<![CDATA[ARGO Amour Rencontres Géopolitique et Opinions]]> http://www.minervio.com/ Argo. Amours, Rencontres, Géopolitique et Opinions, la vie au fil d'un blog. fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[Quarts à la mer. Panama]]> http://www.minervio.com/article-19012837.html Cinq heures du matin, dernier quart de la nuit, le Zeebrugge, cargo des Messageries Maritimes, se présente en avant lente devant Colon, l'entrée du canal de Panama, côté atlantique.

Loin sur l'avant, là où depuis des jours le ciel rejoignait la mer, une barre sombre apparaît qui les sépare à présent... la terre est là, et à mesure que l'on s'approche, elle gagne en largeur sur l'horizon. Avant très lente... dans la clarté tamisée d'une lune rousse, on distingue à présent les hautes collines qui dominent Colon. Leurs ombres spectrales enveloppent la ville avachie sur le rivage sans vie de la baie, une cité obscure, sans relief ni halo, un paysage enseveli dans une nuit fauve à peine ébréchée, çà et là, par quelques fenêtres, blafardes et laiteuses, et de pauvres néons qui clignent mollement.
- Stoppez !
Un bras ramène sans hâte la lourde poignée de cuivre du transmetteur d'ordres deux crans en arrière ; deux clings sonores suivis d'un tintement strident et quand il cesse, le timonier annonce :
- Les machines sont stoppées.
- Bien, lui répond le commandant depuis le fauteuil de quart.

