ADSL en prélude à toutes les ivresses ! L’amour en Open Source… Quand le « chat » fonctionne, les souris dansent. L’égalité des sexes ? Pas sûr… Tout au plus la possibilité pour les femmes de se comporter… aussi lourdement que certains rustauds.
 
Reste pour moi une énigme absolue, un des secrets les plus arcanes de notre société. Baba j’en suis… Avec une question qui me lamine jusqu’au tréfonds du dernier neurone : Comment Meetic fait-il pour augmenter continûment le nombre de ses abonnés, alors que son unique et noble vocation (celle qu’il affiche) est d’aider de purs célibataires à trouver l’âme soeur ? Ce qui devrait logiquement éroder chaque jour un peu plus le nombre de membres de sa communauté…
 
Mais vous me connaissez, et ces urbains mystères sont bientôt profanés par d’ardents reporters. Sans trembler ils prendront, des clichés explicites, de manifestations agencées par ce site.
 
Le premier a été réalisé lors de la réunion à Bercy de stéréotypes Meeticiens, hommes frustes se nourrissant de menus mensonges et de sexe (ou vice versa). Ndlr : l’affluence du palais Omnisports rendant l’accès difficile à nos équipes, la photo a été prise à l’extérieur.
 
 
 
 
La seconde photo a été prise en plein congrès des Meeticiennes intelligentes, belles, drôles, douces, compréhensives et sensuelles.
 
 
 
 
 
Les clichés ont l’avis dur ! Quel contraste éclairant ! Un doute m’assaille… Meetic serait-t-il donc devenu un nid d’abonnés caractérisés par une quête frénétique de relations furtives et par une tendance névrotique à se dépeindre (âge, taille, poids, situation familiale, revenus ou profession, objectifs de vie) sous un jour sensiblement plus avantageux que la (cruelle) réalité ne les y autoriserait ?
 
Moi qui fus jadis pion de cet échiquier, fou de ses moindres diagonales et le temps de quelques joyeuses Netscapades… l’amant de Lady Firefox, j’abomine à la vue des images, je me flagelle ! L’émotion me submerge et la cataplexie me guette ! Mamelouks et Bachi-bouzouks ! Si je ne me repentis pas séant d’avoir séduit quelque odalisque, je veux bien que le grand turc m’enterre candide… Mille cimeterres ! Qu’il m’enturbanne sultan et bien con dans les plis de l’indignation des masses bien pensantes… Vaurien libertin !
 
Sérieux ! Sûr qu’à ce rythme, le fonds de commerce n’est pas prêt de se tarir. En deux flashes l’abcès est percé… A présent, le jus de l’évidence coule, un glaire épais… Deux mille huîtres ! Je comprends subitement les recommandations hautement favorables d’éminents analystes financiers, unanimes à placer l’action Meetic au firmament des étoiles boursières et à lui conférer une place privilégiée, à la droite de L’Oréal et d’Air Liquide, au panthéon des valeurs dites de « fonds de portefeuille » ou si vous préférez… de « pères de famille ». Du parfait nougat ! Aucun souci… Y a encore montagnes de talbins à glaner dans cette aventure.
 
Mais ne craignez rien, l’être romantique que je suis, ne vous abandonnera pas pantelant(e) au seuil lugubre et glacé de ce billet, perverti(e) par d’abjectes considérations financières… Livré(e) transi(e) aux ravages d’un impérialisme capitaliste aussi libidineux que cynique.
 
Pour preuve, je vous laisse avec Baudelaire et Bossuet. Baudelaire qui évoquait déjà Meetic en ces termes fort prémonitoires « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxure, calme et volupté ». Et Bossuet qui écrivait plus de 3 siècles avant l’invention du téléphone portable, de la photographie numérique et des sites de rencontres « C'est dans la vocation qui nous prévient et dans la persévérance finale qui nous couronne, que la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et toute pure ». Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans (1670).
 
La voilà bien la rédemption de nos âmes Meeticiennes repues de luxure et de stupre…Alléluia ! Les temps sont venus pour chacun d’entre nous d’emprunter les voies jésuites de la licence globale… On aime et sème sur les messageries instantanées du désir et on s’unit pour le meilleur et pour le… PireToPire. Mais qu’il est doux de relire Bossuet, l’évêque de Meaux (sans « dem » celui là) à une époque où un accès ralenti à Internet est aussi pénalisant qu’un abcès dentaire en Transylvanie au XVème siècle. « Madame se meurt, Madame est morte... »… Sacré Bossuet… Il ne possédait pas la clé USB du paradis mais quelle modernité !
par Argo publié dans : Meetic, vos mères et moi
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Mercredi 20 juin 2007
La semaine dernière, improviste bonheur et fait rarissime, une ondine navigue sur ma fiche Meetic et y coule un doux courriel :
« Votre profil a attiré mon attention et je souhaiterais correspondre. Pourriez vous m’en dire un peu plus sur vous ? Au plaisir de vous lire. Evita.»
Me décrire ? Faut oser ! Et l’émoustiller ! Complexe ! Lui donner envie et la faire rire en prime ! Ardu coquine ! Mais vous me connaissez… Pour moi les femmes n’ont plus de secrets. J’ose et franc hardi je missile un trait de mon cru :
« Fisiquement je suis comme Robert, l’homme qui murmurait à l’oreille des moissonneuses batteuses, mais un peu trop près. lol, mdr, lol. Intellectuelemant je suis curieu de tout : des phrases de la lune au mouvement de la niche. Ton msn c koi ? Au plaisir dans ton lit. Et vite là !»
 
Et ben vous savez quoi ? Que pouic ! J’attends toujours une réponse. Elle m'a rien donné. Nada ! En 5 ans sur Meetic, j’aurais au moins appris une chose… Les femmes n’ont pas msn !
par Argo publié dans : Meetic, vos mères et moi
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