Le Zeebrugge file à présent sur son erre, silencieusement, ombre parmi les ombres des autres navires mouillés dans la baie de Colon. Sur la passerelle de navigation, on voit des silhouettes de marins, quatre ou cinq, immobiles et autour d'elles flotte une odeur de terre humide et de café frais. Il y a le « vieux » dans le fauteuil de quart et le timonier à la barre, le lieutenant de quart devant le pupitre et les matelots, qui sont penchés en avant, chacun devant la vitre d'un sabord, les coudes sur la tablette, et qui font pivoter leurs jumelles pour y plonger leur regard à intervalles réguliers. Les ordres et les réponses se succèdent dans la pénombre, et on ne sait pas très bien qui parle, sauf si comme eux, après avoir partagé tant de quarts de nuit, on connaît par cœur le son de chaque voix.
- Arrière demi !
- Les machines sont en arrière demi.
- Bien.
Un bourdonnement sourd monte de la salle des machines. Il grossit, enfle progressivement, puis se mue en un vrombissement qui s'amplifie encore, cogne furieusement aux cloisons d'acier et emporte le navire entier dans un train de trépidations sonores. L'hélice bat frénétiquement en arrière, rejetant de gros bouillons vaseux dans le sillage. Le Zeebrugge se cabre, frissonne des entrailles jusqu'à la pointe des mâts, fait craquer ses membrures, et les vitres des sabords vibrent. Peu à peu, les trépidations se font moins violentes, les derniers cahots, puis à peine quelques hoquets. L'erre est brisée et les remous s'immobilisent en glougloutant sous les flancs.
- Stoppez !
- Les machines sont stoppées.
- Bien. Bosco ? Vous m'entendez ?
- Oui commandant, grésille une voix dans le haut parleur de la radio qui relie la passerelle au gaillard d'avant.
- Mouille bâbord ! Trois maillons.
L'entrechoquement sonore de la chaîne filant sur l'écubier couvre la réponse du maître d'équipage. On perçoit quelques bribes...des mots par interstices.
- Bâbord... maillons... deux...
Puis l'infernal raclement s'arrête, le silence revient et on entend, distinctement cette fois :
- Trois maillons à l'eau. Ancre bâbord mouillée.
- Bien.
Sans un mot échangé, la passerelle se vide, et dans l'air il n'y a plus à présent que le ronronnement à peine perceptible des groupes électrogènes. Face à l'entrée du canal, le navire évite sur la chaîne de l'ancre, s'étire paresseusement et s'immobilise dans le flot de la marée. La rade de Colon est enveloppée dans la moiteur opaque des brumes du petit matin. Une douzaine de cargos mijotent au mouillage, figés dans la touffeur, leurs coques sombres rivées sur l'encre gris-perle de la mer, enchaînés là comme à côté du monde. Tels de vieux volcans en sommeil, leurs cheminées laissent échapper régulièrement de minces panaches de fumée pâle et dans leurs mâts, les antennes des radars tournent et déchirent lentement un ciel de cendres tièdes.
Six heures, le jour succède à l'obscurité presque sans transition, avec cette brutalité propre aux tropiques qui ne connaissent, pour ainsi dire, ni aurore ni crépuscule. Trente-sept degrés déjà, et pratiquement pas de brise pour dissiper la moiteur grasse d'un ciel chargé de sombres stratocumulus.
Le signal de formation du convoi est donné depuis la terre et la rade s'éveille. Les navires sont répartis en groupes distincts selon leurs caractéristiques : tonnage, longueur, largeur, tirant d'eau et leur chargement. Le canal 16 de la VHF crépite en continu, les ordres fusent et les cheminées, à l'unisson, se mettent à cracher d'épaisses volutes noires. La flottille fait virer les ancres à pic et remettre en route.  
Les remorqueurs ! On les voit gicler de la brume, bas sur l'eau, ventrus et noirs comme des frelons et venir se ranger contre la hanche du navire sous les échelles de pilote affalées à tribord. Ils nous accostent et les épaisses bandes de néoprène qui ceignent leurs étraves crissent contre notre coque le temps que leur cargaison humaine s'en extirpe, pilotes, équipes de lamaneurs, marchands de pacotille, filles, pêle-mêle. Les bras nerveux empoignent les torons des échelles, bousculade, cris, ils grimpent bruyamment le long du bordé, enjambent le pavois, un rapide coup d'œil, ils déboulent sur le pont, confluent aux ouvertures et vont s'ensevelir dans les entrailles du navire, puis, sûrement, ils s'y dispersent selon leurs fonctions.
Les pilotes rejoignent directement la passerelle tandis que les lamaneurs, chargés des manœuvres d'amarrage, se scindent en deux équipes, plages avant et arrière du navire. La cohue bruyante des marchands et des filles investit le château. Les commerces sont établis sur le pont numéro un, dans la coursive principale de l'équipage et l'emplacement précis de chacun donne lieu à d'âpres négociations où ancienneté et surtout palabres font loi. Une activité fébrile s'empare du navire et vient rompre la monotonie, l'ordre et le charme accumulés au cours de semaines de vie en mer. Panama marque une étape importante entre les deux longues traversées de l'Atlantique et du Pacifique, sur la route qui mène d'Europe en Océanie.
Une demi heure plus tard, on atteint la première écluse de Gatun. Autour de nous, par endroits, les rayons obliques du soleil ouvrent d'immenses brèches dans le plomb du ciel et déversent dans la mer des coulées lumineuses d'ocre jaune. Du quai, les toulines fusent et leurs pommes retombent mollement sur le pont. Les lamaneurs s'en saisissent prestement pour hisser les amarres et arrimer le Zeebrugge à six locomotives grises et jaunes, ruisselantes de graisse, chargées de le hâler depuis la terre. Un entrelacs de câbles d'acier couvre rapidement le pont du navire, prisonnier sous les toiles enchevêtrées des six araignées de métal.
Au signal, les locomotives s'arc-boutent en chœur, alignées par trois de chaque bord sur les voies ferrées qui sillonnent les rives. Leurs puissants moteurs pestent, grognent et couvrent le Zeebrugge de mugissements rauques de colère et d'effort. Au tonnerre de ces mules métalliques répondent les cris des matelots, minuscules fourmis affairées sur les plages de manoeuvre et le grincement sinistre des câbles d'acier qui ripent sur les tambours de treuils, lacèrent les poupées des chaumards et font voler des plaques de peinture sur le pont. Une odeur âcre de chaud et de rouille.
Au cours de ces luttes, il arrive fréquemment qu'une amarre rompe à la suite d'un à-coup de traction trop violent et que le long serpent d'acier brûlant vienne balayer le pont, fouettant l'air de sa promesse mortelle, s'enroulant obstinément autour du moindre obstacle, homme ou chose, mis sur sa route par le hasard. De nombreux panaméens payent un lourd tribut au service du canal... un membre... une vie parfois, mais jamais leur travail ne semble perturbé par l'appréhension ou la crainte de l'accident. Bien au contraire, ceux qu'on appelle les hommes du canal aiment se jouer du danger, rieurs, délibérément à découvert sur le pont ou enjambant les filins tendus à la limite de la rupture, avec un mélange d'insouciance et de fatalisme latins.
N'ayant que l'inertie de ses vingt sept mille tonnes à opposer, le Zeebrugge doit vite renoncer. Il abandonne aux machines le soin d'engager son étrave, docile à présent, dans l'étroit bassin de l'écluse et il y glisse tel un taureau dans le corridor menant à l'arène.
Par paliers successifs, écluse après écluse, le navire est hissé au dessus de l'Atlantique. Le troisième et dernier sas ouvre sur le lac de Gatun, suspendu à près de trente mètres au dessus des océans, à la fois si proche et inaccessible à leur fureur.
Dix heures du matin. On glisse sur les eaux paisibles du canal et, à mesure qu'on avance, on voit l'eau devenir de plus en plus large, et le lac s'enfoncer entre les deux Amériques, au cœur des jungles luxuriantes des rives.
Les trilles d'une myriade d'oiseaux multicolores et les parfums poivrés de la végétation vibrent dans l'air incandescent comme chez nous, en été, la chaleur au dessus de l'asphalte brûlant des routes. La forêt projette une lumière verte, tantôt en tâches précises, tantôt floue, sur l'eau grise du canal. Sur les rives, quelques arbres morts émergent de l'eau. Ils tendent leurs troncs tortueux vers le ciel et semblent l'implorer, comme s'ils avaient une âme et qu'ils le suppliaient de les libérer des berges vaseuses. La richesse et l'harmonie de la nature ne se voient pas, elles s'écoutent, s'exhalent, se hument.  
Coincée entre l'épais couvercle de nuages et la terre spongieuse, la chaleur est étouffante. Elle règne ici pour l'éternité, au mépris de millions de ventilateurs asthéniques, impuissants à brasser cette fournaise épaisse et dégoulinante. Toute la sueur de l'humanité semble se condenser à Panama, et les fièvres aussi.
Peu à peu l'horizon s'évanouit. Le canal se resserre entre les flancs abrupts rabotés par la main de l'homme et le silence revient. C'est la Culebra ou Gaillard Cut, du nom de ce colonel américain qui, entre 1907 et 1913, dirigea une armée de 6 000 hommes et autant de machines au creusement de cette gigantesque tranchée. Une plaque de bronze de près d'une tonne évoque le formidable colonel mais ne dit rien des milliers d'ouvriers victimes de la fièvre jaune, les siens, ceux de Ferdinand de Lesseps avant lui, pas un mot de leurs souffrances, de leurs agonies, des vomissements de sang noir avant la mort.
Tout a été effacé, lavé lors de la mise en eau de l'ouvrage en 1914, les tombes ensevelies sous des millions de mètres cubes d'eau. En surplomb, rivée sur le roc, la plaque s'obstine pourtant à célébrer la mémoire d'un seul homme et son reflet dérisoire danse à la surface de l'histoire engloutie des terrassiers, de ces milliers de soldats inconnus de l'impossible, ironiquement disparus dans une tranchée, eux aussi, en 1914, et dont on ne parle plus.  
Seize heures. A son extrémité sud le défilé est fermé par l'écluse de Pedro Miguel. Une dégringolade de huit mètres, un court passage sur le dernier lac et on arrive aux deux sas de Miraflores, l'ultime série de marches, face au sud, avant Balboa et le pont des Amériques, la porte de l'océan Pacifique, et derrière, tout en bas du ciel, sous l'horizon, les promesses du large, Tahiti et ses atolls, la Nouvelle Calédonie et son lagon, l'arc des Tonga, les Nouvelles Hébrides, l'Australie, la Nouvelle Zélande et d'autres terres, plus loin encore... au-delà des extrémités du monde, au bout des voyages imaginaires qu'enfant je traçais avec mon doigt sur la mappemonde, les yeux mi-clos, à la poursuite de Bougainville, de Cook, et du capitaine Bligh.
La journée est usée quand les remorqueurs nous accostent et reprennent les hommes du canal ; ils les emportent vers un nouveau navire, puis un autre et un autre encore. Ces gens simples ne vont jamais plus loin que le bas des marches conduisant aux océans. Du commencement à la fin, leurs espoirs et leurs fatigues sont concentrés ici, sur cette langue de terre torride et spongieuse. Au-delà, le monde leur apparaît comme une manière de caricature terrifiante, brossée par des marins de passage venus des quatre coins du monde, une peinture amère née de l'évocation de foyers trop lointains et trop souvent quittés. Pourquoi aller où vont les marins ?
Nous embouquons le chenal de sortie qui mène au pont des Amériques, avant la haute mer ; les remorqueurs font demi-tour et cornent en signe d'adieu. Quelques bouts d'étoffes s'agitent au bout des bras, des foulards rouges sur des manches de chemises blanches. Le Zeebrugge les salue en retour ; son long trait de sifflet se propage à la surface de l'eau calme de l'embouchure, dépasse un remorqueur, puis se faufile entre les haubans du pont, contourne les arches, roule au loin et va se perdre dans les vallées écrasées de chaleur des montagnes avoisinantes. Un moment passe et elles renvoient leur faible salut... une plainte étouffée... un long soupir brûlant.
A Panama, les montagnes sont lassées de répercuter l'écho de navires qui les traversent et s'en vont, nous comme tous les autres navires ici, aujourd'hui, demain et comme tous les autres jours.  
PS : « Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire » (Louis Ferdinand Céline). ]]>
Thu, 24 Apr 2008 12:13:00 +0200 http://www.minervio.com/article-19012837.html
<![CDATA[Chine]]> http://www.minervio.com/article-18961826.html
Mais la France, ce n’est ni Ménard, ni Mélanchon et la Chine, 1,3 milliards d’âmes, ce n’est pas non plus l’écume de quelques manifestants anti français ou de trois déclarations à l’emporte-pièces.

Prendre le sport en otage, vilipender le CIO pour avoir "osé" accepter la Chine en son sein, alors qu’elle fait partie de l’ONU et qui plus est de son conseil de sécurité, sans que personne n’y trouve à redire... alors que des milliers d’entrepreneurs se battent pour s’y implanter... alors que les chefs d’états de la planète s’y pressent en visite officielle... Ah mais quel infâmes salauds ces membres du CIO !

Tout ça, c’est du vent. Des caricatures. Du bluff candide. Des leçons de morale données au monde entier par les défenseurs de la liberté et de l’ordre, par ceux qui s’octroient le droit de diviser le monde en deux, les bons d’un côté, les méchants de l’autre, définitivement (comme les USA le firent avec l’axe du bien contre l’Irak) et bien souvent sans savoir.

Par ceux qui combattent la violence avec les armes de la violence, l’exclusion, l’anathème et font ainsi tout pour la perpétuer, en s’affirmant comme les seuls détenteurs de la morale ou de l’ordre, tristes prédicateurs qui ne resteront au fond que des artisans de statu-quo.

Sortirons nous un jour de cette mythologie torrentielle, absurde et contre-productive ? ]]>
Tue, 22 Apr 2008 15:38:00 +0200 http://www.minervio.com/article-18961826.html
<![CDATA[Wesh wesh yo, une tragédie en très peu d’actes et beaucoup de scènes.]]> http://www.minervio.com/article-18911092.html Préambule : Au XVIe siècle, William Shakespeare voyait déjà la vie sociale comme un théâtre. Un billet de politique spectacle, dans une langue légèrement plus contemporaine. Bienvenue chez les j'tés.




Acte I, le seul, où on lâche tous les coms.     Palais de l'Elysée, salon Murat, salle du Conseil des ministres. Un mercredi. Les membres du gouvernement sont dans la place. Nicolas est dans la place.   Nico - Yo les poulpes, dès que j'arrive au boulot, j'ai la rage du cachalot (ma parole ce matin, j'kiffe trop l'alexandrin). J'vous lis dans la presse, j'vous capte sur Youtube. C'est stylé, la vibe est bonne. Y'a pas, ça lacère les rétines... ça claque les tympans... du gros son. Là mes gothiques, j'dis bravo... Rasta fari yeah men, continuez, c'est de la pure joie... Encore six mois comme ça et on se fait tous éjecter de la cité. Bienvenue chez les pschitt. Ah, j'ai vraiment pas la dore... il part à dreuz ce quinquennat... en distribil... et franchement, ça me fout le seume. Alors à partir d'aujourd'hui, on change le style, on modernise... Après bling-bling, c'est génération wesh-wesh ! Compris ? Les ministres, en choeur - Wesh wesh yo Nico !   Nico - Wesh wesh DJ François. Il fait quoi mon luxuriant premier génie pour endiguer les plantureuses frénésies de son gouvernement ? Portenawaque ! Ah, pour se faire reluire à coup de réformes de ouf, il se la donne... pour caracoler en tête dans mes sondages, il assure grave bogoss... Mais pour le reste... C'est Walou et Futuna ! Keutchi ! Faut changer de skeud. François - Comment je lui ai niqué sa race à c'bouffon ! (Libre traduction ndlr : Opposé à cet individu qui ne partage pas ma sphère intellectuelle, je sors indéniablement vainqueur en termes d'opinions favorables dans la population, et ceci en toute modestie, et avec la sportivité, la loyauté et la probité qui siéent en pareilles circonstances). Nico - Pardon Brutus ? Brutus - Yo Nico !   Nico - Je préfère. Haanpaa Michèle, ta rage sur l'affaire de la banderole. Pire old style Mam ! Deux associations rayées du virage dont une qui s'était déjà auto dissoute une semaine avant. Tu ne savais pas ? Sur onze coupables dans un stade truffé de caméras pire qu'une piscine de loft story, trois interpellations seulement. Comment j'ai adoré ! Franchement respect ! Et les huit autres ? Bienvenue chez les sch'mitt. La zonzon, c'est en option ? Michèle - Ils ont signé à la Star Ac et TF1 veut pas les lâcher de son kop. Nico - Pardon Lady Macbeth ? Lady Macbeth - Yo Nico !   Nico - Et toi Nathalie. Comme ça, quand je suis à Londres, c'est la chouille chez les Borloo ?  On pichtave de la 8.6 comme des charclos. On a mangé la chiste ? Résultat, le lendemain, on scotche le chef du moove, « langue de bois » Copeaux ! « Concours de lâcheté »... fun à souhait ton couplet de 16 ! Trop de la balle ! J'ai rien contre la teuf, le sky ou l'humour en milieu hostile. Moi-même, avant... Mais là ! Nathalie - Deux trois... En force ! Jean-Louis - Fais tourner la teuillebou kwa ! Nico - Pardon Perdita ? Et toi Polyxène ? Perdita et Polyxène - Yo Nico !   Nico - Et toi Fadéla. Depuis que l'intégrale du plan « Espoir banlieue » a été publiée dans le Figaro Madame, on en est où ? T'as envisagé un budget avec Shylock, une loi, le parlement ?  Le genre de taf qu'on fait quand on est ministre, tu vois ? Parce qu'entre Modes et Travaux et le Journal Officiel, je m'excuse Fadéla, mais c'est mon cul et tarte aux mirabelles. Si j'avais su, j'aurais nommé l'autre roloto, Begag à ta place, ou Joey Starr, ou Estrosi... après tout le neuf cube c'est un département français d'Outre-mer, non ? Mais réponds Fadé ! On l'entend plus ? Elle est où Fadéla ? Elle s'est fait rodave par les keufs en arrivant ? Les ministres (ensemble) - Dans la cage d'escalier. Nico - Pardon Lavinia ? La voix de Lavinia, sous l'ascenseur - Yo Nico !   Nico - Et toi Rachida, j'avais dit halte au bling-bling. Même moi j'ai changé, je vis en scred avec Lacar, plus de yachts, à peine de Rolex. Y'a plus une tune dans les caisses, j'envisage mes futurs mouves, casquette sur bandana, à cinq dans une Ami 6 pourave. Je vais peut-être organiser la prochaine garden-party de l'Elysée dans le stade municipal de Villiers le Bel. Et toi tu fais exploser le budget de fonctionnement du ministère... trankil... 270 000 euros en restos et frais de maquillage. Qu'est ce qu'on va faire de toi ? Qu'est ce que t'as dans la tête ? Rachida - Des romances nerveuses ! Des romances nerveuses ! Nico - Pardon Ariel ? Ariel - Yo Nico !   Nico - Nadine, total respect. Comment que t'as assuré sur la simplification du versement des allocs. Comment que tu les as choucrouté, les naves. De la bombe ! Toi qui tâtes en règle de trois, tu veux bien l'expliquer à Darcos. C'est une misère en calcul le gros. Pour les effectifs de l'éducation nationale, ça pourrait lui servir. Nadine - Il peut aller se faire... sa race. Nico - Pardon Desdémone Desdémone - Yo Nico !   Nico - Et toi Christine ? C'est quoi ces histoires de restrictions, les plans vélo ? Tu veux pas créer une carte famille nombreuse pour les vélibs, tant qu'on y est ? Ca serait de la vraie beubom atomique. Et pourquoi pas des fiacres ? Wesh, t'es restée coincée au XIXe siècle ? Moi qui croyais trop que ton style tip-top la classe allait plaire à la blogeoisie, aux babylons qu'ont du flesh. T'entraves keud de ta race. Ah j'ai la rage ! Christine - Lol noble seigneur. Nico - Pardon Catharina ? Catharina - Yo Nico !   Nico - Ah toi Rama, mon bounty, faut que t'arrêtes les interviews dans le Monde. Dans la presse, t'as fait couler trop de jus sur les citrons. A Pékin, le mercure est monté en flèche et j'ai plus de biafine. Sérieux, boycotter la cérémonie d'ouverture pour trois tibétains qu'ont fini en brochettes sept parfums... T'as fumé du chichon ? Et pourquoi pas boycotter les rouleaux de printemps, tant qu'on y est ? Tu veux qu'ils me jouent « Bienvenue chez les yétis » en grand écran, les chinagos ? Sérieux, tu proposes quoi maintenant comme bruit pour rien ? Rama - Décompresse le stress, rude boy, y'a pas de timinik, on leur envoie Sylvester Staline. Nico - Pardon Béatrice Béatrice - Yo Nico !   Nico - Et Jean-Pierre, mon secrétaire chargé des affaires européennes, ça lui gratte pas l'ADN, ce narvalo, quand il lit les tags relous qu'on s'échange entre diplomates britanniques pour décaler la signature du Traité de Lisbonne par l'Irlande ? « le risque que des évènements contre-productifs surviennent au cours de la présidence française est beaucoup trop élevé. Nicolas Sarkozy est complètement imprévisible » ? Spassiba, elle défonce cette track ! Je fais quoi moi, le 1er juillet à la tête de l'Europe ? Tombola ? Concours de boules ? Méchoui de varan ? J'leur mets une disquette ? Vraiment, j'ai pas la gouache. Jean-Pierre - Completely unpredictable. Nico - Pardon Malvolio ? Malvolio - Yo Nico !   Nico - Wesh, j'suis votre manivelle cousins, mais plus je vous remonte et plus je descends dans les sondages. Ta mère ! A force de prendre des toises, j'suis venair ! Alors croyez moi, si je vous parle avec ma bouche aujourd'hui, c'est pour que les choses changent. Ca me ferait bien yèche de partir en live au bout d'un an. Je veux de la solidarité asmeuk... de la pédagogie comass ! Depuis que j'ai remisé Puck aux astibloches, avec sa civilisation et ses résurrections du Christ et que j'ai nommé Falstaff, c'est plus hype, non ? Deux voix, Chirac et Villepin, sous la fenêtre, hélant Michèle Alliot-Marie - Zyva Mam, tu descends ? Nico - Ouèche keskya ? (Ndlr : Les experts en langues orientales auront remarqué qu'ici « ouèche » s'entend comme l'expression tardive et fautive de la forme classique « wesh »). Ils zonent encore par là Spirou et Fantasio ? Y a que la rue du Faubourg St Honoré pour faire pisser marsupilami ? Jusqu'ici, je les épargnés par respect des institutions. Mais maintenant, ça suffit. Y connaissent pas Raoul. J'vais les travailler en férocité. Niker leur race, leur reup, leur reum, leur reufr, leur reuss, leur bénèf, tout wesh ! J'vais les bolosser, les maraver chez les Farcs. Par petits bouts. Façon puzzle ! Caliban et Iago, morts de rire sous la fenêtre - Yo Nico !   Nico - Et vos otros, j'vous mets au jus. Comptez pas taper l'incruste à vie. Le prochain qui bouge sa crête, il termine le conte de fées chez Chavez au pays des merguez. Ou en mission à Pétaouchnock payé au lance-caillasse. Ou bien il trace sa race consul de France à Kartoum. S'il kiffe moyen le Soudan, il peut toujours s'embarquer sur l'arche Delanoé. Wallah ! Et pour les meufs, fessée le boul à l'air place Beauvau. Trique de Brice. Vu ? Tous sauf Roselyne - Yo Nico ! Roselyne - Trop cool ! Ndlr : comme dit le proverbe « femme à lunettes (même non remboursées par la Sécu), femme à... » Nico - Pardon Titania ? Titania - Yo Nico!   Nico - Z'y va ... on bouge son tarfion... jump... jump... go... go! Cassos. On trace au taf ! Tous - Wesh wesh, yo Nico !   Ils quittent tous la place sauf Fadéla, toujours sous l'ascenseur, et Nico.   Richard, duc de Gloucester (aka Nico, resté seul) - Ma conscience a mille langues différentes, et chaque langue raconte une histoire différente. (My conscience hath a thousand several tongues, and every tongue brings in a several tale). Depuis que j'ai viré Cordélia, plus rien ne va. S'il y avait un hit parade des grands moments de solitude, je placerais celui-ci tout en haut du classement. Wesh wesh yo !   PS : Merci à William Shakespeare et au dico de la zone pour les emprunts. ]]>
Mon, 21 Apr 2008 20:41:00 +0200 http://www.minervio.com/article-18911092.html
<![CDATA[Sarkozy, les Shadoks, pomper plus pour pomper plus]]> http://www.minervio.com/article-18732432.html Peut-on concevoir un système qui, à partir d’une seule impulsion initiale, continuerait à fonctionner indéfiniment ? Non répond la physique moderne. Oui, lui rétorque Nicolas Sarkozy, quarante ans après les Shadoks. Démonstration.

Des années après que le lapin Duracell et les Shadoks, ces infatigables défricheurs d’absolu, aient éclairé pour des fous l’étroit chemin menant à l’improbable solution, Nicolas Sarkozy, s’appuyant sur les travaux de ses illustres prédécesseurs, est parvenu au terme de la quête du Graal de la physique : il a découvert le secret du mouvement perpétuel en politique.
 
A la base, le talent de Nicolas Sarkozy, consiste à se faire passer pour l’homme providentiel. Ca lui a valu une élection. Cet homme triomphe à se rendre indispensable. A l’instar du pompier pyromane, il excelle à créer mille désordres qu’il se propose aussitôt de résoudre, à allumer mille feux qu’il se précipite naturellement pour éteindre. Son art, notre chercheur infatigable l’a rodé de longue date, à l’époque où, minuscule ministre de l’Intérieur, il se faisait déjà la pogne, à grand renfort de condés et de désopilantes métaphores sanitaires, au tréfonds des banlieues contestataires et déshéritées (on se demande bien par qui).  
Depuis, il a formé ses disciples, concoctant au fil des années un assortiment assez joliment réussi d’hommes et femmes-sandwiches de ses idées, dont émergent, il faut le reconnaître, certains croquignols d’exception qui, par la portée considérable de leurs saillies, s’essayent invariablement à tutoyer le génie du maître et, si possible, à le surpasser.  
Bien que cet inventaire « à la pervers » n’ait pas la prétention de refléter la richesse du patrimoine spirituel ou comique de nos gouvernants (ambition dont le lecteur comprendra aisément qu’elle dépasse, et de loin, le propos de cet article, la capacité de synthèse de son auteur et le format d’une chronique), on peut songer aux Bernard Kouchner, Rachida Dati, Rama Yade, Christine Lagarde, Christine Boutin, Christine Albanel ou Henri Guaino... Et, plus largement, à ceux qui étant directement entrés en politique par le large portail du palais présidentiel et non par la fente étroite et incertaine des urnes, sont intégralement redevables de leur carrière au chef Shadok, singularité qui leur impose le déploiement d’une ingéniosité de fayotage opiniâtre et féroce pour se maintenir dans la fonction ministérielle et ne pas faire l’expérience du « Goulp », cette brutale nomination consulaire dans un outre-trou atlantique qui a déjà englouti un de leurs porte-parole. Respirez !  
Mais cet art de Nicolas Sarkozy, fût-il servi par un volontarisme infernal et une énergie formidable, n’aurait pas suffi à l’élever au rang de génie s’il n’avait su l’associer étroitement à la technique du mouvement perpétuel, Graal incontesté des physiciens que seuls quelques Shadoks et leur pompe à cosmogol 999 avaient réussi à approcher dans les années 70.  
En apparence, le principe de Nicolas est aussi simple que génial : plus il agit, plus il fait de dégâts et plus il fait de dégâts, plus se fait sentir l’impérieuse nécessité d’agir. Toutefois, il faut se méfier de ces apparentes simplicités qui recèlent invariablement des mécaniques beaucoup plus complexes à mettre en œuvre qu’il n’y paraît au commun des mortels. Faire fonctionner correctement la pompe à problèmes impose le respect de deux règles-clés.  
Première règle : la centralisation absolue des décisions. En effet, selon le postulat formulé par Albert Einstein « On ne peut résoudre un problème avec le même type de pensée qui a créé le problème ». Il est donc impératif, pour entretenir un régime permanent de difficultés, de confier la résolution des problèmes très exactement à ceux qui les ont imaginés et créés. Nicolas Sarkozy l’a bien compris qui préfère éviter la confrontation parlementaire ou (quelle horreur) référendaire, pour s’en remettre exclusivement à lui-même, voire à une garde très rapprochée de conseillers ou, éventuellement, mais c’est plus rare, à un cercle restreint de ministres carpettes évoqués plus haut et sur lesquels il peut copieusement s’essuyer.  
Ainsi, la pompe élyséenne s’auto-alimente-t-elle des réactions suscitées par les désordres qu’elle engendre pour compenser, en permanence, l’énergie dépensée à entretenir un flot ininterrompu de nouvelles solutions inappropriées. Bref, à chaque solution, son problème et ainsi de suite...
Le paquet fiscal ayant mis les finances de l’Etat à sec, ce dernier ne peut plus améliorer le pouvoir d’achat des Français, augmenter les minima, les retraites. Alors la consommation chute et les recettes fiscales de l’Etat diminuent et le déficit se creuse. Pour endiguer le déficit, l’Etat crée de nouvelles taxes (sept depuis le début du quinquennat) qui mettent le Français un peu plus à sec et la consommation rechute et les recettes de l’Etat rediminuent. Il compense alors les moins-values fiscales par des coupes dans le budget au risque de plonger l’économie française dans la récession et de laminer encore un peu plus le pouvoir d’achat et la consommation, etc. J’arrête là parce que c’est pénible et que je n’arrive même pas à me comprendre quand je relis (selon la logique Shadok, ça signifie que ça doit être intelligent).   En matière d’économie, Nicolas Sarkozy propose une synthèse raffinée de deux postulat Shadoks selon lesquels « Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir... En d’autres termes... Plus ça rate et plus on a de chances que ça marche » et « Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller... Et le plus vite possible ! ». Il n’y a qu’à constater le nombre ébouriffant de projets de réformes bâclées et de lois approximatives qui déferlent, en ce moment, sur le Parlement comme une nuée de CRS sur un parcours de flamme olympique.
 
Et, en matière de fiscalité et réduction des déficits publics, il est l’inventeur du vase communicant sans eau, ingénieuse robinetterie qui, si elle fait moyennement sourire nos partenaires européens, peut assurément lui valoir le premier prix au concours Lépine (du pied).   Seconde règle : ne pas hésiter à dire une chose et son contraire. L’incohérence systématique et la contradiction en boucle procurent en effet un combustible quasi inépuisable pour alimenter le foyer du mouvement perpétuel. De nouveau, cela peut paraître simple. Encore faut-il y mettre la manière. Sur le fond, peu importe que vous ayez tort ou raison. Seule la forme compte.
Il faut absolument éviter le véhément, le surabondamment notifié, mode trop souvent adopté par Rachida Dati ou Rama Yade, sous forme de démentis cinglants et virulents. Exemple : les fameuses « conditions » supposées par la France à la participation de Nicolas Ier lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin.
Position dont, entre parenthèse, l’humanité entière, à commencer par les Chinois qui en forment un bon cinquième, se fout comme de connaître le bruit et l’odeur du string d’un moine tibétain après huit jours de poursuite intense par les troupes gouvernementales chinoises à travers l’Himalaya.  
Quelle grossière pirouette Rama ! Il valait mieux vous appuyer sur cette autre devise Shadok « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ». Ainsi, vous auriez gagné à utiliser le mode « embrouillamini » privilégié par votre patron de président qui sait si bien nous expliquer (accrochez-vous) qu’il fait ce qu’il a dit qu’il fera et son contraire... aussi... qu’il a pas dit, parce que les Français (nous ?) lui en tiendraient rigueur s’il ne le faisait pas.
Accepter l’entrée de la Turquie dans l’UE, renforcer la présence de la France en Afghanistan, décréter un plan de rigueur, supprimer la carte famille nombreuse, la rétablir. J’en passe des non remboursées par la Sécu et des meilleures. Une chose et son contraire... Faire, défaire mais agir, toujours.   C’est que, de nos jours, l’incohérence est à l’homme politique ce que le carbone est à la plante. Et croyez-moi, ça pousse dru ! Prenez sa sinuosité Nicolas en chef et le dossier chinois. A Pékin, quand on l’entend, en avril, chipoter sur sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux, claquer un abscons « je ne ferme la porte à aucune éventualité », puis la chenille qui redémarre et la clique de ses ministres qui s’emmêlent les baguettes derrière en durcissant le ton avant d’être contredits, on se demande où est passé l’honorable VRP qui, lors de sa visite officielle en novembre, réaffirmait qu’il n’y avait pour Paris qu’une seule Chine, et que l’île de Taiwan en faisait partie. Il ne faut pas s’étonner si, même en leur déterrant notre armée pour mettre la flamme olympique sous cloche si peu tibétaine, même en transformant Paris en cité interdite, le président Hu Jintao se montre à présent aussi peu jovial à l’idée d’honorer les 20 milliards de contrats qu’à entamer une partie de mah-jong avec un yack népalais.  
A défaut, vous auriez pu, Rama, tout aussi bien prendre exemple sur Bernard Kouchner, spécialiste incontesté en matière de volte-face et quadruple boucle piquée. Nicolas Sarkozy avait déclaré sur France 2 le 26 avril 2007 qu’il « retirerait nos troupes d’Afghanistan s’il était élu ». Kouchner 2.0 justifie aujourd’hui l’envoi de 700 soldats français supplémentaires en expliquant que « c’est la seule façon que nous aurons, légitime, de nous en aller de cette guerre »... Bignolles ! Le professeur Shadoko n’aurait pas trouvé mieux. A côté de tels sommets, l’Everest passe pour une termitière.
Partir c’est... revenir un peu, aurait pu écrire un autre Bernard : (je précise que la réponse Laporte, en un mot comme en deux, est un contresens). Seulement Kouchner sait y mettre la manière quand il se lance dans une de ces bouleversifiantes et interplanétaires envolées dont il a le secret. A côté de sa mine dpéconfite, la détresse absolue d’un All Black devenu subitement amnésique au moment du Haka, passerait pour de la joie intense. Au final, on hésiterait presque à le plaindre sincèrement.  
Quant à nous simples citoyens, les données sont simples « À droite du ciel, il y a la planète Sharkodok... Elle n’a pas de forme spéciale, ou plutôt elle change de forme tout le temps. À gauche du ciel, il y a la planète Royal Gibi, mais on ne la voit presque plus. Au centre du ciel, il y a la planète orange qui penche, soit d’un côté, soit de l’autre ». Alors fuir, je veux bien... mais de quel côté ? En moins d’une année, on nous a englués en perplexité, on nous a chamboulé les tangentes !  
Hélas, mes amis, j’ai bien peur qu’il faille nous résigner à adopter la sage devise Shadok « pomper pour vivre et donc vivre pour pomper ». Et mieux encore si on en croit notre président... pomper plus pour pomper plus ! ]]>
Tue, 15 Apr 2008 11:15:00 +0200 http://www.minervio.com/article-18732432.html
<![CDATA[Couillonnade en haute mer]]> http://www.minervio.com/article-18584708.html Avant de vaporiser notre armée en croisades planétaires, grenouille aux talons du bœuf américain lancé aux trousses d'une prétendue barbarie censée menacer la civilisation du bien (celle qui entretient Guantanamo sans piper ?), pourrait-on envisager de recentrer ses missions sur la protection de ressortissants et d'intérêts français qui semblent de plus en plus visés ?
 
    Le Ponant capturé en haute mer... Pschitt ! Le plan « pirate mer » aussitôt déclenché. On s'indigne, on typhone à tous les étages, on s'alliotmarise... La France fera tout pour récupérer l'équipage du navire subtilisé par une poignée de gueux au nez et à la barbe de l'armada chargée de la sécurité de la navigation commerciale dans le nord de l'océan Indien. Pensez !

Je plains les malheureux marins du Ponant et leurs familles... Mes amis, à vos amulettes, aux trèfles ! Et vous, pirates, tremblez ! En haut lieu, on étudie toutes les options, envoyer nos commandos de marine, le GIGN, Rambo et Steven Seagal si ça ne suffit pas... Et pourquoi pas le Kop Boulogne du PSG, le groupe Indochine (Nicola Sirkis jle kif grav il me fé tro tripé ptdr) ou Tokio Hotel (Danke das war mal wieder echt'n geiler tag). De grâce ! N'en jetez plus !

Bien que des vies humaines soient exposées, la tentation est forte de redorer le blason militaire français à bon compte, sur le dos d'une poignée de brigands. Et ainsi de régler par l'épée ce que nous avons été parfaitement incapables de prévenir par l'épée. Ah quel formidable coup médiatique cela ferait, dans un contexte où l'emploi de notre armée fait débat. N'y cédons surtout pas et prions pour que cette affaire finisse par une grosse valise de billets livrée par la DGSE à l'adresse indiquée par les pirates. Dans l'intérêt des otages, ce serait infiniment préférable.

Petit retour sur les faits et autres maritimes précisions (j'ai fait ce métier un temps). Au printemps, le Ponant, navire de croisière de l'armement français CMA-CGM, rallie sa base estivale de Méditerranée depuis celle, hivernale, des Seychelles, selon un rite aussi immuable que la migration de l'hirondelle. Lors de ce convoyage, il ne porte qu'un équipage réduit, aucun passager (ce n'est pas une croisière). La route normale depuis les Seychelles (un peu plus de 3 200 milles) le fait croiser au large des côtes somaliennes, traverser le golfe d'Aden puis remonter la mer Rouge avant d'embouquer le canal de Suez et atteindre Alexandrie où la première croisière commerciale débute le 21 avril (ceux qui en sont peuvent décommander).   Cependant, bien incapable, lui, de voler comme l'hirondelle, il est bien forcé de naviguer dans une zone où les attaques de piraterie sont fréquentes. Une zone sous contrôle de la Task Force 150. Ta Ta Ta ! Déployée dans le cadre du dispositif « Enduring Freedom » cette force maritime d'environ une douzaine de navires, hélicoptères et avions de patrouille maritime (Atlantique 2) a pour mission la surveillance et le contrôle de la navigation commerciale dans le golfe d'Aden et le nord de l'océan Indien.
Son commandement est assuré par le contre-amiral français Jean-Louis Kérignard qui a succédé, le 25 février 2008, au commodore pakistanais Khan Hasham Bin Saddique. Pour son baptême, il est servi.

Dans cette région, comme dans le détroit de Malacca, les navires français bénéficient du contrôle naval volontaire (ou CNV). Selon les recommandations du Quai-d'Orsay, ils doivent « éviter la trop grande proximité des côtes somaliennes » (au passage notons que les assurances maritimes ne couvrent pas le risque si le navire est attaqué à moins de 75 milles du littoral). Sur un plan pratique, tout navire français doit s'identifier auprès du dispositif de contrôle naval volontaire, communiquer sa position toutes les 12 heures et, en cas de besoin, faire immédiatement appel aux marines nationales de la TF 150.   Dans ces conditions, on peut s'étonner que de misérables pirates somaliens se risquent à aller chercher leur proie jusqu'à plus de 200 milles de leurs côtes. Certes, la zone est vaste et nécessité fait loi, mais tout de même... Rejoindre discrètement un navire comme le Ponant, y prendre pied, s'en assurer la maîtrise, puis le « rapatrier » sur plus de 150 milles jusqu'en eaux territoriales somaliennes... En dépit des patrouilles aériennes, des navires de guerre qui sillonnent la zone en permanence et des moyens de surveillance hyper-sophistiqués dont dispose la coalition alliée. C'est prestidigitateur... Lupinesque ! J'en vacille.   Peut-on seulement poser la question de la responsabilité de la Task Force 150 et de son commandement français dans cette affaire ? Où était-elle donc la cavalerie censée prévenir ce genre d'attaque ? C'était concours de boules, merguez et anisettes à gogo, le 4 avril, au camping de la TF 150 ? On repassait Pirates des Caraïbes sur écran géant ? Jack Sparrow contre le capitaine Nicolas Barbossa ?
Et où est-elle aujourd'hui ? Le Ponant est mouillé le long des côtes au sud du Puntland. Selon Hervé Morin « Il est suivi dans les eaux somaliennes par le commandant Bouan, un aviso de la marine nationale, membre de la Task Force 150 ». Il avait été « survolé vendredi par un hélicoptère militaire français pour s'assurer que des pirates étaient bien à bord, après avoir lancé son appel de détresse ». Soyons rassurés : les pirates étaient bien à bord. Et ils y sont toujours. On en est sûrs. La situation est donc sous contrôle. Ouf !

Mais à quoi servent donc nos frégates, nos hélicoptères survoleurs, nos avisos suiveurs, tous ces épais blindages, avec d'énormes hélices dehors et plein de missiles dedans, si cette gigantesque quincaillerie est incapable de bloquer une poignée de pirates avant qu'ils ne passent à l'acte ?

Petit rappel : le coût des opérations extérieures (Opex) de la France battra cette année un record, selon le ministère de la Défense : 850 millions d'euros, soit 390 millions de plus que les 460 millions prévus et inscrits au budget 2008 voté par les parlementaires.
Et, dans le même temps, notre déficit annoncé à 2,5 % du PIB (ce qui fait de la France le cancre de la classe euro) pourrait, selon les experts financiers, dépasser la barre fatidique des 3 % du PIB.

Alors peut-on poser la question : elle file où notre caillasse militaire  ? En bruits de belotes et rideaux de fumée atlantistes ! Et notre armée ? Réintégrée en catimini au commandement intégré de l'Otan, postée aux intersections de l'infini, en Afghanistan, au Kosovo, au Tchad... Au Darfour et au moulin ! Dévouée à lubrifier chaque rouage de l'axe du bien.
Ah scolopendres, vous voudriez la voir où elle serait plus utile à la protection des intérêts ou des ressortissants Français ? Niet ! Pour ça, faut plus compter sur elle. On organisera une distribution de talismans à l'entrée du golfe d'Aden. Une patte de lapin par-ci, une racine de mandragore par-là... Question efficacité ça sera idem, en plus économe.   Aujourd'hui, la barbarie semble évoluer proportionnellement au nombre de militaires de l'« axe du bien » déployés pour la combattre.
L'Irak trempe dans un bain de sang permanent, en Afghanistan le taliban règne et le commerce de la drogue n'a jamais été aussi prospère, le terrorisme est toujours bien présent, Ben Laden et mollah Omar aussi et dans le golfe d'Aden la piraterie progresse (selon le Centre d'information sur la piraterie du Bureau maritime, en 2007, 154 personnes ont été prises en otages et 31 attaques recensées contre 10 l'année précédente). Mais à quoi donc, au fond, servent les militaires si la situation doit empirer dès qu'ils interviennent ?   Dans ces conditions, on peut s'inquiéter quand on voit notre épée nationale prête à engager nos soldats aux quatre coins de l'univers habité, quand on l'entend apostropher les barbares, plus tutti frutti que jamais, laïusseur émérite d'un pays qui peut se vanter d'en posséder de fameux, bien engagé derrière les oreilles, œil de basilic et naseau fumant du dragon au saut du nid.

Mais à force de la brumiser en pet du cul amerloque, il en fera quoi de notre armée ? A quel prix et pour quels résultats ? Ruineuses déconfitures et piteux naufrages ? Des mètres cubes de vent... l'énergie dérisoire d'un tractopelle brassant le vide intersidéral nulle part entre la Grande Ourse et Sirius.

On en viendrait à regretter l'époque bling-bling et croisière sur le Nil, son lot de comédies mineures, de petites pitreries, aimables, bénignes, genre mondain, qui nous occupaient un temps, à moindres frais, et nous amusaient même, parfois. Pour l'heure, il ne nous reste plus qu'à être solidaires des marins du Ponant, jusqu'au bout du monde, en espérant un dénouement heureux à cette couillonnade en haute mer. ]]>
Wed, 09 Apr 2008 11:43:00 +0200 http://www.minervio.com/article-18584708.html
<![CDATA[Blâme olympique]]> http://www.minervio.com/article-18526560.html Les chinois, il y en a tellement que forcément, on les connaît pas tous très bien, mais vu la taille du wok sur la photo, ils ont pas l'air de faire les choses à moitié. Lundi, j'étais bloqué dans Paris. Reportage sur le vif.





Lundi 7 avril 13H. Paris bloqué, la flamme passe, nos économies trépassent : hélicoptère, vedettes fluviales et 3 000 flics armés jusqu'aux dents. Si on avait traversé le 93, ils auraient posté des chars Leclerc et mis le porte-avion Charles de Gaulle dans le bassin de la Villette ?

3 000 poulets et un seul mec en jogging pour tenir la chandelle ! Il porte une épidémie ? La grippe aviaire ? C'est un cordon sanitaire ? Je préfère pas demander aux infirmiers habillés en bleu. C'est mon côté méfiant.

3 000 flics armés jusqu'aux dents. Et en plus, il court cet idiot... Il a peur de quoi ? Des flics, peut-être.

Sur la Seine il y a des vedettes, des zodiacs, des militaires. Je ne sais pas s'il reste des pirates sur la Seine, mais ils vont avoir du mal à faire un mauvais coup. On aurait pu la faire passer par la Somalie la flamme. Ah mais j'écris n'importe quoi, je ferais mieux d'aller prendre mes cachets.

Lundi 7 avril 16H. P... quel souk, cette flamme olympique.

On se croirait en mai-68, plus moyen de bouger dans Paris... 3 000 policiers français et des policiers chinois (des vrais) Des manifestants partout... des pros, des contres... Des bleus, des rouges, des verts... Des jaunes aussi, beaucoup... Forcément ! La flamme est éteinte... Soufflée comme une bougie d'anniversaire... des CRS courent partout... on a perdu le porteur... Il court aussi, mais pas dans le même sens que les CRS.

Une averse de neige... Ma parole, même le temps s'est détraqué. Dans la rue on se croirait à la féria, c'est la course à la cocarde... Les forces de l'ordre sont débordées. Partout des cris, des slogans. J'ai même entendu un chinois hurler « Liberté à la Corse »... Véridique ! La torche passe devant l'Hôtel de Ville, Delanoé l'attend... mais la flamme s'arrête pas... Ouf de stupéfaction !

Les gens au bord de la route aboient et la caravane passe. La torche prend le bus jusqu'à Charlety. Elle file comme une savonnette le long des rues mouillées, dans un kaléidoscope infernal de gyrophares et de sirènes. Une course poursuite s'engage... C'est 3H10 to Lhassa !

Arrivés à Charlety, le dernier relayeur n'est pas là. Tant pis, Christine Caron s'y colle, elle s'engouffre précipitamment dans le stade sous les huées de la foule.

Au dehors, les manifestants pro-tibétains se mettent sur le nez avec les manifestants pro-chinois... Vraoum ! Et les flics qui tapent sur tout le monde... Bling ! Bling ! Des drapeaux, des banderoles (rien sur les Ch'tis rassurez vous), des matraques et des injures qui fusent de tous côtés... « Terroristes à la solde du Dalaï Lama et sa clique » qu'ils crient les célestes... « Liberté au Tibet » qu'on leur renvoie de l'autre côté... « Connard laqué » même... et j'en passe... et Badaboum ! À coup de bourre-pifs que ça se règle, cette affaire. Les CRS entrent dans la mêlée difforme. Tout ce petit monde s'enjambe, culbute, se trébuche dessus... Quelle féroce pagaille ! Et le ciel, si gris, et la neige qui retombe. C'est un chaos... une apocalypse !

Les CRS je connaissais leurs marottes, mais les autres... Moi qui croyais qu'ils vivaient en harmonie, brûlaient des cierges et faisaient tourner leurs moulins à prières, je suis un peu déçu. D'un autre côté, ça faisait longtemps qu'il ne m'avait pas été donné de voir une aussi réjouissante corrida.

Lundi 7 avril 20H30. Abasourdi, j'écoute les infos pour savoir ce qui se passe.

D'un côté on trouve ça scandaleux... Les athlètes pris en otages... Le badge suffisait... Trop c'est trop, on porte atteinte à l'olympisme... Aux valeurs du sport. Et puis d'abord, en Chine, on y est déjà : Carrefour, Total, Danone, Airbus... Et qu'on est tous habillés en chinois. Et que le Tibet, c'est chinois. Et que bientôt, nous aussi on sera tous chinois.

De l'autre, on crie au totalitarisme, à la répression féroce, aux droits de l'homme assassinés. A Berlin en 36. Que manifester en force, c'est la seule façon de se faire entendre (c'est vrai qu'en silence c'est moins efficace)... Que c'est une honte pour le gouvernement français d'avoir tenté de museler la liberté d'expression avec une telle armada policière... Du jamais vu... Qu'on va recommencer en Californie. Qu'on va tout boycotter, et jusqu'à la lune s'il le faut.

On s'entend un peu sur les injures mais pas du tout sur les arguments. C'est pire que le virage Boulogne du PSG un soir de match contre l'OM. Personne ne convaincra personne. On est juste dans la modernité, dans nos fables, on trépigne, fulmine, on s'empoigne... A croire qu'on en a besoin pour exister. Peut-être.

Lundi 7 avril 23H30. Je vais me coucher.

C'est pas que j'y entrave grand chose à cette histoire. La démocratie, quand j'ai essayé d'en parler avec le patron du resto chinois en bas de chez moi, il m'a juste répondu « Mais t'es con ou quoi ? Si la Chine était une démocratie, ça serait plus, et depuis un bail, un seul et vaste pays de 1,3 milliards d'habitants et donc... ça serait plus la Chine ». Ca m'a valu la tournée.

D'un autre côté moi, des Lama, j'en connais que deux : Serge le chanteur et Bernard le gardien de but. Dalaï lui, jl'ai jamais vu, mais ça m'étonnerait qu'il arrête les penalties. Alors comment dormir après ça ?

Je crois que je vais quand même un peu le boycotter ce resto chinois. Au cas où... Mais pas trop longtemps parce que c'est un pote... Depuis le temps que j'y vais. ]]>
Mon, 07 Apr 2008 13:33:00 +0200 http://www.minervio.com/article-18526560.html
<![CDATA[Ponanisme intellectuel]]> http://www.minervio.com/article-18512328.html Scoop ! 15 ans après les otages de la maternelle de Neuilly, il repart libérer les marins du Ponant.


]]>
Sun, 06 Apr 2008 22:32:00 +0200 http://www.minervio.com/article-18512328.html
<![CDATA[A moi la garde]]> http://www.minervio.com/article-17951524.html Fri, 21 Mar 2008 16:52:00 +0100 http://www.minervio.com/article-17951524.html <![CDATA[Démunis et si pâles]]> http://www.minervio.com/article-17833978.html Pour une fois, une majorité de français est en phase avec son président !
 
Nicolas Sarkozy avait inventé la politique d'ouverture en invitant des ministres de gauche dans son gouvernement. Lors des élections municipales, les Français l'ont suivi... en élisant des maires et des conseillers généraux de gauche. Une idée qui fait son chemin ? ]]>
Tue, 18 Mar 2008 13:30:00 +0100 http://www.minervio.com/article-17833978.html
<![CDATA[Journée de la femme]]> http://www.minervio.com/article-17402025.html
En France, c'est la journée de la femme
 

 
 
En Arabie saoudite... celle de la moukère
 


Et à L'Elysée... Bientôt ?

    ]]>
Thu, 06 Mar 2008 15:58:00 +0100 http://www.minervio.com/article-17402025.html